‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 64 sur 128 · DERNIÈRES NOTES DIPLOMATIQUES · texte numérisé non relu

DERNIÈRES NOTES DIPLOMATIQUES

Vous voudrez bien, monsieur le duc, en adresser particulièrement l'invitation à lord Aberdeen et, si ce ministre le désire, vous pourrez lui laisser une copie de la présente dépêche. »

La conduite diplomatique du gouvernement français demeurait invariable, Ce qu'il offrait le 4 février 1830, au début des préparatifs, l'entente européenne, le concert de la France avec toutes les puissances sur les moyens de réaliser la pensée chrétienne et civilisatrice qui était un des deux buts de l'expédition française, 1l l’offrait encore le 12 mai de la même année, au moment où la flotte mettait à la voile. Rien de plus, rien de moins. Il ajoutait seulement, déclaration grave, que le roi était fermement résolu à ne pas poser les armes, à ne pas rappeler ses troupes d'Alger tant que le but national aussi bien que le but général de l'expédition ne serait pas réalisé, par le redressement de nos griefs, le rétablissement de nos droits, le payement d’une mdemnité de guerre. Ce qui annonçait à l'avance, à tous les cabinets, nonseulement une expédition, mais une occupation dont la France se réservait de fixer seule la durée. Enfin, et c’est le mot le plus décisif, 1l déclarait à la chrétienté tout entière, et à l'Angleterre elle-même, qui n'avait cessé de vouloir le lier par des engagements, qu'il entrerait dans les conférences, s'il s'en ouvrait, libre de tout engagement antérieur.

L'Angleterre le comprit ainsi. Le 17 mai 1830, notre ambassadeur à Londres, M. le duc de Laval, transmettait au gouvernement du roi Charles X la première réponse faite par ‘les ministres anglais à la circulaire du 12 mai : « Toutes les protestations de désintéressement, avaient-ils dit, disparais-sent devant un système qui, sous prétexte d'indemnité, admet toutes les chances d’envahissement et de conquête, et arrive à une occupation indéfinie des pays envahis, en leur imposant le payement de charges supérieures à leurs ressources.

C’est une imitation de la politique russe. Nous n'ignorons pas que l'esprit d’ambition et de conquête est en France un sentiment naturel, réveillé avec une nouvelle ardeur, et que le gouvernement, de quelque couleur qu'il soit et qu'il puisse devenir, sera forcé de céder à une impulsion si générale et si impérieuse, »

Quelques Jours après, pendant que notre flotte voguait déjà vers l'Afrique, le cabinet anglais envoya au cabinet français une nouvelle note, dans laquelle il cherchait à établir le droit de suzeraineté de la Porte sur la Régence d'Alger, et « appelait la plus sérieuse attention du cabinet français sur la nécessité où 1l était de respecter ce droit. » C'était une mise en demeure, Le prince de Polignac, qui commençait à perdre patience, l’écarta par ce simple et laconique billet : « Le soussigné a l’honneur d’accuser réception à Son Excellence de la note qu’elle a bien voulu lui faire passer, en réponse aux communications que la France avait faites à l'Angleterre, ainsi qu'aux autres puissances alliées, relativement aux affaires d'Alger. Ces communications ne demandent aucun nouveau développement; le soussigné ne peut que s’y réfé- TOR |

On trouve dans ce simple exposé des communications diplomatiques la preuve et la contre-preuve que le gouvernement du roi Charles X n’avait voulu prendre aucun engagement envers l’Angleterre au sujet de la question d'Alger. La preuve en est dans la diplomatie française, où l’on ne rencontre pas la trace d’une promesse ; la contre-preuve dans la diplomatie anglaise, qui se plaint de n'obtenir aucune des promesses qu'elle me,

L’habileté du gouvernement français consista à ne s'engager

1 La copie de ce billet se trouve dans la dépêche ministérielle du 11 juin 180.

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