‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 29 sur 128 · EXPÉDITIONS ANGLAISES : SIR HARRY NEAL · texte numérisé non relu

EXPÉDITIONS ANGLAISES : SIR HARRY NEAL

hostilités s'ouvrirent le 11 juillet 1824. À trois reprises différentes l’amiral Neal essaya de bombarder la ville, mais il fut obligé de se retirer en désordre devant le feu supérieur des forts ; enfin, après une dernière tentative, faite le 24 juillet, il renonça à son ultimatum, se contenta des premières conditions souscrites au mois de mars précédent par le dey et, renonçant à faire accepter M. Macdonald, nomma un nouveau consul pour signer le traitét. Le dey fit donc la loi, l’Angleterre la subit.

Telles étaient les dispositions du gouvernement algérien au moment où de graves difficultés allaient s’élever entre Ini et la France. Il n'avait changé m1 de nature, mi de procédés. I] n'avait profité qu'à un point de vue des attaques récentes dirigées contre Alger; elles lui avaient indiqué les points faibles de la ville, et il les avait fortifiés. # :*

Ce fut le continuel souci d'Omar-Pacha, le dey sous lequel le coup de main de l’escadre américaine et l’attaque de vive force delord Exmouth avaient humilié la puissance algérienne. Lorsqu'il périt, comme tant d’autres deys, dans une révolte militaire, il avait réparé les fortifications, constr uit de nouvelles batteries, nettoyé le port, acheté ebéquipé quatre navires corsaires et mis Alger à l’abri de toute attaque par mer.

Un sourd mécontentement grondait dans la milice turque depuis le double échec que les États-Unis et l'Angleterre avaient infligé au dey. Il avait réussi à prévenir une première insurrection, 1l fut moins heureux contre une seconde. Surpris par les conspirateurs, qui l’attaquèrent à l’improviste dans son palais, il n’essaya point une défense inutile et, après

1 Nous empruntons ces détails à la Nofe extraite des archives du consulat de France à Alger en 1827 et envoyée au ministère à cette époque par M. Deval, consul général dans cette ville. Nous devons la communication de cette nole intéressante à Pobliéeance de M. l’amiral Dupetit-Thouars,

quelques représentations demeurées sans effet, il tendit le cou au lacet.

Ali-Codjia, chef de la conspiration, fut élu à sa place et, prévoyant de bonne heure pour lui-même le sort de son prédécesseur, 1l s’attacha à répandre autour de lui la terreur. C'était un homme lettré, mais cruel par caractère autant que par politique; ses mœurs dissolues menaçaient le repos de toutes les familles ; les Européens et les consuls eux-mêmes n'étaient point à l'abri de ses caprices effrontés. Un témoin oculaire de ses violences et de ses excès, le consul général des États-Unis Shaler, les a ainsi racontés : « Les consuls étrangers qui se rendaient auprès de lui dans les cérémonies publiques n’arrivaient à sa salle d'audience qu'après avoir passé sur vingt cadavres. Entouré de gardes et magnifiquement vêtu, il affectait. de tenir toujours un livre à la main, et il montrait en effet quelque goût pour la littérature. Mais il ne connaissait ni frem ni obstacles à ses passions. On assure que la femme et la fille du consul hollandais, menacées d'être enlevées et enfermées dans son harem, n'échappèrent à ce péril que-par la mort d'Al, frappé de la peste. »

Les conspirations contre un pouvoir aussi violent et aussi Lyrannique avaient été nombreuses. Mais Ah-Codjia sut les faire échouer par la précaution qu’il prit, au premier mouvement tenté contre lui, de transférer sa résidence et le trésor de l’État à la Gasaubah. Enfermé dans cette citadelle, inaccessible à tous, entouré d’une garde formée de Maures, il essaya de secouer le joug de la milice turque, qui avait fait périr un si orand nombre de ses prédécesseurs. On reconnaît ici l'influence du mouvement qui, se communiquant de Constantinople à Alger, poussait les gouvernements turcs à détruire les janissaires, cette milice à la fois turbulente et intrépide, nerf des armées turques, mais aussi redoutable à ses souverains qu'à ses ennemis. Les moyens qu'il employa furent les

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