‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 121 sur 128 · CHEMINS · texte numérisé non relu

CHEMINS

Ce ne sont en général que des sentiers étroits et tracés sur un terrain plus ou moins difficile, et ce n’est, pour ainsi dire, que par exception qu'on rencontre çà et là quelques parties praticables à l'artillerie de campagne.

Nous avons déjà fait connaître le chemin de Sidi-Ferruch au chàteau de l'Empereur. Il est encore carrossable jusqu'à un peu au delà de la campagne du dey. De là au cap Gaxines, ce n’est plus qu'un sentier traversé par plusieurs ravins, bon pour un homme à cheval. Du cap à Sidi-Ferruch, il n'existe pour ainsi dire plus : il faut aller comme au hasard à travers les broussailles.

Du café situé sur le chemin du château de l'Empereur ou chemin Romain, part un embranchement qui, pendant un quart de lieue, est praticable aux voitures ; mais au pont (63), il se divise en différentes branches qui ne sont plus que des sentiers.

L'artillerie pourrait aller de la ville jusqu'aux ruines auprès du cap Matifou, quoique souvent il n°y ait pas de chemin fait et qu'il

fallût traverser plusieurs parties sablonneuses où embarrassées de broussailles, Des ruines au château il faudrait absolument quelques réparations.

Le chemin de Constantine est praticable à l'artillerie jusqu’à son débouché dans la plaine de la Mitidjah, et même à travers cette plaine jusqu’à Belida ou Beleeda. Là il se divise en différentes branches qui conduisent à Oran, Tittery, etc., et ne sont plus que des sentiers, surtout à travers la montagne en arrière de Beleeda.

Ce chemin est, comme on voit, tout en faveur de l'ennemi, surtout jusqu’à la prise d'Alger; il faudrait l’observer soigneusement.

Tous les autres chemins qui aboutissent à Alger, ou se trouvent circulairement entre la ville et la plaine de la Mitidjah, sont beaucoup plus mauvais que ceux dont nous venons de parler; il n’y a aucun parti à en tirer.

Il ne serait ni difficile ni bien coûteux de faire des chemins passables ; mais les habitants n'en sentent pas le besoin ; tous les transports se font à dos de bêtes de somme. Les Turcs vont à cheval, et ceux à qui cette monture est interdite voyagent patiemment sur de pelites mules. Ces gens-là ne savent pas être pressés.

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