‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 170 sur 192 · PUISES D*ARMES DE 1844 ET 1S · texte numérisé non relu

PUISES D*ARMES DE 1844 ET 1S

s*cnfuireat, partie parla route de Thaza, partie par les Tallècs qui conduisent aux montagnes defiéni-Znassen. Il était midi. La journée, qui n'avait pas été un moment douteuse, était à nous. La poursuite cessa, et le maréchal Bugeaud ramena dans le camp marocain ses troupes fatiguées. Les vaincus nous laissaient pour trophées onze pièces de canon, dix-huit drapeaux, et le parasol de commandement du fils de Tempereur^

Après le bombardement de Tanger et deMogador et la bataille de risly, l'empereur de Maroc put signer le traité qu'il aurait voulu signer avant ces faits militaires. Il accepta à peu près les conditions posées avant la rupture par le maréchal Bugeaud, sauf à ne pas exécuter celle qui concernait l'internation d'Âb-el- Kader. Quoi qu'il en fut, il y avait une chance de moins dans le jeu de l'émir, celle de Tintervention du Maroc dans sa querelle; elle venait d'être jouée et perdue.

Le maréchal Bugeaud, nommé duc de llsly, libre du côté du 3Iaroc, retourna aux Kabyles de Dell ys, dont il acheva, non sans otforts, la réduction. C'est ici que la troisième et dernière phase de la lutte s'ouvre. Notre puissance était trop nouvelle dans toute une partie de rAIgérie, la lisière du Tell, la soumission d'un grand nombre de tribus, (rop récente, trop forcée, trop

* On lit dans le rappoK du maréchal Bugeaud, daté du 7 août 1844: « J*ni élc parfaitement secondé dans ceUe bataille, qui dura quatre heures, par M. le lieutenant général Lamoricière, par M. le général Bedeau, qui commandait Taile droite, par MM. le colonel Pélissier, commandant la colonne de gauche, le colonel Gavaignac, du 52*, commandant la tétc de coloimc du centre ; le colonel Gachot, du 3* léger, commandant Tatrière garde, le colonel Tartas, commandant toute la cavalerie; par MM. les colonels Yousouf, qui s'est hautement distingué dans le commandement des neuf escadrons, composant le premier échelon de cavalerie, et le colonel Morris, qui a soutenu avec autant dMntelligence que de vigueur le combat sur la rive gauche de Tlsly. M. le capitaine Bonamy, commandant mes seize pièces d'artillerie, a dirigé son feu avec une ^rrande intelligence et rendu de très-grands services. Je citerai dans Tétatmajor général: mon aide de camp, M. le colonel Eynard, M. le lieutenantcolonel de Crény, chef d'état-major de la colonne, MM. les chcfe d'escadron (\e Gouyon et de Martinprey, M. le commandant Caillé, MM. les capitaines de Courson, Espivent de Cissey et Trochu, » etc., etc.

Googk

peu sincère, les préventions religieuses trop ardentes, pour qui! n'y eût pas encore une explosion. Le repos dont l'Algérie atait joui pendant Tannée 1844 avait rendu à nos ennemis la force tl le ressort qu'une longue lutte leur avait Mes. La grande insnrrértion de 1845 était donc dans le cours naturel des choses. Les eDnemis que nous avions récemment vaincus en détail, Arab^ùii Kabyles, ne se contentaient point de cette première épreuve: 'à prenaient les armes pour demander une revanche.

L'esprit d'indépendance et les antipathies religieuses se mêlaient en proportions à peu près égales pour fomenter l'insurmtion. Les sectes fanatiques et peu connues qui s'agitent dâib les bas-fonds de l'islamisme eurent sans doute une influence (ho^ ce mouvement, qui s'annonça par le sinistre et sanglant gudapens de Sidi-Bel-Abbès, tenté en pleine paix par des membre de la cofifrérie des Derkaoua. L'action des passions religieuses »' trahit encore par l'apparition de Qou-Maza, qui s'annonça comin^ le prophète promis par le Coran le Moul-'es-Saâ, « le maitrr de l'heure, » comme on l'appela» parce qu'il se présentait comme celui qui devait venir à l'heure marquée pour la délivrance de l'Algérie ^ Il s'éleva sur plusieurs points des Bo&- Maza à l'instar du premier; de sorte qu'on douta un moment d» l'existence personnelle du véritable, et qu'on prit ce nom pour un titre ou pour un type.

De là le caractère plus violent et plus sombre de la guenv Le colonel Pélissier, chef d'état-major du maréchal Bugeaud, et placé par lui à la tète d'une colonne d'expédition, se trouve

* Les réponses du frère de Bou-Maza indiquent le caractère reli^euz de Vatsurrection de 1845.

< Qu'avaient à reprocher aux Français les trihus qui se sont révoltées oodUv eux? lui demandait le président du conseil de guerre : des exactions, des Tot. des injustices, des crimes? Dites sans crainte la vérité.

f — Rien de tout cela. Les Arabes vous détestent parce que vous n avez pa^ la même religion qu'eux, parce que vous êtes étrangers, que vous venex tou^ emparer de leur pays aujourd*hui, et que demain vous leur demanderez leur^ vierges et leurs enfants. Ils disaient à mon frère : t Guidez-rious, recommençons la guerre ; cliaque jour qui s'écoule consolide les chrétiens. »

Googk

Page 1