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LE ROI ANNONCE L'EXPÉDITION

d'autres témps avait noblement servi la France, prendre la parole pour chercher des excuses à l’insulte faite au pavillon parlementaire porté par la Provence, lors de la mission du commandant de la Bretonnière, et pour représenter un débarquement comme impossible, au moment où l'expédition était décidée ; de sorte que la confiance du dey s’augmentait et que le découragement pouvait se répandre dans la marine, avertie par une voix si autorisée qu’on l’engageait dans une entreprise à peu près impossible.

L'amiral Verhuel insistait ensuite sur les difficultés de l’expédition : « En admettant, disait-1l, l’arrivée sans encombre, sans dispersion, de la totalité de la flotte, elle trouvera sur la côte d'Afrique une plage ouverte, sans aucun port, sans aueun abri, où le plus léger mouvement de la mer rend toute opération de débarquement extrêmement difficile, même dans les plus beaux jours d'été. La brise de mer y survient régulièrement le matin et dure jusque très-tard dans l’ap: èsmidi; la mer brise fortement sur la plage et les rochers, ct n’est souvent calmée que par les vents de terre et du so; ainsi on n'aura que la nuit pour opérer le débarquement. Et qu'on ne perde pas de vue qu'un seul coup de vent, qui sont assez fréquents sur les côtes de la Barbarie, même au milieu de l'été, peut disperser et mettre à la côte tous les bâtiments de transport et exposer l’armée à la plus affreuse détresse. J'ai enduré dans la baie d’Alger une tempête si violente et qui avait tellement élevé la mer, que la bôme de la voile d’artimon enfonçait le grand canot qui traînait derrière le vaisseau. »

En présence de ces objections, de ces récriminations, de ces reproches, le gouvernement comprit la nécessité de reproduire, en les complétant, les explications données, et d’établir que l’expédition, déjà en voie de préparation, était nécessaire, juste, possible. Le baron d'Haussez, ministre de Ja

marine, s’acquitta de cette tâche dans la séance du 18 mars 1830, à l’occasion de la discussion du projet d'adresse :

€ La France, dit-il, possédait depuis plusieurs siècles sur la côte d'Afrique un vaste territoire et un établissement 1mportant destiné à protéger la pêche du corail, qu'elle faisait sur une étendue de 60 lieues, lorsque, dès l’époque de la Restauration, le gouvernement d'Alger manifesta par des déclarations et des actes l'intention de la troubler dans cette possession ;

« Ces actes sont : le projet, annoncé depuis longtemps d'avance et exécuté plus tard, de nous chasser d’une possession française, et la destruction de nos établissements sur la côte d'Afrique ;

« La violation des priviléges de la pêche du corail qui nous était assurée par les traités ;

« Le refus de se conformer au désir général des nations et de cesser un système de piraterie qui rend l’existence actuelle de la Régence d'Alger dangereuse pour tous les pavillons qui naviguent dans la Méditerranée ;

« De graves infractions aux règlements arrêtés d'un commun accord avec la France pour la visite des bâtiments en mer;

€ La fixation arbitraire de différents droits et redevances malgré les traités ;

« Le pillage de plusieurs bâtiments français et celui de deux bâtiments romains, malgré l'engagement pris de respecter ce pavillon ;

«Le renvoi violent du consul général du roi à Alger en 1814;

« La violation du domicile de l'agent consulaire à Bône en 1825 ; | : |

Ç Et, au milieu de ces faits particuliers, une volonté constamment manifestée de nous dépouiller des possessions, des

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