ESSAI D'UNE TRANSACTION AVEC ABD-EL-KADER
sance aux tribus désolées par l'anarchie. Après le traité de la Tafha, il réussit en six semaines, à l'aide des relations qu'il avait nouées avec tous les chefs, à organiser son gouvernement dans le pays que lui abandonnait ce traité. A partir de ce moment, il se regarda comme le sultan de l'Algérie. Si l'on ajoute à cela l'influence si grande des idées religieuses dont Abd-el-Kader était le représentant, presque l'apôtre, en sa qualité de marabout, la joie de voir un gouvernement national réunir sous son empire les tribus jusque-là désunies, on comprendra combien notre position devenait critique. Que cet état de choses se prolongeât quelques années, notre domination *était détruite.
N'eût-il pas mi^x valu pour l'Algérie qu'Abd-el-Kadèr triomphât? Question délicate, que nous ne craindrons cependant pas d'aborder. Non, le succès d'Abd-el-Kader n'eut pas mieux valu pour l'Algérie que le succès des armes françaises. Abd-el-Kader fit à l'Algérie tout le bien qu'il put, non pas tout celui qu'il voulut. A chaque pas il était arrêté par les difficultés et dominé par les nécessités de sa situation. Ce qu'il aurait iallu faire, il le voyait; mais il ne pouvait le faire, parce qu'il avait besoin de se ménager le concours de certains hommes qui l'auraient abandonné s'il avait cédé à ses bonnes inspirations. Plus d'une fois les instruments violentèrent la main qui les employait, et, sur la fin, le besoin de satisfaire les passions fenatiques de ses coreligionnaires l'entraîna à des actes sans excuse. Notre liberté d'action était plus grande que la sienne, parce que ce n'était pas en Algérie que nous prenions les éléments de notre force. Nous filmes donc, dès l'origine, en position de détruire des abus que l'émir était obligé de supporter dans la pratique, quoiqu'en les condamnant en principe. En outre, nous représentions une civilisation supérieure , sortie du christianisme. Enfin Abd-el-Kader n'était qu'un accident heureux, et rétablissement fondé par lui en Algérie avait un caractère purement viager; il devait disparaître avec lui, tandis que nous apportions à l'Algérie des avantages permanents. Il valait donc mieux pour l'Algérie elle-même que la domination française finit par prévaloir.
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hli TÂILBAU DE LA CON^ÉTE DE L ALGÉRK.
Pendant les trois années de paix qui suivirent le traîlé de la Tafha, elle s'essaya dans les voies que lui avait ouvertes le général Valée. Cette pensée intelligente de Tîntervenitoa des indigènes dans radministration de leurs afbires, complétée pair l'intervention chaque jour plus directe éL surtout plus éelaîrée de l'autorité française dans la direction et la surveillance des che6 indigènes, produisit d'heureux fruits. Leatribus arabe» ei kabyles, soumises à notre donûnation, se gouvernèrent à fcriait avec les Français, connue avec les Turcs ; c'est-à-dire qu'elles payèrent un impôt débattu et convenu avec nous, qu'elles reçurent tous les deux ou trois ans, de nos mains, leur kaid. EUes le présentaient elle»-raônies, et chez les Arabes, dont Torganisation est aristocratique, c'était le chef d'une des femUlen distinguées par la race et la richesse; chez les Kabyles, l'homme le pins habile choisi par les siens à la capacité. Les Français intervinrent moins souvent dans le choix des cadîs, à cause de la difierence des religions. Les tribus arabes ou kabyles soufloîses faisaient les labours des terres de leur territoire appartenant a l'État, c'était l'ancienne corvée. Elles fournissaient, en cas de passages de troupes, une quantité convenue de vivres. En cas de guerre, la tribu arabe devait un corps à cheval, c'était l'ancienne chevauchée; la tribu kabyle, un corps de gens de pieds, c'était l'ancien contingent communal. Ces troupes marchaient à leurs frais. Comme signe de soumission, la tribu présentait un cheval ; comme signe de puissance, le bud investi recevait un burnous. C'était l'investiture de l'autorité qu'il exerçait selon les us et coutumes de la tribu, dans les af&ires de laquelle nous n'intervenions que comme tribunal d'appel. Le kaul contractait envers nous l'obligation d'assurer l'ordre sur le territoire de la tribu par la répression des crimes et délits, et de maintenir sur le même territoire la liberté de circulation aux voyageurs par la répression des violences et des avanies.
Notre supériorité sur le gouvernement des Turcs, la voici : ils acceptaient pour kaïd le plus offrant, qui était celui qui prenait le plus, car, en matière d'impAt, pour donner il bat pren*
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