‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 93 sur 192 · RETOUR A PALMA · texte numérisé non relu

RETOUR A PALMA

quer, s'eudormir la msiin sur ses arines> pour ainsi dire, en rêvant de combat et de victoire, et> le lendemain Tenu, être emporté loin de cette terre où Ton se me^^rait déjà da re^rd des champs de bataille, et laisser derrière soi ce mirage ^e gloire pour retrouver la vie xlu bord, avec, sa monotonie, ses ennuis, ses désagréments, c'était une cni^le épreuve pour de jeunes soldats et de jeunes olQciers, embarqués depuis trois semaines déjà, et dont la patience était. nioinsin€f)uisable que le courage; 11 faut tenir compte de cette disposîtion d'esprit, quand il s^'agil de peser, à distance, les jugements ai divers exprimés sur la «conduite du vice*-amiral Duperrc,dans cettegr aveeârconstanee/pai* ceux qui firent partie de rexpëdition. I/arméedetecreetrarméc de mer ava'e it des devoirs différents; leurs chefs respectirs, des responsabilités distinctes. Le devoir de la Hotte et de son chef était de débarquer de la manière la plus sûre possible, eten second lieu la plus prompte, sur le littoral d'Alger, Tarmée expé^ ditionn^ire avec tout le matériel néeessaire à son entreprise; mais la promptitude ï^'était que la seconde condition, larsécn» rite passait avant. JusqU*au monient du débarquement, la responsabilité pesait tout entière sur le viceramiral Duperré. Le débarquement efleclué, la miseion et la respoosalfihté du général de Bourmont commençaient. Jl était donc dans la nature des «hoses que Tarméç de terre, juge peu compétent des* difficultés de la mer, et impatiente d'ailleurs de voir commencer son rôle, pressât de tous ses vœux l'opération dû-débarquement, dont la responsabilité ne pesait p^s sur oUe, et s*indignât de tous les retards apportés à cette opération, comme d*un déni de justice fait a sa valeur. Elle n'avait besoin que d'avoir la hardiesse de cœur pour tout risquer. La marine^ et en -particulier le vioe«-amir&l Duperré avaient besoin, pour agir, de quelque chose de plusi Jusqu'au débarquement, il répondait au roi du succès de l'expédition et à la France de tant de vies qui lui étaient confiées. 11 lui fallait quelque chose de plus que la hardiesse de cœur,. que ce vaillant homme de mer avait à un très-haut degré; il lui fallait celte hardiesse et cette tranquillité d'esprit qui savent, par un effort

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bieu rare, s'élever au-dessus du trouble moral que jette dans les plus fermes intelligences le sentiment de la responsabilité. Le ▼ice-amiral Duperré eut-il dans tout le cours de cette campagne cette hardiesse et cette sérénité d'esprit? Voilà, ce semble, maintenant que les passions contemporaines sont tombées, la seule question que l'histoire ait à peser et à résoudre.

Il est permis de répondre d'une manière dubitative. Dès le début, le vice-amiral Duperré avait envisagé au point de vue pessimiste l'expédition dont il était chargé. Il avait été particulièrement frappé des obstacles, et il avait même conclu à Timpossibilité de l'expédition dans Tannée 1830. Ceux qui savent T influence d'une opinion préconçue comprendront facilement qu'un esprit placé sous l'influence de ces dispositions ait été naturellement porté à tenir toujours plus compte des mauvaises chances que des bonnes, et à suspendre plutôt qu'à précipiter l'action. Quand on craint plus qu'on n'espère, on hésite, on tâtonne, on diffère : c'est là le caractère du commandement de l'amiral Duperré dans cette première partie de la campagne, qui s'étend jusqu'à la fin du second séjour de la flotte dans la baie de Palma. Il y a bien des ordres et des contre-ordres, des allées et des venues de la flottille de débarquement, et c'est une des causes de l'éparpillement de la flotte qui empêche le vice-amiral de profiter du beau temps, qui fut constant pendant les premiers jours de juin. « Le 6 juin, à quatre heures, dit le général en chef dans son rapport, deux bâtiments du roi, venant du sud, communiquèrent avec le vaisseau amiral : l'un d'eux, la Badine, appartenait à la station devant Alger, l'autre, la Bayonnaise, avait quitté Tunis le2juin- Depuis cette époque, le temps a été constamment beau sur la côte d'Afrique. Peut-être est-il à regretter que l'armée navale, au lieu de faire un mouvement rétrograde, n'ait pas attendu sous voiles que le retour du calme rendit le débarquement pos-

sible V »

Cette opinion, exprimée par un homme dont la correspon- * Uépêche du général en chef au ministre de la guerre. Palma, 7 juin 1830.

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