OPPOSITION BB ^ANGLETERRE
tion, au commerce, à la libre fréquentation de toutes les nations. Heureuse et (iëre d'avoir à accomplir cette noble tâche, et de pouvoir contribuer ainsi au progrès de la civilisation et au bienctre de tous les peuples, la France recevra avec plaisir l'expression des sentiments que son entreprise fera éprouver aux autres nations. »
Les puissances riveraines de la Méditerranée s'expliquèrent de manière à permettre au gouvernement français de compter sur leur adhésion, dans le cas où des conférences viendraient à s'ouvrir pour la solution des affaires d'Afrique. C'est ainsi que s'explique la nouvelle note envoyée sous forme de circulaire, le 12 mars 1850, à tous les cabinets européens de la chrétienté.
Deux jours avant l'envoi de cette note, à la date du 10 mars 1850, M. de Guernon de Banville, ministre de l'instruction publique, écrivait dans le journal qu'il tenait des séances du conseil les détails suivants, entièrement conformes à ceux qui sont contenus dans le journal du baron d'Haussez, ministre de la marine : « Dans le conseil de ce jour, \% prince de Polignac a rendu compte au roi d'une communication que lui a faite l'ambassadeur d'Angleterre, au nom de son gouvernement. 11 paraît que nos préparatifs pour l'expédition d'Alger mtriguent fort le ministère anglais ; ces préparatife lui semblent trop considérables pour ne tendre qu'au simple châtiment du dey; il soupçonne des intentions conquérantes et demande des explications précises à cet égard.
ce Le roi a ordonné de répondre :
« Qu'il n'est guidé par aucune vue d'ambition personnelle; que le pavillon français a été insulté et qu'il saura le venger, comme il convient à l'honneur de son peuple ; que si, dans la lutte, le gouvernement actuel venait à être renversé, il s'enten* drait volontiers avec ses alliés sur les moyens de suGstituer à ce gouvernement barbare un nouvel ordre de choses, plus approprié aux progrès de la civilisation et aux véritables intérêts de la chrétienté ; mais qu'à cet égard il n'entend prendre aucun engagement contraire à la dignité de la France. »
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La note du 12 mars fut rédigée dans ce sens, et, pour demeurer fidèle à la pensée que le gouvernement de Charles X avait adoptée de s'assurer le concours moral de toutes les puissances chrétiennes, et, en même temps, pour éviter jusqu'à l'apparence d'une concession aux exigences de l'Angleterre, il fut arrête que les explications relatives à cette affaire seraient adressées, sous la forme d'une circulaire diplomatique, à tous les cabinets de la Chrétienté. Dès lors ce n'était que la reconnaissance, formellement énoncée, du droit naturel qu'ont tous les cabinets de présenter des observations, lorsqu'un gouvernement voisin commence une entreprise de nature à augmenter sa puissance ou à agrandir son territoire, sans qu'on pût en induire aucun engagement spécial envers le cabinet de Londres.
La note du 12 mars 1830^ est ainsi rapportée dans les Recueils des traités de Martens :
Le prince de Polignac au duc de Laval.
Monsieur le duc,
c( Lorsque nous avons confié à nos alliés quelle était la destination des armements qui se préparaient dans les ports de France, nous nous sommes exprimés sur les résultats qu'ils pouvaient amener, avec une réserve qui nous paraissait être commandée par l'incertitude des chances de la guerre. Plusieurs cabinets nous ayant invités à leur indiquer d'une manière plus précise le but que nous nous proposions d'atteindre dans notre expédition contre la régence d'Alger, Sa Majesté se plaît à répondre, autant qu'il dépend d'elle, à ce désir, et elle m'autorise à leur donner les explications suivantes :
« L'insulte publique que le dey a faite à notre consul a été la
* Cette note, que nous transcmons d'après le Hecueil des traités de Martens, fut envoyée à tous les ambassadeurs français, sauf une variante à cette phrase : « Vous jjourrez, monsieur le duc, les adresser au gouvernement de Sa Majesté Britannique. »