‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 181 sur 192 · MINISTÈRE DE LA MARINE ET DES COLONIES · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DE LA MARINE ET DES COLONIES

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RECONNillSS\^CE GÉNÉRALE

BE Ii.% VII.I.E, BE« r*RT« ET BAI^EmiES »'AI.«EI

PAR lE COEF DE BATAILLOX DU G6K1I OOUTIH

De tous les objets à cinminer pour rétablissement du projet en questioD, les deux principaux sont le point de descente et la résistance qu'on aura eisuite à surmonter. La solution du premier article se trouvera dans un esameo détaille du terrain, et la deuxième sera éclaircie par la description des fortifia cations et l'évaluation des forces du dey. Nous allons donc parler d'^aboitl du ten*ain, puis des forts et des batteries ; nous passerons ensuite aux diverse^ autres questions.

ENVIRONS D*ALGBR.

L'enceinte d'Alger forme un quadrilatère irréguUer, qui peut assex exactement se comparer à un triangle presque équilatéral, dont un côté s'appuie k b mer, et dont les deux autres s'élèvent, par différents ressauts, sur Textrànitr d'une colline dont l'inclinaison fait avec l'horizon des angles de 15, SO, 35 degrés. Cette colline appartient k un massif de petites montagnes ou coteaux très-prononcés, dont le point le plus élevé est le poste d'observation de b Marine, et dont la pente générale s'étend au sud, drculaircment par des ravoiis de trois à six lieues, jusqu'à la plaine de Mitidjah ; à l'est, au cap Matifoux, en faisant une chute assez marquée sur la rive gauche de TAralcb; et, à Touest, jusqu'au-dessous de Sidi-Ferruch, et insensiblement jusqu'à la plaine de la Mitidjah, en s'abaissant presque tout à coup au cap Caxines.

La partie de ce massif qui fait face à la mer, et qui n'en est éloignée que de 150 à 700 mètres au plus, est d'ime pente quelquefois à pic et généralement impraticable aux mouvements militaires. Ainsi le massif dont on rient de parler est borné en long par la mer, et circulaii*ement par la plaine de Mîtidjal], qui a de 2 lieues 1/3 à 3 lieues 1/2 de large. Cette plaine est terminée de l'autre côté par une chaîne du second ordre au moins, qui, des hauteurs d'Alger, parait uniforme et tout i fait continue, mais qui se compose de différentes parties ayant différents noms, formant des rentrants et des saillants et contenant différentes gorges transversales, telles que celles par où passent les chemins d'Alger à Constantine, Oi-an, etc.

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La plaine de la Hilidjali est coupée par différents marais, qui vont toujoui^ s^agrandissant par Tinsouciance et Tignorance des habitants, et par différents iiiisseaux ou petites rivières qui se jettent dans la mer par ses deux extrémités, c'est-à-dire k Test et k Touest.

Le lieu de débarquement doit être le plus près possible des points à attaquer et de Tendroit où Ton doit camper, soit à cause des chemins qui ne sont presque partout que de mauvais et difficiles sentiers, soit k cause du grand avantage qu'il yak tomber à Timproviste sur Tennemi et k ne pas lui laisser le temps de venir k notre rencontre.

Ce même lieu, d'un autre côté, doit être hors la portée des défenses préparées de Tennemi, afin que le débarquement se fasse avec le moins de perte et le plus promptement possible.

D'après les premières considérations, on ne peut songer à débarquer en deçà de la grande montagne qui borde la plaine de la Mitidjah, puisqu'il faudrait traverser cette chaîne ou passer entre ses deux extrémités k la mer, ce qui serait également impossible avec le plus mince attirail de guerre.

Les deux extrémités de la plaine de Mitidjah ne comiendraient guère mieux, à cause des marais et courants dont nous avons parlé, et parce qu'il y aurait encore loin de ^ aux points d'opérations, parce qu'on l'encontrei'ait un terrain fangeux, si les pluies d'hiver avaient été abondantes, et surtout parce qu'on s'exposerait trop à ce que l'ennemi peut nous opposer de plus redoutable, c'esth-dire k sa cavaleiie. C'est, en effet, dans la plaine de la Mitidjah que viennent aboutir et se réunir les contingents de Constantine, Tittery et Oran.

La chaîne est presque nulle entre le cap.Matifoux et le fort de l'Eau; elle ne se compose que de mamelons détachés, entre lesquels il serait focile de |)asser dans la plaine de la Mitidjah; mais, pour marcher ensuite sur la ville, il faudrait passer VÂrtabatach et VAratcht qui pourraient être grosses après des pluies abondantes. La première de ces petites rivières est sans pont ; la .seconde en a un en pierres, que l'ennemi pourrait garder ou avoir coupé; il ne serait pas difficile d'en jeter un autre, la rivière n'étant pas large; mais il fiiudrait ensuite marcher entre la chaîne et la mer, et par conséquent aborder toutes les batteries établies entre la rivière et la ville, ou il faudrait passer k gauche de la chaîne, ce qui n'est pas praticable.

L'espace entre le fort de l'Eau et l'Aratch présente les mêmes difficultés et, (le plus, celles d'une petite plaine de sable et des collines en arriére, qui sont impraticables, k cause de leur pente et des fortes broussailles dont elles sont hérissées.

Tout l'intervalle entre l'Aratch et le cap Caxines ne présente aucun point convenable; depuis la rivière jusqu'au chemin de Constantine, la chaîne n'est pas encore très-élevée; mais elle n'est point praticable, surtout aux mouvements par masses; elle ne présente point de plateaux où l'on pdisse se déployer, et de Ik on ne peut aller nulle part. Les arbres et les fortes haies qui sont au pied de la pente et dans la petite plaine fourniraient k l'ennemi des couverts redoutables. Ce sont, sans doute, toutes ces raisons qui firent échouer

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642 PIÈCES JUSTIFICATIVeS.

les Espagnols en 1775, et qui feraient apparemment éprouver le même !>oii à toute entreprise foimée sur ce point. Il ne faut pas qu'en sortant de labarqu*le soldat se trouve en face d'un obstacle trop grand et capable de tuer tout s coup son ardeur et sa confiance.

Le chemin de Gonstantine et celui qui longe le Jardin de France ne simt point de véritables débouchés, puisqu'ils ne mènent ni au lieu de campemcn! ni au point d'attaque.

Le grand ravin entre la ville et le Jardin du Dey est sans issue ooHumlf. L'intervalle entre le chemin de Gonstantine et Alger est coupé d'une diniw de ravms profonds, qu'un homme à pied traverse assez difficilement en ixcrochant aux broussailles. Ce qui avoisine la maison de Suède est un rocbr i pic.

Depuis la ville au cap Gaxines, la chaîne est généralement impraticabl«\ H. de plus, sur tout ce développement, il y a, de distance en distance, de 46 à 100 mètres en mer, de petites masses de rochers qui pourraient oocasiflODef de grands accidents si, pendant le débarquement» il survenait un vent un peu frais.

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