ADMINISTRATION
échéant, de transmettre à l'armée les vivres nécessaires, prévision d'une sagacité singulière, justifiée par l'événement.
La plus grande partie des troupes, au nombre de 24,041 hommes furent embarquées sur les bâtiments du roi. L'artillerie de campagne et de siége, avec tout ce qui pouvait être nécessaire à son service, et une partie du génie, y furent également embarquées, ainsi que les 55 chalands spécialement affectés au débarquement des troupes et de l'artillerie, plus un approvisionnement de cent coups par pièce. Les bâtiments du roi portaient aussi des caisses de cartouches pour l'infanterie, des barils de pierres à fusil, des bois pour manœuvres de force, des engins à lever età peser, des forges de campagne, des sacs à terre, plusieurs sections d’ambulance, des outils de campement, afin que tout se trouvât sous la main au moment du débarquement.
Le reste du personnel et du matériel de l’armée fut embarqué sur les transports nolisés à Marseille; 120 de ces transports avaient été fournis par le commerce français, 297 par le commerce étranger!.
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Avant et pendant ces préparatifs, le gouvernement royal n'avait rien omis pour faciliter le succès de l'expédition par des missions secrètes en Afrique, et il avait dû ouvrir avec les grandes puissances de l’Europe des négociations pour exposer
1 Répartition définitive du matériel à embarquer à bord des bâtiments
du roi, arrêté le 45 mai 4850. (Communiqué par M. de Martineng.)
l’objet de l'armement organisé, sur de si grandes proportions, dans les ports de la Méditerranée.
MM. Raïmbert, d’Aubignose et Gérardin avaient été envoyés à Tunis dans le courant du mois d'avril 1830, afin de sonder les dispositions du bey de Tunis, d'ouvrir une source féconde aux approvisionnements de l’armée, d'agir sur le moral des populations maures et arabes et de détacher du dey d'Alger Tunis, Maroc, et, s’il était possible, Oran et Constantine.
Ces trois émissaires connaissaient parfaitement le pays où ils étaient chargés d'opérer. M. Raimbert, homme pratique et doué d’un jugement solide, avait longtemps dirigé le service de nos possessions en Afrique, et il avait eu de nombreux rapports avec les tribus qui commerçaient avec le Bastion de France. M. d’Aubignose, esprit imventif, ardent, plem d'activité, et en outre homme d'exécution et d'énergie, qui avait déjà rempli des missions dans le Levant, avait présenté, dès la mi-février 1830, à M. le comte de Bourmont, un mémoire où 1l établissait que les marins sardes et corses, expédiés annuellement pour la pêche du corail, n'arrivent sur les côtes de Barbarie qu'à la mi-juin et ne quittent ces parages que dans la dernière quinzaine d’août: d’où il concluait avec justesse qu’on avait devant soi le temps nécessaire pour fare l'expédition'avant le mauvais temps. Il rappelait que toutes les descentes sur la côte d’Afrique avaient réussi et que, si l'on avait échoué après la descente opérée, c'était par l'absence de moyens suffisants ou par l'inhabileté des chefs qui conduisaient les expéditions. A cette objection de l'amiral Duperré qu'on manquerait d’eau, il répondait victorieusement par cette observation, qu’Alger était, dans un rayon de 5 lieues, entouré de jardins qui s’étendaient vers la côte, et quil n'y a pas de jardin sans eau. À ceux qui niaient l’existence du trésor de la Casaubab, il objectait que l’existence de ce trésor était un fait de notoriété historique et pu-
blique à Alger, comme 1l répondait à ceux qui prétendaient que le dey emporterait ce trésor dans l'intérieur des terres, que la milice turque ne le permettrait pas, et que le dey luimême ne le voudrait pas, parce que le trésor serait pillé par les Arabes et par les Maures!, M. d’Aubignosc, quoiqu'il mélât à ces idées nettes, pratiques, judicieuses, quelques conseils de politique générale qui indiquent la situation fâcheuse du gouvernement royal, bien exposé à périr puisque tous les empiriques se mêlaient de le sauver, était donc un excellent agent à envoyer en Afrique. M. Gérardin, qui connaissait à merveille le pays et qui parlait toutes les langues qui y ont cours, n'était pas un moins précieux auxiliaire.
Le 30 avril, M. d’Aubignosc envoyait au commandant en chef un rapport circonstancié, divisé en trois parties, sous les titres suivants : Politique, Économie, Stratégie.
Dans la première partie, il exposait ce qu'il y avait à espérer et à craindre des États voisins ou sujets d'Alger ; leur fidélité à l'alliance du dey était, comme toute fidélité qui ne repose que sur la terreur, à la merci d’un succès de l’armée française. C'était la disposition commune de Tunis, où l’on craionait d’être attaqué par le dey, de Maroc comme d'Oran et de Constantine. Un seul sentiment combattait celui-là : le sentiment religieux, qui faisait craindre la domination chrétienne. La proclamation que le commandant en chef avait adressée aux populations, et qui avait été répandue dans les États algériens par les soins de MM. de Lesseps, envoyé de France à Tunis, et Raimbert, d’Aubignosc et Gérardm, envoyés secrets, avait produit un bon effet pour atténuer les antipathies religieuses?. On pouvait compter sur la neutralité
1 Documents communiqués par la famille du maréchal de Bour-
mont.
2? Une de ces proclamations disait aux Arabes : « Nous Français, vos
sympathique de Tunis et de Maroc. Celle du bey de Constanline était plus douteuse et plus difficile à obtenir, parce qu'il était plus menacé par la puissance algérienne, dont il était le sujet; mais, si l'on n’obtenait point sa neutralité, on pouvait compter que sa fidélité au dey ne serait pas à l'épreuve du premier succès de l’armée française. Le cheik du territoire de la Calle avait conservé ses dispositions favorables pour la France, qui remontaient à l'existence du Bastion. Le plus jeune des fils de M. de Lesseps, très-versé dans la langue et la connaissance du pays, avait été envoyé par son père dans l’île de Tabarque, située sur les confins des deux Régences de Tunis et d'Alger. De ce point, il serait plus à portée d'introduire des proclamations dans les États algériens et de nouer des relations avec les habitants du pays.
Dans la seconde partie du rapport, M. d'Aubignose annonçait que le bey de Tunis se prêterait à autoriser toute espèce d'achat dans ses États et à devenir lui-même fournisseur, pourvu que sa coopération restât secrète. « Le résident de Maroc, ajoutait-il, a déclaré que ces dispositions seraient aussi celles de son maître. » À ces détails était jointe l'indication des prix de tous les objets, écrite de la main de M. Vangaver, négociant français établi à Tunis commandité par l’ancienne maison Roux frères, de Marseille; cette espèce de mercuriale devait servir de comparaison pour fixer l'opinion sur l'opportunité de traités passés à Tunis par l’administration militaire ou par la maison Sellières, commissionnaire de l’armée. Des navires seraient prêts à partir de la Goulette, poste avancé de Tunis, au premier ordre donné par le commandant en chef; ils porteraient la viande, les légumes frais, le sel, dont le prix avait quadruplé dans la Régence algérienne depuis le blocus.
amis, nous partons pour Alger. Nous allons chasser les Tures, vos tyrans, qui vous volent vos biens et ne cessent de menacer vos vies, »
La troisième partie du rapport, consacrée à la stratégie, contenait des détails moins précis et cependant intéressants. Le fort de l'Empereur était miné, disait-on. Ce n’était qu'un bruit, mais qu’il fallait cependant prendre en considération. Du cimetière de l’est on découvrait Alger. Le point de Torre- Chica serait propre au débarquement, s’il était attaqué enmême temps qu'on prendrait terre à la presqu’ile de Sidi-Ferruch, dont il forme le saillant. « La presqu'ile, qui a deux de ses côtés fermés par le cours d’eau dont elle emprunte le nom, ne demanderait que peu de travaux sur ses deux autres côtés pour devenir un camp retranché, où l'on mettrait à terre le matériel de l’armée avant que des vents violents forçassent la flotte à s'éloigner. On aurait ainsi dans la presqu'île un dépôt général qui alimenterait le siége, et garantirait la sûreté du matériel ] Jusqu'à à la chute d'Alger. »
Comme il arrive toujours dans les grandes affaires, les esprits chimériques et les fortunes besogneuses, la main ouverte pour recevoir, s’empressaient aussi d'apporter leur contingent d'idées et d’expédients, Un médecin anglais, fixé à Alger pendant quatre ans et alors résidant à Tunis, venait offrir aM. de Lesseps, consul général, desrecettes merveilleuses pour assurer le succès de l'expédition. Si des avantages considérables lui étaient offerts, il consentirait à servir chaudement l'expédition, et il faisait grand bruit de l'étendue de ses moyens. Le principal consistait dans l'indication d’un point de débarquement et d'attaque qui ferait tomber la ville dans trois jours. Mais le silence qu'il avait gardé, lorsqu'on l'avait pressé d’objections, donnait à croire qu'il ne possédait aucune des connaissances nécessaires pour avoir un avis Mmotivé sur ce point, Jl prétendait en outre pouvoir amener le
1 Rapport de M. d’Aubignose sur la mission de Tunis. (Documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.)
cheik, maître des Portes de Fer, à observer la neutralité. Enfin il s'engageait à faire découvrir des trésors cachés ; à désigner, pour la faire épargner par les feux de l'attaque, la maison où seraient, disait-1l, exposés les prisonniers franças ; enfin, à donner les moyens de prévenir la destruction du harem du dey, dont « ce monstre, assurait-il, avait juré de faire un holocauste à l'approche des Français, »
Le rapport ajoutait fort sensément : « M. de Lesseps, sans ajouter trop de foi à de pareils discours, n’a pas cru devoir cependant repousser, d’une manière absolue, les offres d'un homme instruit, adroit, insinuant, qui doit avoir beaucoup vu pendant quatre ans d'exercice de sa profession à Alger. Mais, en lui promettant de le faire connaitre à Votre Excellence, il lui a fait sentir la convenance d'un service préliminaire quelconque qui devint un titre à la confiance qu'il imvoque. »
On savait en outre par d’autres rapports de M. d’Auhignose qu'il n’y avait point à craindre que le trésor de la Casaubah fût emporté dans les terres, parce qu’il serait pillé par les Maures ; que le dey ne sortait pas de la Casaubah, dans la crainte d'être égorgé par la population alarmée ; que les Turcs seuls faisaient bonne contenance,
M. Gérardin, de son côté, envoyait des renseignements utiles. Les préparatifs de l'expédition française produisaient, disait-il, le meilleur effet sur toutes les Régences. Tandis qu'Alger était dans la consternation, les Européens n'avaient jamais joui d’une plus grande sécurité à Tunis. Le pacha de Tripoli lui-même, malgré ses premiers emportements, devenait affable envers les Français disséminés dans ses États. Cependant un bruit, qui s’accréditait de plus en plus, que la Porte allait intervenir dans la querelle de la France contre Alger, luttait contre ces bonnes dispositions. C'était une complication qu’il fallait prévoir, afin d’avoir, le cas échéant, un
parti pris, Ge bruit, qui venait de recevoir une nouvelle confirmation de l’arrivée de Tahir-Pacha dans la rade de Tunis, agissait sur l'esprit du bey de Constantine et le rendait moins disposé à prêter l’orcille à nos propositions. Il fallait en outre ne pas oublier qu'on entrait dans l’année triennale où 1l devait porter le tribut accoutumé à Alger, et que tout délai de sa part l'exposait à être assassiné par les janissaires placés auprès de lui par le dey. On saisissait partout les fils des intrigues anglaises contre le succès de l'expédition. Les agents de l'Angleterre travaillaient presque ouvertement à empêcher les chefs arabes et maures de se détacher du dey. Ils mettaient en avant l’idée d’une alliance entre l'Angleterre, J Porte et les puissances barbaresques sur le point d'être conclue, Il faudrait, pour déjouer ce concours de circonstances fâcheuses, l'influence d’un premier succès !,
M. Raimbert, agent actif et sévère sur l’origme de ses renseignements, tenait le commandant en chef au courant des modifications qui s’opéraient dans l'esprit mobile de ces populations.
M. de Lesseps, consul général de France à Tunis, contrôlait et complétait ces renseignements par sa correspondance, à laquelle son expérience des hommes et des choses dans les Régences barbaresques donnaient une grande autorité, C'était lui qui avait envoyé les prix régulateurs indiqués par approximation. [1 résultait d’un état donné par demandes et par réponses (les demandes étant posées dans la correspondance du comte de Bourmont), qu'on pourrait se procurer à Tunis des bœufs, des chevaux, des mulets, des moutons, des chameaux, du riz, du sel, de l'huile, du savon, des cuirs, des planches, des poutres, des bois de chêne d’Albanie équar-
! Correspondances secrètes et documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.
ris, des planches d’ormeau pour affût, des couvertures de laine, et par Bône du blé et de l'orge. Le prix des bœufs était évalué, rendu à bord, de 55 à 65 francs; des mulets comme des chevaux, de 200 à 500 francs ; des chameaux, de 250 à 500 francs ; des moutons, de 7 à 9 francs; du riz, de 50 à 60 francs les 100 kilogrammes; du sel, de 2 à 4 francs les 100 kilogrammes ; du savon, de 70 à 74 francs les 100 kilogrammes ; de l'huile, de 55 à 60 francs les 100 litres, etc. Les points d'embarquement indiqués comme les plus avantageux étaient : Tunis pour les mules, le riz, le sel, l'huile, le savon, les planches, les bois divers, les peaux, ete. ; Biserte pour les bœufs, chevaux et chameaux, Bône pour l'orge et le blé. Le laps de temps nécessaire pour opérer la traversée de ces trois points à Alger était évalué de six à dix jours, à moins qu’on ne fût contrarié par une série de vents d'ouest t.
Le lieutenant général Després, chef d'état-major général de l'armée, dans sa correspondance avec le président du conseil, chargé du portefeuille de la guerre, résumait ainsi les lumières qui jaillissaient de ces différentes informations : « Les nouvelles que le ministre de la guerre a reçues de Tunis offrent des motifs de sécurité. MM. d’Aubignosc et Gérardin sont arrivés dans cette ville le 21 du mois dernier. Le 2 mai, le dernier était de retour à Toulon, M. Raimbert, qui a dirigé longtemps le service de nos concessions en Afrique?, et dont
! Documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont,
* M. Raimbert était un ancien agent du consulat. Il habitait depuis longtemps Bône avec sa famille, connaissait toutes les tribus environnantes et leur était connu, Avant la mission donnée, comme on la vu, à M. Dufougeray, M. Raïmbert partait chaque mois pour la Calle, afin de porter aux divers scheiks la petite redevance, souvent débattue au moyen de laquelle ils laissaient les corailleurs se livrer à la pêche, et surtout pour leur porter une provision de poudre de guerre, aussi précieuse à leurs yeux que l'argent de la France. (Renseignements fournis par M. Dufougeray }
la sagacité a été reconnue dans plusieurs occasions importantes, a accompagné M. d’Aubignosc. Ils étaient porteurs d’une lettre de M. de Lesseps pour le ministre de la guerre. Le bey de Tunis montre les dispositions les plus favorables. Les menaces que le dey d'Alger lui a faites, il y a trois mois, paraissent avoir contribué à produire cet heureux résultat. Toutefois 1l évitera, dans l'intérêt même de la France, toute démarche de nature à le compromettre aux yeux deses sujets musulmans, Sa bonne volonté ne sera point ostensible, Les individus chargés d'acheter et de faire exporter des subsistances pour l’armée expéditionnaire tiendront secret le véritable but de leurs opérations. Il paraît que des achats de bestiaux seront surtout faciles, et qu’il en résultera une économie considérable. M. Raimbert, qui a eu de nombreuses relations avec les principales tribus de l’intérieur, espère qu'elles garderont la neutralité et qu’elles ne tarderont pas à conduire dans le camp français des bœufs, des chevaux et des chameaux. Il a déjà écrit au chef de la tribu des Abd-el- Gebber et à ceux des tribus qui sont maitresses d’un long défilé situé sur la seule route qui soit praticable entre Alger et Coustantine, Ce défilé est connu sous le nom de Portes de Fer, C’est du 20 au 25 de mai que le bey de Constantine doit se mettre en marche avec le tribut que, tous les trois ans, il porte lui-même au dey d'Alger. MM. d’Aubignosce et Raimbert attachent une grande importance à ce qu’on parvienne à le détourner de ce voyage. M. le comte de Bourmont s’est décidé en conséquence à écrire au bey de Constantine. Il voudrait qu'Alger fût investi avant l’arrivée de ce bey. Ce motif l’a décidé à avancer, s'il était possible, l’époque du départ !, »
Le général en chef concluait avec raison des correspon-
1 Rapport du 6 mai 1830,
dances et des rapports qu'il recevait que, le dey n’obtenant des secours que par la terreur qu'inspirait la domination turque, tous ceux qui ne seraient point arrivés sous les murs d'Alger au moment où l'expédition française débarquerait sur le littoral de l'Algérie n’arriveraient point. Il fallait done se hâter et brusquer l'entreprise. Oter le temps au dey, c'était lui ôter des forces. Ralentir l'expédition, c'était diminuer ses propres chances. Cette appréciation vraie de la situation fut le mobile de toute la conduite du général commandant en chef.
Il écrivait à M. de Lesseps, à la date du 10 mai 1830 : «Il est d'une grande importance que vous mainteniez le bey de Tunis dans ses bonnes dispositions. Des achats faits dans ses États pour la subsistance de l’armée produiront des économies considérables. J'ai causé avec MM. d’Aubignosc et Raimbert : ils m'ont annoncé que le bey de Constantine devait partir de cette ville le 20 mai, pour porter à Alger le tribut qu'il est dans l'obligation d'offrir lui-même tous les trois ans. Tous deux attachent nne grande importance à ce qu’on le détourne de ce voyage, Ils ont pensé qu'une lettre de moi pourrait augmenter le nombre des chances de succès. Je vous prie de lui faire parvenir celle que je vous adresse. Elle a été écrite par deux interprètes de l'armée d'expédition, Vous ferez faire les corrections que vous jugerez propres à la rendre plus intelligible. Si vous pensez qu’un présent offert au bey puisse le déterminer, vous pouvez le faire et élever la valeur jusqu'à cent mille francs, quand vous aurez des garanties suffisantes de sa bonne foi, J'espère que la nouvelle du débarquement aura plus d'influence encore que les négociations sur le parti qu'il croira devoir prendre, Il est vraisemblable que, du 20 au 25, l’armée sera en Afrique. Je suppose qu à cette époque les négociations de M. Gérardin seront près de leur terme et que rien ne s’opposera plus à ce qu'il vienne me rejomdre
devant Alger. Je ne pense pas que le médecin anglais de Tunis soit à portée de temir parole. Il promet trop, et ses assertions sont trop invraisemblables pour qu'on puisse avoir en lui beaucoup de confiance. M. Thierry, qui le connaît de réputation, m'a confirmé dans cette opinion. Je vous engage toutefois à ne pas repousser complétement ses offres. Quant aux négociations à établir avec le chef de la tribu des Abd-el- Gebber et avec les peuplades des Nadis, Mazoules, etc., je pense qu'il faut les confier à M. Raimbert. La connaissance qu'il a du pays, sa capacité éprouvée et l'entretien que j'ai eu avec lui m'inspirent une entière confiance, et je vais le renvoyer à Tunis. Placé à Tabarque, monsieur votre fils rendra plus faciles les relations que nous aurons à établir avec Tunis pour la subsistance de l'armée. Je vous prie de profiter de son séjour dans cette résidence pour faire pénétrer mes proclamations dans l’intérieur, Je vous engage à profiter de la bonne volonté de l'envoyé de Maroc. J'attache beaucoup d'importance à l'exécution du projet qu'il a conçu d'établir, à l’aide de courriers, une correspondance entre Tunis et l’armée française!. J'ai trouvé dans les renseignements que vous m'avez adressés la solution de plusieurs questions importantes. Je vous en remercie. Je ferai valoir auprès du ministre des affaires étrangères ce service et ceux que vous rendrez par la suite à l’armée dont le commandement m'est confié?. » C'est ainsi que tout était combiné pour préparer le succès de l'expédition. On travaillait en même temps à accumuler les moyens et à diminuer les obstacles, et on ne laissait rien au hasard de ce qu'on pouvait lui ôter par la prévoyance. Le
1 Il s'agissait d'établir cette correspondance à l’aide de prétendus musulmans dévots, qui auraient parcouru l’espace situé entre deux camps en demandant l’aumône,
? Lettre du commandant en chef de l'expédition française en Afrique, adressée, à la date du 10 mai, à M: de Lesseps, consul général, (Documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.)
gouvernement du roi avait noué des négociations avec le gouvernement espagnol, par l'intermédiaire du général vicomte de Saint-Priest, alors ambassadeur de France à Madrid, pour obtenir les facilités nécessaires dans les ports et sur toute la côte d'Espagne. M. le baron d'Haussez écrivait au général en chef, en date du 22 avril, que ces négociations avaient pleinement réussi, M. de Saint-Priest lui avait donné avis, par une dépêche du 17 avril 1830, « que les ordres allaient être expédiés pour que les Français trouvassent dans les ports d’Espagne l'accueil et toutes les facilités qu'ils pourraient désirer. » Le consul de France aux îles Baléares recevait, en effet, à la date du 18 avril 1850, communication d’une dépêche du ministre des finances d'Espagne, ainsi conçue : « Le roi, notre souverain a bien voulu ordonner que l’on permette aux agents français d'acheter des vivres et des munitions de toute espèce sur le territoire espagnol, de noliser des bâtiments, louer des magasins, établir des hôpitaux, et faire stationner dans nos ports les escadres et transports que cette nation destine à l'expédition projetée contre Alger. »
C'était là une grande et heureuse facilité donnée à l’entreprise. Les ports de refuge et de ravitaillement se trouvaient ainsi rapprochés de l’armée expéditionnaire. En même temps on assurait le service médical de l’armée, en établissant un grand hôpital à Mahon, où l’on devait être à portée de transférer les blessés et les malades, à mesure qu’il y aurait encombrement dans les hôpitaux provisoires établis dans le camp. L'Espagne avait mis à la disposition de la France l'hôpital inilitaire, qui reçut les appropriations nécessaires pour contenir 900 malades ; bientôt on-s’assura les locaux nécessaires pour en recevoir 1,500. Vers la mi-m&i, le personnel et le matériel de l'hôpital étaient partis de Marseille .
1 Lettre du major général Després, datée de Toulon le 17 mai 1830. (Rapports officiels.)
Le comte de Bourmont se faisait en même temps présenter des rapports, par les hommes les plus compétents, sur la nature des difficultés qu’il allait rencontrer, et sur les meilleurs moyens de les vaincre‘. Il avait sous les yeux la Reconnaissance de la ville et des forts d'Alger du chef de bataillon du génie Boutin ? et il contrôlait et notifiait ce rapport à l’aide des informations qu'il recevait du pays. En même temps, il relisait et méditait les documents curieux contenus dans les archives du ministère de la guerre, sur les grandes expéditions tentées à la fin du dernier siècle, et dans lesquelles l’armée de terre et la marine avaient dû combiner leurs efforts : la correspondance du général Bonaparte avec le Directoire à l'occasion de l'expédition d'Égypte; la correspondance du Directoire et celle de l'amiral Bruix avec le général Hoche, à loccasion de l'expédition d'Irlande. En envoyant ces documents au général de Bourmont, le maréchal de camp directeur par intérim du dépôt de la guerre disait au mimistre: « La correspondance de l'amiral Bruix, à l’époque de l’expédition d'Irlande qui devait être commandée par Hoche, est surtout très-curieuse. Elle prouve évidemment le besoin que doit ressentir la marine elle-même de l'unité du commandement dans de semblables expéditions ; elle démontre qu'il doit être
1 Nous avons retrouvé, dans les documents qui nous ont été communiqués par la famille du maréchal de Bourmont, un mémoire intéressant de M. Préaux, chef de bataillon d’artillerie de marine, sur les bombardements maritimes, et un autre mémoire, du même, sur l'application de son système à Alger ; des Considérations politiques et militaires sur la Régence d'Alger, par le colonel Juchereau de Saimt-Denys, qui avait occupé, ‘vingt ans avant, les fonctions de chef du génie militaire à Constantinople; un rapport circonstancié et puisé aux sources originales sur l'expédition de lord Exmouth en 1816; un travail du chef de bataillon d'état-major Prétot sur les préparatifs de l'expédition; diverses lettres d’anciens consuls à Alger, et d’intendants militaires, ete., etc.
? Voir aux pièces justificatives, sous le numéro 5, un extrait trèsétendu de ce document curieux.
déféré au général en chef des troupes de débarquement. » Cette idée prévoyante de la nécessité de l'unité dans le commandement devait trouver accès auprès du roi Charles X. C'est ainsi que, suivant les règles de la saine politique, le général en chef faisait servir au présent l'expérience et jusqu'aux fautes du passé. Sans doute le comte de Bourmont était obligé, pour recueillir un petit nombre de données utiles, d'écouter et de lire des projets souvent peu applicables ; mais la vérité, dans les grandes affaires, est à ce prix. C’est à celui qui doit conduire l’entreprise de discerner l'indication qui peut servir au milieu d'un déluge de détails oiseux. Quand un grand projet est à l'étude, il faut, dans l'espèce d'enquête ouverte pour recueillir les renseignements qui doivent le faire réussir, avoir tous les courages, même celui de l'ennui.
Le ministre de la marine, comme le ministre de la guerre, état assalli, au milieu de ses préparatifs, par des donneurs de conseils qui connaissaient des moyens infaillibles d'assurer le succès de l'expédition et, à l'instar du médecin de Tunis, avaient des recettes mystérieuses pour prendre Alger en trois jours. Le baron d’Haussez raconte spirituellement, dans ses notes, les empressements contre lesquels il eut à se défendre.
« Après MM. de Livron et Drovetti, dit-il, qui voulaient confier le soi de prendre Alger à une armée égyptienne, Ja= quelle n’aurait eu à traverser que quelques céntaines de lieues de désert, vinrent M. Margat, l’aéronaute, qui offrait de faire pleuvoir sur la ville, du haut d’un aérostat, des matières in: cendiaires ; et lord Cochrane qui, moyennant une prime de trois millions, payables le premier, au moment de la signature du traité, le second au moment de l'indication de la recette, le troisième après le succès, promettait de faire sauter Alger. Enfin parut sir Sidney Smith. Ce dermier arriva un matin chez moi, suivi de deux portefaix qui déposèrent dans
mon cabinet un énorme panier, duquel il Uira je ne sais combien de petits bateaux, de petites charrettes, de petits canons, de petits chevaux et de petits bœufs. Pour faire cette intéressante collection, 1l avait dû épuiser les boutiques de tous les marchands de bimbeloterie de Paris. Il rangea tout cela sur une table, et 1l m'apprit que ce que je voyais n’était rien moins qu'un plan de débarquement sur la côte d'Afrique. Dire tout ce que ce plan renfermait d’excentrique me serait impossible, quoique j'aie dù assister à une seconde explication que le roi eut la patience d'entendre jusqu’au bout. J'exprimai à l'auteur le regret que j'éprouvais de m'être arrêté à un autre système, dont l'exécution était trop avancée pour qu'il me ft possible de l’abandonner ; mais ma politesse ne put fure trouver grâce à mon refus. L’amiral anglais jeta avec colère ses vaisseaux, ses chevaux et ses canons dans le pamier qui avait servi à leur transport et, de ce jour, il rompit les relations très-actives qu'il avait eues avec moit. »
C'est ainsi que la chimère, s’éveillant au bruit des grandes choses, vient mêler ses rêves à la réalité, comme ces papillons qui, attirés par l'éclat de la lumière, voltigent autour de la flamme jusqu'à ce qu'ils s’y soient brûlé les ailes.
Le gouvernement français avait étudié, de bonne heure, le côté diplomatique de la question d’Alger.
1 Papiers politiques du baron d'Haussez,
Ilavait d'abord à prévoir et à prévenir une protestation directe de la Porte Ottomane contre les résultats de l’expédition française. La Turquie, en effet, depuis le seizième siècle, avait un droit de suzeraineté sur les régences barbaresques, droit périmé par une longue désuétude et que le cabinet français ne regardait plus que comme une prétention, mais que * cependant une puissance jalouse pouvait évoquer pour s'en faire le prétexte d’une réclamation diplomatique. La politique adoptée, dès l’origine, par la France, fut dominée par une considération : incertain encore de ce que les événements de la guerre lui permettraient de faire d'Alger, le cabinet des Tuileries voulut se réserver la faculté toujours ouverte d’un arrangement avec la Turquie, si les circonstances et les intérêts de la France le lui conseillaient, sans jamais permettre que cette faculté devint un engagement et une obligation. L’ambassadeur de France à Constantinople reçut donc, à deux époques successives et rapprochées, des instructions dans ce double sens, qui se modifiaient en se complétant. Les premières lui prescrivaient d'ouvrir une négociation avec la Turquie sur la question d'Alger, de lui exposer les torts du dey et nos griefs ; les secondes, de tenir la négociation toujours ouverte, sans la faire aboutir à une solution, en demandant à la Turquie, sous la forme d’une question plutôt que sous la forme d'une réclamation directe, si elle serait en mesure de nous faire donner la satisfaction qui nous était due ; de l'amener à pressentir que, si cette satisfaction ne nous était pas donnée, nous l’exigerions par la force des armes, comme d’ailleurs nos anciens traités avec la Porte nous en reconnaissaient le droit, et de lui représenter les régences comme un sujet continuel d'embarras pour elle, sans être un élément de puissance.
La Turquie, ne croyant point au succès de nos aimes, voyait sans déplaisir la France s'engager dans une expédition contre
Alger. Elle soutenait la conversation ouverte sur cette question, sans prendre à cœur cette affaire comme pouvant avoir des conséquences sérieuses. Ce furent là ses dispositions pendant toute la période de nos préparatifs. Tout se passa en pourparlers et, comme aucune des deux parties ne se croyait intéressée à ce que la question fût posée d’une manière catégorique, elle ne le fut pas. Cette attitude de la Turquie offrit de grandes facilités à la France.
Quant aux autres puissances, le gouvernement français avait compris que, dans la question de. l’expédition d'Afrique, il pouvait avoir pour lui les États-Unis d'Amérique ; les marines secondaires de l’Europe, intéressées à l’anéantissement de la piraterie, et qui nous autorisèrent, dès nos premières ouvertures, à passer des contrats avec leurs marines marchandes pour le transport de nos troupes en Afrique; les grandes puissances continentales, satisfaites de voir l’activité de notre politique entrer dans les voies maritimes et coloniales '. Il
À En 1841, une discussion s'étant élevée dans les Chambres sur les engagéments diplomatiques pris par la Restauration au sujet d'Alger, M. le duc de Valmy fit paraître dans les journaux un discours rempli de citations empruntées aux documents originaux, qu’il n'avait pas pu prononcer dans la séance de la veille. Deux membres du ministère du 8 août 1829 . le baron d’Haussez et M. de Guernon-Ranville, publièrent presque en même temps, dans le journal /4 France, numéro du 21 mai 1841, des documents authentiques, en les faisant précéder des lignes suivantes :
« Qu'il soit permis à deux membres du rministère qui ont eu l’insigne honneur de s'associer à la pensée de Charles X, dans cette brillante affaire d'Alger, de rapporter quelques faits qui ne seront pas sans inlérêt pour l'histoire. Tous deux s'étaient, à l'insu l’un de l’autre, imposé la tâche de noter, jour par jour, les délibérations du conseil et les événements de quelque gravité. Les pages où les faits se trouvent consignés avec plus ou moins de détails, selon leur degré d'importance, mais toujours avec la plus scrupuleuse exactitude, pourraient être communiquées, et leur ensemble, leurs formes extérieures, ne laisseraient aucun doute sur leur sincérité, »
Nous avons confronté ces documents avec les papiers politiques du baron d’Haussez, les papiers et correspondances communiqués par la famille
avait aperçu non moins clairement, dès le principe, qu'il avait contre lui l'Angleterre, alarmée par le projet d’une expédition française en Afrique.
Cette conviction motivée devint le mobile de toute sa politique. À l’origine, elle consista à opposer les sentiments sympathiques des États-Unis et de toutes les puissances chrétiennes au mauvais vouloir de l'Angleterre et, dans la suite, à faire de la question d’Afrique une question de politique générale et chrétienne, pour éviter de la laisser dégénérer en une question d'intérêt personnel entre la France et l'Angleterre.
De là ces mots de politique chrétienne, de question de civilisation chrétienne, de puissances chrétiennes, qui reviennent dans toutes les notes diplomatiques. Les organes de l'opposition de ce temps accusèrent le gouvernement du roi Charles X d’avoir voulu faire de la guerre d’Alger une guerre religieuse. Ils ne comprirent pas que, à l’aide des termes adoptés, on introduisait dans la question les États-Unis qu'on avait intérêt à y faire entrer, et qu’on en excluait la Turquie dont la présence eût été un grand embarras ; tandis que, si l’on s'était adressé aux puissances européennes, les États-Unis seraient restés en dehors, et la Turquie eût été nécessairement admise.
À l’époque où le gouvernement français négociait avec Méhémet-Ali, pacha d'Égypte, pour qu'il se chargeñt de diriger une expédition contre la régence d'Alger, c’est-à-dire vers la fin de 1829, il avait trouvé l'Angleterre en travers de sa politique. Le gouvernement anglais fit entendre au duc de
du maréchal de Bourmont, et nous avons en vutré exercé un dernier contrôle sur les pièces diplomaliques, en consultant les archives et les souvenirs d'hommes qui occupaient alors lé rang le plus élevé au ministère affaires étrangères. (est le résultat de ce travail que nous offrons au ecteur.
Laval, notre ambassadeur à Londres, « que l'Angleterre considérerait comme irrégulière et menaçante pour la Porte l'alliance conclue par un de ses sujets avec une puissance étrangère ; qu'elle n’approuvait pas la France d'étendre sa vengeance aux Régences de Tunis et de Tripoli, et qu'elle l'engageait à se charger de vider elle-même son différend {, »
Le cabinet français, qui s'attendait à cette opposition, y répondit par une fin de non-recevoir, exprimée dans les termes les plus catégoriques. Le prince de Polignac écrivait au duc de Laval à la date du 25 janvier 1830 :
« Sa Majesté n'a pas demandé à ses alliés leurs conseils, mais leur appui, dans la poursuite d’un projet dont l'exécution est trop avancée et qui est, d’ailleurs, trop favorable aux intérêts de la chrétienté pour qu'il puisse être abandonné. Le roi à accueilli avec reconnaissance l'assistance de ceux qui ont bien voulu la lui accorder ; il remettra à une occasion plus favorable à recevoir, les preuves de la bonne volonté des autres. La mesure dans laquelle 1l veut se tenir est celle de l'absolue liberté qu'il convient à un grand État de conserver dans toutes les occasions ?. »
L’Angleterre, prévoyant que ses efforts auprès du cabinet français n'aboutiraient pas, prit un biais : elle intimida le pacha d'Égypte et, par ses insinuations comminatoires, l'amena à rompre le traité, déjà plusieurs fois modifié. Ge fut alors que le roi Charles X, prenant au mot le conseil de l’Angleterre, résolut de conquérir Alger en employont exclusivement les forces de la France, sauf à laisser au pacha d'Égypte le soin de réduire Tunis et Tripoli. Mais, averti par une première expérience du mauvais vouloir du cabinet anglais, le gouvernement français comprit plus que jamais l’utilité d’im-
Dépêche de l’ambassadeur de France à Londres, du 24 janvier 1830. Dépêche du ministre des affaires étrangères à l'ambassadeur de France à Londres, du 25 au 30 janvier.
primer à l'expédition d'Afrique le caractère d’une satisfaction donnée aux intérêts généraux de la chrétienté tout entière, de manière à créer en faveur de cette expédition une opinion générale qui püt tenir en échec la malveillance prévue du gouvernement britannique. Il résolut donc de faire sortir la question d'Alger du cercle diplomatique des cinq grandes puissances, dans lequel se traitaient les affaires générales de l'Europe depuis 1814 et 1815, et il appela toutes les puissances chrétiennes, y compris les États-Unis, à délibérer en commun, et pour ainsi dire en publie, comme devait le dire plus tard une dépêche, sur cette grande question. |
C'est pour cela que, dès le 4 février 1850, le cabinet des Tuileries envoya à toutes les puissances chrétiennes, grandes ou petites, une note où la politique de la France était ainsi résumée : ( Le but de l’entreprise est la destruction de l’esclavage, de la piraterie et des tributs sur toute la côte d'Afrique ; la sécurité de la navigation de la Méditerranée à rétablir ; le besoin de rendre le rivage méridional de cette mer à la production, à la civilisation, au commerce, à la hbre fréquentation de toutes les nations. Heureuse et fière d'avoir à accomplir cette noble tâche et de pouvoir contribuer ainsi au progrès de la civilisation et au bien-être de tous les peuples, la France recevra avec plaisir l'expression des sentiments que son entreprise fera éprouver aux autres nations. »
Les puissances riveraines de la Méditerranée s’expliquèrent de manière à permettre au gouvernement français de compter sur leur adhésion, dans le cas où des conférences viendraient à s'ouvrir pour la solution des affaires d'Afrique. C'est ainsi que s'explique la nouvelle note envoyée sous forme de circulaire, le 12 mars 1850, à tous les cabinets de la chrétienté.
Deux jours avant l’envoi de cette note, à la date du 10 mars 4830, M. de Guernon-Ranville, mimistre de l'instruction