EXPÉDITIONS ANGLAISES : LORD EXMOUTIL
sont terrassées, et presque entièrement construites de pierres et de briques, n’avait pu être incendiée par les fusées à la Congrève. Les avantages obtenus par lord Exmouth n'avaient done rien de décisif, et 1ls avaient été chèrement payés. La Reine-Charlstte seule comptait quatre-vingt-huit morts et cent vingt-neuf blessés ; en outre, elle avait éprouvé de graves avaries. Tous ses mâts étaient très-endommagés. Elle avait perdu sa grande vergue et sa vergue de misaine, une ancre de bossoir et plusieurs autres ancres, et son gréement élat, en plusieurs endroits, coupé. Les pertes du reste de l'escadre étaient proportionelles à celles du vaisseau anural : elles offraient un total dé huit cent quatre-vingt-trois morts et de plus de quinze cents blessés. dr | &
Heureusement pour lord Exmouth, le dey, menacé d’une de ces conspirations si communes à Alger dans un jour de revers, lui envoya, le lendemain, des parlementaires. La diminution de ses équipages, les fatigues des survivants, des avaries de ses navires, le défaut de munitions, car 1l avait, la veille, brûlé trois mille quintaux de poudre, ne lui auraient pas permis de recommencer les hostilités, Le dey signa un traité stipulant l’abolition absolue de Fesclavage des chrétiens, la délivrance sans rançon des captifs de toutes les nations européennes, la restitution de 370,000 piastres fortes, que le dey avait reçues deux mois auparavant pour rachat de cinq cent soixante-dix esclaves napolitains, l'abolition du tribut précédemment imposé au pavillon hollandais, qui jouirait désormais des avantages résultant des traités entre l’Angleterre et Alger. Mille esclaves furent rendus par le dey, en exécution de ce traité.
Malgré la sévérité de la leçon, l'effet moral qu'elle avait produit ne dura pas longtemps. Ce fut en vain, en effet, qu’eu septembre 1819, une escadre anglo-françase, sous les ordres des amiraux Jurien et Freemantle, se présenta devant Alger
CN
pour signifier à la Régence la résolution prise par les grandes puissances européennes, réunies en congrès à Aix-la-Chapelle, de mettre un terme aux pirateries des Barbaresques. Le dey refusa obstinément une réponse écrite, et déclara de vive voix qu'il ferait la guerre, comme de coutume, au pavillon des nations qui négligeraient de faire payer le tribut à Alger, et que les corsaires continueraient, malgré les représentations des grandes puissances, à envoyer des détachements de leurs équipages à bord des bâtiments de commerce pour examiner leurs passe-ports ; visites sujettes à des abus, à des avamies et à des violences de toute espèce.
Cinq ans plus tard, en mars 1824, lorsque l’anural sir Harry Neal parut devant Alger avec une escadre, pour demauder quelques additions au traité de 1816, il éprouva un refus péremptoire. L’Angleterre voulait que l’on étendit à la maison de campagne du consul anglais l’inviolabilité consulaure assurée à sa maison de ville, qu'il eût droit d’arborer le pavillon national sur la première comme sur la seconde, qu'il fût reconnu comme le premier des consuls chrétiens et qu'il jouit des prérogatives attachées à ce titre ; qu'il ne fût jamais mis empêchement-à l’embarquement et au débarquement de ce consul ; que les personnes attachées à son service fussent exemptées de toute contribution. Elle imsistait pour que ce traité fût signé par le consul Macdonald, qui avait quitté la ville sur un premier refus. Le dey accueillit quelques-unes de ces conditions, mais il rejeta péremptoirement les autres, notamment l’article qui avait trait au pavillon national, celui qui attribuait au consul anglais un droit de primauté et de préséance consulaire, et par-dessus tout, l’article d'après lequel M. Macdonald serait appelé à signer le nouveau traité. Le dey exigea son rappel et la nomination d'un nouveau consul. Les deux parties persistant, sur ce point surtout, dans leurs prétentions contradictoires, les