EXPÉDITIONS ANGLAISES : LORD EXMOUTH
de haut bord, quatre frégates et deux bricks, pour demander, au nôm des sept grandes puissances de l'Europe, l'abolition de l'esclavage des Européens. Le dey répondit qu'il ue pourrait souscrire à une pareille condition sans exciter contre lui l’animadversion du divan et faire éclater une révolution à Alger. [l proposa, comme terme moyen, de mettre quelques chrétiens en liberté, en considération dn roi d’Anvleterre. Lord Exmouth fit connaître à son gouvernement cette proposition et, passant outre, 1l se présenta successivement devant Tumis et Tripoli qui, effrayés des préparatifs d'attaque faits par la flotte anglaise, souscrivirent à la condition imposée. Encouragé par ce premier succès, lord Exmouth revint devant Alger, et renouvela ses réclamations. Débarqué lui-même avec son frère, sir Israël Pellew, major général de la flotte, et un capitaine de frégate, pour présenler en personne ses sommations, 11 courut, ainsi que ses compagnons, les plus graves périls. Les Janissaires le menacèrent de mort, l’un d'eux appuya son pistolet sur sa poitrine, et l'amiral dut mettre l'épée à la main. Quant au dev, il se retrancha, comme la première fois, dans les difficultés de sa position, et refusa d’acquiescer à la réclamation des sept puissances.
L'anural, de retour à son bord, donna l'ordre d'attaquer immédiatement ; mais, le vent s’y étant opposé, le dey fit de nouvelles ouvertures. Il avoua que, croyant la paix rompue, il avait donné l’ordre à Oran et à Bone d'arrêter tous les sujets anglais; mais 11 expédia devant le négociateur anglais, sir Israël Pellew, deux courriers vers ces villes, pour révoquer ses ordres, avec menace de les faire étrangler s'ils n'arrivaient pas dans un temps marqué. Il ajouta qu'il proposait de remettre la question de la suppression de l'esclavage à l'arbitrage de la Porte Ottomane. Lord Exmouth crut devoir communiquer cette proposition à son gouvernement, et se
retira avec son escadre. Mais les courriers envoyés par le dey à Oran et surtout à Bone étaient arrivés trop lard ; sur ses jrenuers ordres, les Anglais qui se trouvaient à Bone ou à Uran avaient été non-seulement jetés dans les bagnes, mais massacrés. Une vive indignation se répandit en Angleterre à celte nouvelle.
Le public, comme la marine, demandait une satisfaction. Le gouvernement britannique, résolu de punir sévèrement la Régence, décida qu'une expédition serait dirigée contre Alger.
Le 14 août 1816, lord Exmouth, d'autant plus apte à remplir la mission dont il était chargé qu'il avait trois fois, eu une année, débarqué dans le port d'Alger, sortit de Gibraltar avec une escadre composée de 12 vaisseaux ou frévates, # galiotes à bombes, 1 brick, 1 schooner, 2 pataches. Une escadre des Pays-Bas, composée de 5 frégates et 1 corvette, rallia l'amiral anglais sous les ordres du vice-amiral baron Van der Capellen.
L'amiral, mouillé dans la baie d'Alger ‘, envoya la Severn,
1 Nous devons à l’obligeance de M, le comte Albert de Cireourt, officier de marine à bord de la frégate la Didon, à l’époque de la conquête d'Alger, la communication d’un document intéressant : c’est le journal réglementaire tenu, les 21-28 août 1816, à bord de la Reine-Charlotte, vaisseau de 100 canons monté par l’amiral Exmouth, Ce journal fut comwuniqué, en 1830, à M. le commandant de Villeneuve, par un officier de marine anglais, M. Mansell, qui, embarqué comme lieutenant de vaisseau à bord de la Reine-Charlotte, pendant l'expédition de 1816, avait reçu l'hospitalité, en 1830, à bord de la Didon, commandée par M. de Villeneuve, M, de Circourt, chargé par celui-ci de traduire cette page intéressante, en à conservé une copie, Ces notes, prises pendant l’action même, établissent un fait, souvent contesté, c’est que lord Exmouth se servit du pavillon parlementaire pour prendre la position d’où il foudroya Alger, En effet, le journal des observations faites à bord de la Reine-Charlotte constate que, le 27, à six heures du matin, l’amiral Exmouth, mouillé dans la baie d'Alger, envoya la frégate la Severn sous pavillon parlementaire à Alger ; qu’à sept heures, on disposa tout pour le combat; qu’à neuf heures un quart, on mit en panne le canot avec le