BEYS. - MAGHZEN
de faciliter par leur présence ropéralioii de la perception de Timpdt et de prêter dans Toccasion main-tbrtc aux maghzens. Cette armée, qui se divisait en plusieurs corps pour suivre les maghzens dans les districts divers entre lesquels le pays se trouvait partagé, rappelait, eu même temps, aux populations, la puissance des dominateurs du pays, et, par des coups de main rapides, la leur taisaient rudement sentir, s'ils essayaient de secouer le joug.
C'est à l'aide de cette organisation militaire puissante que la* domination turque s'établit et se maintint si longtemps sur l'Algérie, malgré les avanies et les exactions de toute espèce qu'elle fit peser sur le pays. L'institution desbeys, leur influence, leur intérêt à soutenir la domination turque au service et avec le concours delaquelle ils s'enrichissaient; la création des maghzens^, cestribui> puissantes, présentes sur les lieux , toujours prêtes à opérer de rapides et impétueuses razziascontre les tribus récalcitrantes, dont elles connaissaient les habitudes et les campements, et en outro intéressés à augmenter le nombre des tributaires, puisque leur profit s'accroissait proportionnellement à ce nombre; l'institution des garnisons turques qui occupaient les points fortifiés; les promenades militaires des trois corps d'armées turcs, qui se montraient sur tous les points des trois beyhks pendant la perception des impôts; enfin, chaque fois que quelqu'un des marabouts, personnages réputés saints dans le pays, excitait un soulèvement parmi les Arabes ou les Kabyles, une n^pre^sion prompte et terrible exercée par une armée composée d'un noyau d'infanterie turque et d'une nombreuse et agile cavalerie arabe : tels furent les principaux moyens de la domination turque, dans un rayon si éloigné du centre de sa puissance, puisqu'elle s'étendit à la province de Constantine, à celle d'Oran et à celle de Titery.
il faut ajouter que, lorsque les deux contrées voisines où les Maures avaient la plus grande part au gouvernement, c'est-àdire Maroc et Tunis, essayèrent de lutter contre les deys d'Alger, ceux-ci maintinrent avec une grande vigueur la supériorité de la race turque et leur firent éprouver, notamment à la
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fin du dix-septième siècle, des échecs graves, avec des forces trèsinférieures, ce qui contribua à entretenir le prestige des armes turques dans tout le pays ^ Sans doute ces succès furent mêlés de revers, mais on doit reconnaître qu'en science militaire, en discipline, comme en habileté politique, les Turcs se montrèrent très-supérieurs aux autres races de l'Algérie. C'est là le secret de leur longue domination dans la contrée.
RAPPORTS D*AL6ER AVEC LES PUISSAlfCBS EIJROPÉENNES. COURSES. — PRISES. — ESCLAVES. — CHARITÉ CATHOLIQUE.
11 est plus difficile de comprendre comment cette domination a pu subsister dans un état de guerre presque continuel avec toutes les puissances maritimes de la chrétienté. Les Algériens, en eflet, avaient autant d'intérêt à être en guerre que les autres puissances ont d'intérêt à être en paix. La guerre les enrichissait et la paix les ruinait. L'Algérie avait toujours au moins vingt vaisseaux de guerre, nombre qui ne pouvait pas diminuer, car, lorsqu'un de ces vaisseaux était capturé ou se perdait, les armatours étaient obligés de le remplacer par un bâtiment d'égale force, pour que la puissance maritime du dcylik ne déclinât pas. En 1724, la force maritime d'Alger se composait de vingt et un bâtiments, dont le plus fort était armé de cinquante-deux canons , cinq en comptaient entre quarante et cinquante; il y en avait six de trente à quarante canons; quatre de vingt à trente ; le reste entre dix et vingt.
* Ce furent Muley-Ismaël, roi de Maroc, et Méhémet, bey de Tunis, qui éprouvèrent ces échecs. Le dey d'Alger n'arait, dans la première affaire, que six mille Turcs et quatre mille Maures contre soixante mille hommes; et, dans la seconde, trois mille cinq cents Turcs et quinze cents Maures contre ringtcinq mille hommes. (Histoire d* Alger, par M. Laugier de Tassy.)
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