‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 25 sur 128 · EXPÉDITION AMÉRICAINE EN · texte numérisé non relu

EXPÉDITION AMÉRICAINE EN

sentait qu'il ne pouvait le faire sans y être autorisé par son souvernement, le dey lui commanda de quitter immédiatement Alger.

Sur ces entrefaites les Cent- Jours arrivèrent, et les choses restèrent naturellement dans la même situation, jusqu'à ce que le sort de la France fût fixé. Les rapports entre le gouvernement français et la Régence d’Alger étaient au moins interrompus.

* Vers la fin des Cent-Jours, dans la seconde moitié de Pannée 1815, les États-Unis d'Amérique, qui avaient jusque-là payé un tribut au dey pour assurer la sécurité de leur commerce, ayant décidé en congrès que ce tribut cesserait d’être payé, envoyèrent dans la Méditerranée une force navale destinée, soit à forcer la Régence à conclure la paix, soit à protéger le commerce américain contre la piraterie.

M. Shaler, consul général des États-Unis, raconte ainsi cet épisode maritime, dans lequel il joua le rôle principal : « À cette occasion, dit-il, je fus nommé, par le président, commissaire pour traiter de la paix avec Alger, et les capitaines Bambridge et Decatur, commandants des forces maritimes destinées à appuyer les négociations, me furent adjoints. Je fis voile de New-York, en mai 1815, avec M. Decatur, qui: commandait la première division, laquelle consistait en trois frégates, un sloop, un brick et trois schooners. Nous arrivämes dans la Méditerranée au commencement de juin et, le 16 du même mois, nous rencontrimes et nous primes une frégate algérienne à la hauteur du cap de Gate ; deux jours après, nous fimes rencontre et capture d’un grand brick ; le 28 juin, nous parûmes à la hauteur d'Alger et, conformément à nos instructions, nous proposèmes à la Régence les conditions auxquelles elle pouvait renouveler ses relations pacifiques avec les États-Unis. Les Algériens furent tout à fait déconcertés par ces événements et, tous leurs croi-

seurs élant en course, ils accédèrent, presque sans discussion, aux termes de la paix que nous leur dictâmes. Le traité fut signé le 51 juin et, le soir du même jour, je débarquai à Alger, en qualité de consul général des États-Unis, poste auquel j'avais té également nommé par le président, le cas échéant de la conclusion de la paix. Ces événements se succédèrent si rapidement, que j'avais peine à y croire. Il m’avait semblé impossible que cette fameuse Régence püt se rendre à discrétion dès ce premier coup de vigueur; mais un léger examen me fit voir que ce n'était qu'un ridicule fantôme, et m'amena à regretter que nos instructions ne nous permissent pas de lui infliger un châtiment plus exem plaire t. »

Dans ces lignes, empreintes de la hauteur confiante qui caractérise la politique des États-Unis, le représentant de ce grand pays s’exagérait la portée de l'avantage obtenu et la facilité d’une expédition contre Alger. Le difficile n'avait jamais été d'obtenir des Algériens des c'auses favorables, surtout quand on les surprenait dans un moment propice, comme cela était arrivé à l’escadre américaine paraissant à limproviste devant Alger, dont les croiseurs étaient en course, de sorte que la ville se trouvait mal préparée à la défense, et que sa marine militaire, dispersée, était à la merci de l’escadre américaine. Le difficile, c'était de fure exécuter un traité obtenu, et d’obliger la Régence, une fois le péril passé, à exécuter les conditions acceptées sous le coup du péril.

L'Angleterre en fit l'expérience l’année suivante. Au commencement de 1816, lord Exmouth s'était présenté en rade d'Alger avec une division anglaise composée de six vaisseaux

! Cette lettre est citée dans l’Aperçu historique, statistique et topographique sur l'Etat d'Alger, rédigé au dépôt général de la guerre, page 77 (1830).

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