COMMUNICATIONS DIPLOMATIQUES. S
tienne, pour éTÎter de la laisser dégénérer en une question d'intérêt personnel entre la France et l'Angleterre.
De là ces mots de poliHqae ehréiiefiney de question de dviksaiion diréliennef de puissanees chrétiennes y qui reviennent dans toutes les notes diplomatiques. Les organes de l'opposition de ce temps accusèrent le gouyemement du roi Charles X d'avoir voulu faire de la guerre d'Alger une guerre religieuse. Ils ne comprirent pas que, à l'aide des termes adoptés, on introduisait dans la question les États-Unis, qu'on avait intérêt à y faire entrer, et, qu'on en excluait la Turquie, dont la présence eût été un grand embarras ; tandis que, si l'on s'était adressé aux puissances européennes, les États*Unis seraient restés en dehors, et la Turquie eût été nécessairement admise.
A l'époque où le gouvernement français négociait avec Méhémet-Ali, pacha d'Egypte, pour qu'il se chargeât de diriger une expédition contre la régence d* Alger, c'est-à-dire vers la fin de 1829, il avait trouvé l'Angleterre en travers de sa politique. Le gouvernement anglais fit entendre au duc de Laval, notre ambassadeur à Londres, « que l'Angleterre considérerait comme irrégulière et menaçante pour la Porte l'alliance conclue par un de ses sujets avec une puissance étrangère ; qu'elle n'approuvait pas la France d'étendre sa vengeance aux Régences de Tunis et de Tripoli, et qu'elle l'engageait à se charger de vider elle-même son différend ^ »
Le cabinet français, qui s'attendait à cette opposition, y répondit par une fin de non-recevoir, exprimée dans les termes les plus catégoriques. Le prince de Polignac écrivait au duc de Laval à la date du 25 janvier 1830 :
« Sa Majesté n'a pas demandé à ses alliés leurs conseils, mais leur appui, dans la poursuite d'un projet dont l'exécution est trop avancée et qui est, d'ailleurs, trop favorable aux intérêts de la chrétienté pour qu'il puisse être abandonné. Le roi a accueilli avec reconnaissance l'assistance de ceux qui ont bien
* Dépêche de rambassadeurde France h Londres du 24 jaoïrier 1850.
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voulu la lui accorder ; il remettra à une occasion plus favorable à recevoir, les preuves de la bonne volonté des autres. La mesure dans laquelle il veut se tenir est celle de l'absolue liberté qu'il convient à un grand État de conserver dans toutes les occasions ^ »
L'Angleterre, prévoyantque ses efforts auprès du cabinet français n'aboutiraient pas, prit un biais : elle intimida le pacha d'Egypte, et, par ses insinuations comminatoires, l'amena à rompre le traité, déjà plusieurs fois modîGé. Ce fut alors que le roi Charles X, prenant au mot le conseil de l'Angleterre, résolut de conquérir Alger en employant exclusivement les forces de la France, sauf à laisser au pacha d'Egypte le soin de réduire Tunis et Tripoli. Mais, averti par une première expérience du mauvais vouloir du cabinet anglais, le gouvernement français comprit plus que jamais l'utilité d'imprimer à l'expédition d'Afrique le caractère d'une satisfaction donnée aux intérêts généraux de la chrétienté tout entière, de manière à créer en faveur de cette expédition une opinion générale qui pût tenir en échec la malveillance prévue du gouvernement britannique. Il résolut donc de faire sortir la question d'Alger du cercle diplomatique des cinq grandes puissances, dans lequel se traitaient les affaires générales de l'Europe depuis 1814 et 1815, et il appela toutes les puissances chrétiennes, y compris les États-Unis, à délibérer en commun, et pour ainsi dire en public, comme devait le dire plus tard une dépêche, sur cette grande question.
C'est pour cela que, des le 4 février 1850, le cabinet des Tuileries envoya à toutes les puissances chrétiennes, grandes ou petites, une note où la politique de la France était ainsi résumée : « Le but de l'entreprise est la destruction de l'esclavage, de la piraterie et des tributs sur toute la côte d'Afrique ; la sécurité de la navigation de la Méditerranée à rétablir ; le besoin de rendre le rivage méridional de cette mer à la production, à la civilisa-
' Dépèche du ministre des affaires étrangères à Tambassadeur de France à Londres, du S5 au 50 janvier.
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