‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 67 sur 192 · LE ROI AISNONGE L^EXPÉDITION · texte numérisé non relu

LE ROI AISNONGE L^EXPÉDITION

De 1812 à 1814, M. Dupetit-Thouars avait croisé sur la cote de Barbarie ; en 1821 , il avait pris le commandement de la goélette la Torche, pour surveiller la pèche du corail entre Tabargue et Bone ; il avait alors visité la baie de Sidi-Ferruch et la presqu'île de ce nom, et débarqué souvent à Alger; en 1827, il avait fait partie de la croisière sous les ordres du commandant Collet, et il avait levé une carte de la côte; en 1828, il avait été encore une fois envoyé au blocus d'Alger. C'était là sa force. Il était pratique dans une réunion où il n'y avait que des théoriciens.

Quand la discussion Ait terminée, le prince de Polignac leva la séance; les diverses commissions se retirèrent, et le conseil des ministres resta seul assemblé. Un d'entre eux fit observer qu'il n'y avait dans l'assemblée que le caintaine Dupetit-Thouars et le neveu du consul Deval qui sussent quelque chose de précis sur Alger, et il ajouta que, pour lui, il se ralliait au plan de M. Dupetit-Thouars. Tout le conseil opina de même, et c'est ainsi que le rapport de M. Dupetit-Thouars devint le point de départ du plan de l'expédition d'Ager.

Le 2 mars 1830, le roi, dans le discours de la couronne, annonçait ainsi sa résolution aux Chambres :

« Au milieu des grands événements dont l'Europe était oe^ cupée, j'ai dû suspendre les effets de mon juste ressentiment contre une puissance barbaresque; mais je ne puis laisser plus longtemps impunie l'insulte faite à mon pavillon; la réparation éclatante que je veux obtenir, en satisfaisant l'honneur de la France, tournera, avec l'aide du Tout-Puissant, au profit de la chrétienté. »

L'opposition que le ministère Hartignac, vers les derniers temps de son existence, commençait lui-même à éprouver dans lesChambres et dans la presse, à l'occasion de la question d'Alger, prit alors de plus grandes proportions et reçut une nouvelle et vive impulsion de l'opposition générale que rencontrait le minislère présidé par le prince de Polignac. Les anciens griefs furent reproduits, aggravés. On y ajouta une objection : c'est que le cabinet ne ferait l'expédition qu'avec la permission de TAn-

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glelerre, et qu'il s* était engage d'avance avec le cabinet de Londres à quitter la côte de TAfrique aussitôt après un succès obtenu. On accusait «^ la fois le gouveniement français d'injustice envers le dey, de témérité à cause de la difficulté de l'entreprise, représentée comme très-périlleuse, presque comme impossible, de faiblesse devant l'étranger. La passion politique, peu difficile avec elle-même, s'attache plus, dans tous les temps, à multiplier les reproches qu'à les choisir et à les concilier.

Les esprits étaient si animés, que l'on vit à la Chambre des pairs un marin illustre, Tamiral Verhuel, qui dans d'autres temps avait noblement servi la France, prendre la parole pour chercher des excuses à l'insulte faite au pavillon parlementaire porté par la Provence , lors de la mission du commandant de la Bretonnière, et pour représenter un débarquement comme impossible, au moment où l'expédition était décidée ; de sort€ que la confiance du dey s'augmentait et que le découragement pouvait se répandre dans la marine , avertie par une voix si autorisée qu'on l'engageait dans une entreprise à peu près im-

L'amiral Verhuel insistait ensuite sur les difficultés de l'expédition : « En admettant, disait-il, l'arrivée sans encombre, sans dispersion, de la totalité de la flotte, elle trouvera sur la côte d'Afrique une plage ouverte, sans aucun port, sans aucun abri, où le plus léger mouvement de la mer rend toute opération de débarquement extrêmement difficile, même dans les plus beaux jours d'été. La brise de mer y survient régulièrement le matin et dure jusque très-tard dans l'après-midi; la mer brise fortement sur la plage et les rochers, et n'est souvent calmée que par les vents de terre et du soir; ainsi on n'aura que la nuit pour opérer le débarquement. Et qu'on ne perde pas de vue qu'un seul coup de vent, qui sont assez fréquents sur les côtes de la Barbarie, même au milieu de Tété, peut disperser et mettre à la côte tous les bâtiments de transport et exposer Tarmée à la plus affreuse détresse. J'ai enduré dans la baie d'Alger une tempête si violente et qui avait tellement élevé la mer, que la bôme

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