MORT DE KAIR-ELDINN
nople. Son souvenir était resté en si graijid renom parmi les musulmans, que, longtemps après sa mort, jamais un vaisseau n*appareillait à Gonstantinople sans que l'équipage eût été visiter soii tombeau; et vraiment ce saint d'un nouveau genre était digne de figurer dans là légende dorée des corsaires et de devenir l'objet de leurs pèlerinages.
Pendant que Khaïr-el-Dinn portait si loin la renommée du roi d'Alger, le gouvernement qu'il avait créé dans cette viUe restait confié au fidèle lieutenant devant lequel la fortune de Charles-Quint avait édibué. Sous Hassan-Aga, comme sous le fils de Khair-el-Dinn, Hassan-Paoha, qui gouverna Alger après sa mort, la politique de ce gouvernement fut la même : une lutte tantôt à ciel découvert^ tantôt sourde et cachée, delà dominatîott turque dont le siège était à Alger, contre ht domination espagnole dont le siège était à Oran. Tunis, TlemseQ, fkaa tard Û»bédiah , ne sont guère que les champs de bataille de ees puissances rivales qui fomentent des intrigues, excitent des révoltes contre les chefe qui r^nrésentent l'intérêt opposé. Les maîtres d'Alger ont, dans celte lutte, l'avantage de la oomanunaaté de la reli* gion, qui les rend plus populaires que les Espagnol» dans ces pays musulmans; en outre, puissance africaine piiésente sur le théâtre de la lutte, et y disposant de toutes ses forces, ils n'cMUt affiiire qu'à des lieutenants, séparés de la métropole par la mèr, et souvent oubliés dans l'ardeur des guerres européennes, mal ravitaillés et mal soutenus. On remarque, dès ce temps, un fiût prématuré sans doute, mais présage d'un assez prochain avenir. Quand Hassan-Aga mourut, la milice d'Alger lui donna un successeur, sans attendre le choix du Grand Seigneur. Cet essai d'initiative tombe plus tard devant le choix d'Hassan-Paeha, nommé par le sultan; mais il révèle déjà cet esprit d'indépen» ilanee qui régnait parmi la milice.
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56 ALGÉRIE : ORIGINES HiSTORIQUES.
SQITE DE L*HISTOIBB D'ALGEU APRÈS LES BARBEROUSSE. EXPULSION DES ESPAGNOLS.
Le véritable successeur de Khaïr-el-Dînn, selon le génie, fut le corsaire Dragut. Ses luttes de mer contre André Doria, qu'il vainquit, le concours qu'il prêta à Henri II, roi de France, ses ravages, les ressources que lui fournirent son esprit ingénieux et son audace pour sortir des situations les plus difficiles, la prise de Mehédiah, qui, depuis que Tunis avait subi l'influence des Espagnols, se gouvernait elle-même, en maintenant également son indépendance contre les Espagnols et contre les Turcs; la défense de cette ville, qui, occupée par un de ses lieutenants, tint pendant soixante-quatorze jours contre une puissante armée de Charles^Quint et contre sa flotte, commandée par Doria, rendirent son nom célèbre entre tous les noms. Ses entreprises ne s'arrêtèrent point là. L'ile de Malte fut dévastée par une armée immense qu'envoya Soliman, et si les Turcs renoncèrent à s'emparer de la cité noble, le fort de Ttle de Gozo capitula presque sans combat. Aussitôt après, les Turcs s'emparèrent de Tripoli, Tune des places des Hospitaliers. Henri H suivait la politique de François I", son prédécesseur, et la connivence de la politique de la France avec les Turcs troublait lunité de l'ordre de Malte, jetait des défiances profondes entre les chevaliers de la langue d'Espagne et les chevaliers de la langue de France, devenus, malgré leur loyauté, suspects à leurs frères, à cause des alliances de leur pays. La prise de Tripoli, mal défendu au milieu de ces défiances, fut ainsi le résultat indirect de la politique française, qui nuisit, sans le vouloir, à la chrétienté, en acceptant passionnément tous les moyens de nuire à l'empereur.
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