‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 59 sur 128 · OPPOSITION DE L’ANGLETERRE · texte numérisé non relu

OPPOSITION DE L’ANGLETERRE

publique, écrivait, dans le journal qu'il tenait des séances du conseil, les détails suivants, entièrement conformes à ceux qui sont contenus dans le journal du baron d'Haussez, ministre de la marine : « Dans le conseil de ce jour, le prince de Polignac a rendu compte au roi d’une communication que lui a faite l'ambassadeur d'Angleterre, au nom de son gouvernement. [l parait que nos préparatifs pour l'expédition d'Alger intriguent fort le ministère anglais; ces préparatifs lui semblent trop considérables pour ne tendre qu'au simple châtiment du dey; il soupçonne des intentions conquérantes et demande des explications précises à cet égard.

« Le roi a ordonné de répondre :

(Qu'il n’est guidé par aucune vue d’ambition personnelle; que le pavillon français a été insulté et qu’il saura le venger, comme il convient à l'honneur de son peuple ; que si, dans la lutte, le gouvernement actuel venait à être renversé, il s’entendrait volontiers avec ses alliés sur les moyens de substituer à ce gouvernement barbare un nouvel ordre de choses, plus approprié aux progrès de la civilisation et aux véritables intérêts de la chrétienté ; mais qu’à cet égard il n’entend prendre aucun engagement contraire à la dignité de la France. »

La note du 12 mars fut rédigée dans ce sens et, pour demeurer fidèle à la pensée que le gouvernement de Charles X avait adoptée de s'assurer le concours moral de toutes les puissances chrétiennes et, en même temps, pour éviter Jusqu’à l'apparence d’une concession aux exigences de l’Angleterre, il fut arrêté que les explications relatives à cette affaire seraient adressées, sous la forme d’une circulaire diplomatique, à tousles cabinets de la chrétienté. Dès lors ce n’était que la reconnaissance, formellement énoncée, du droit naturel qu'ont tous les cabinets de présenter des observations,

lorsqu'un gouvernement voisin commence une entreprise de 16,

nature à augmenter sa puissance ou à agrandir son lerritoire, sans qu’on pût en induire aucun engagement spécial envers le cabinet de Londres.

La note du 12 mars 1830! est ainsi rapportée dans les Recueils des traités de Martens :

Le Prince de Polignac au duc de Laval.

« MonSIEÔR LE DUC,

« Lorsque nous avons confié à nos alliés quelle était la destination des armements qui se préparaient dans les ports de France, nous nous sommes exprimés sur les résultats qu'ils pouvaient amener, avec une réserve qui nous paraissait être commandée par l’incertitude des chances de la guerre. Plusieurs cabinets nous ayant invités à leur indiquer d’une manière plus précise le but que nous nous proposions d’atteindre dans notre expédition contre la régence d’Alger, Sa Majesté se plait à répondre, autant qu'il dépend d'elle, à ce désir, et elle m’autorise à leur donner les explications suivantes :

€ L'insulte publique que le dey a faite à notre consul a été la cause immédiate d’une rupture, que de nombreuses infractions aux traités, la violation des droits qu'une possession de plusieurs siècles avait consacrés, la lésion d'intérêts importants et précieux, ne justifiaient d’ailleurs que trop.

C Obtenir une satisfaction pour l'insulte faite à un de ses agents, une réparation légitime des préjudices éprouvés par la France et l’accomplissement des engagements que le dey se

4 Cette note, que nous transerivons d’après le Recueil des traités de Martens, fut envoyée à tous les ambassadeurs français, sauf une variante

à cette phrase : « Vous pourrez, monsieur le duc, les adresser au gouver= nement de Sa Majesté Britannique, »5

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