DÉPART DE TOULON, NAVIGATION, DÉBARQUEMENT
Au moment où l'expédition française se préparait à mettre à la voile, on peut dire qu'il y avait deux centres d’activité, deux esprits en France.
Tandis qu’à Paris et dans tous les départements du Centre, de l'Est et du Nord, la lutte ouverte entre la prérogative royale et la prérogative parlementaire absorbait exclusivement l'attention publique, à mesure qu'on se rapprochait de Tou- Jon en particulier, et en général du littoral de la Méditerranée, on se trouvait entraîné dans le courant des idées qui se portaient vers l'Afrique. I n’y avait à qu’une question ouverte, qu'un sujet de conversation, Alger. Quand partiraiton? Combien durerait la traversée ? Quel jour descendrait-on sur le littoral algérien? Tels étaient les seuls objets de la préoccupation : on ne doutait pas de la victoire.
L'élan était le même parmi les troupes et dans la population. Pour la population méridionale, les Barbaresques étaient des ennemis personnels. C'était sa longue injure qu’on allait venger, ainsi que les douloureuses avanies subies par les générations précédentes. La foi catholique, si vive dans ces contrées, donnait une nouvelle intensité à ce sentiment, qui s’exaltait jusqu’à l'enthousiasme. Dans l’armée fatiguée d’une longue paix, on saluait l'expédition d'Afrique comme une glorieuse chance de combats, de périls, de triomphes, de faits d'armes héroïques, de fortunes militaires. La France, comme l'a dit Chateaubriand, est un soldat qui se réveille au bruit de la trompette. Cet esprit belliqueux s'était réveillé à la nouvelle de l'expédition d'Afrique. Le renom d'imprenable si longtemps mérité par Alger, le lointain mystérieux dans lequel on apercevait ces rivages mal connus, là différence des climats, des mœurs, des races, des productions du sol, devenaient un attrait de plus pour la curiosité belliqueuse des soldats français, qui allaient chercher des champs de bataille sur cette terre où tout paraissait nouveau et merveilleux. On savait qu'on trouverait un genre de guerre en dehors des habitudes européennes, des nuées de cavaliers rapides, des tribus intrépides mais indisciplinées, des chameaux, des sables, et les vives imaginations des jeunes marins et des jeunes officiers leur promettaient, sur cette terre d'Orient toute peuplée de prestiges, des surprises au-dessous desquelles, comme il arrive toujours, devait rester la réalité.
L'empressement avait été grand pour entrer dans l’armée expéditionnaire, et l'exemple était parti de haut. Le général en chef emmenait quatre de ses fils avec lui, comme s'il avait voulu offrir à la fois tout son sang’ au roi et à la France. Souvenir touchant des croisades, où des familles entières prenaient la croix pour délivrer le saint tombeau! Un seul restait au foyer, un valeureux enfant, querellant son âge qui
l'empêchait de se Joindre à ses frères, comme s’il prévoyait que, réservé à une mort prématurée, il ne retrouverait plus l'occasion de mourir les armes à la main pour son roi et son pays ‘.
Les jeunes héritiers des plus grandes familles de France avaient brigué l’honneur de figurer dans les rangs de l’armée, afin d'aller chercher én Afrique ce baptême du feu qui sied si bien aux rejetons des races militaires. L’état-major général, grossi par les demandes adressées de toutes parts au roi, contenait beaucoup de ces grands noms, à côté d’autres noms à qui le passé avait déjà donné une auréole de gloire ou qui devaient en trouver une dans l'avenir. Là figuraient le colonel Juchereau de Saint-Denys, qui avait donné d’utiles renseignements pour l'expédition ; le lieutenant-colonel Auvray; les chefs de bataillon L'Herminier, de Montlivault, Fernel, Perrin- Sollier, de Ligniville, Boyer, Chapelié, Pélissier, Berger, de Maussion, qui formaient l'état-major proprement dit. Les officiers à la suite du quartier général étaient MM. de Bartillat, colonel ; de Carnet, chef de bataillon; le prince de Chalais, MM. de Bellevue, de Béthisy, de Noailles, lieutenants. Le commandant en chef avait deux aides de camp, le capitaine de .Trélan et le capitaine de Bourmont, aîné de ses fils; cinq officiers d'ordonnances : MM. de la Myre et d’Artel, capitaines ; MM. d’Ault-Dumesnil, de Maillé, de Biencourt, lieutenants. Le lieutenant général Després, chef d'état-major, avait deux aides de camp, M. de Moncarville, chef de bataillon, et M. Minangoy, capitaine, et un officier d'ordonnance, M. de Trelo, lieutenant. Le maréchal de camp Tolozé avait pour aides de camp le capitaine Sol et le lieutenant Bernard,
Ceux qui n'avaient pu trouver place dans l'état-major gé-
1 Le comte César de Bourmont, mort depuis plusieurs années, encore à la fleur de l’âge,
néral avaient cherché à se faire agréer comme aides de camp ou officiers d'état-major ou d'ordonnance par les chefs de corps : MM. de Béarn, de Vogüé, de Surineau, de Saint-Mars, de Rougé, de Lorge, de Fezensac, Barchou de Penhoen, de Tourzel, de Tamnay, de Labouère, de Laverdine, de Sainte- Foy, de Foucault, étaient dans ce cas.
Les vieux soldats de l’Empire avaient, on l’a vu, ardemment sollicité la faveur de reprendre leur épée pour avoir part à cette guerre. Le général Berthezène, un des demeurants de Waterloo, recut avec bonheur le commandement d’une division, Le maréchal de camp Poret de Morvan, autre débris des guerres impériales, mit une si vive insistance pour faire partie de l’expédition, que le général en chef, touché de ses sollicitations, lui confia, on l’a dit, une brigade. Parmi les officiers de cette catégorie, plusieurs devaient voir se rouvrir dans le courant de la campagne les blessures reçues à Wagram ou à Austerlitz!, et d’autres rajeunir par des blessures nouvelles leurs vieilles cicatrices. En même’temps, tous les officiers et tous les sous-officiers d'avenir demandaient à prendre part, sous quelque titre que ce fût, à cette grande entreprise. Ils étaient ravis de pouvoir dater de la campagne d’Alger leur carrière mihtaire. Un grand nombre d'entre eux ne soupçonnaient pas que leur première campagne serait en même temps la dernière : martyrs résignés, comme l’a écrit un auteur contemporain, de la religion du drapeau ?.
De ces aspirations multiples était sortie cette belle armée, formée à dessein d’un métal d’alliage qui, sous le feu, devait acquérir une forte unité, et dans les rangs de laquelle tout respirait la confiance, l’activité, la bravoure et l'honneur.
! Nous avons trouvé dans la correspondance du maréchal de Bourmont plusieurs demandes de congés motivés sur des accidents de ce genre.
? Alfred de Vigny, dans Grandeur et Servitude militaire.
Les puissances étrangères avaient presque toutes désiré que leurs armées fussent représentées dans l’armée expéditionnaire, et chaque gouvernement avait choisi pour cette honorable mission ses plus brillants officiers. Ce désir, accueilli avec empressement par le gouvernement français, conservait à la guerre le caractère européen qu'il avait voulu lui donner. Le commandant en chef recevait successivement des lettres des ambassadeurs qui, après avoir obtenu l'agrément du roi, accréditaient auprès de lui ceux dont leur gouvernement avait fut choix.
Le 13 mai 1830, le comte Pozzo di Borgo, ambassadeur de Russie, écrivait au commandant en chef une lettre qui contenait les passages suivants : « L'empereur a désiré qu'un officier de son armée pût être admis en qualité de volontaire à l'expédition dont Votre Excellence a le commandement, et le roi a bien voulu accorder à son ami et allié cette faveur. À la suite de cette entente réciproque, Sa Majesté impériale a nommé le colonel du génie Filosoloff, accompagné du lieutenant Doubensky, pour remplir une si honorable mission. M. de Filosoloff se fera un devoir de mériter l'estime et la bienveillance de Votre Excellence. Il sait que ce n’est qu'à cette condition qu'il pourra obtenir l'approbation de l’empereur. Permettez-moi, monsieur le comte, de réunir aux vœux les plus sincères pour le succès de l’expédition que le roi à confiée à votre fidélité et à vos talents, les sentiments, » etc.
L’Autriche était dignement représentée par le prince Frédéric de Schwartzenberg, major au régiment des chevau-légers de Hohenzollern et fils du feld-maréchal de ce nom.
Un des officiers anglais embarqués sur le bord de lord Exmouth, dans l'expédition de 1816, le capitaine Mansell,
1 Documents et correspondances communiqués par la famille du maréchal de Bourmont,
avait sollicité du baron d’Haussez l’autorisation de faire la campagne d'Alger en qualité de volontaire, à bord d’un des bâtiments du roi. Il avait essuyé un refus assez vif qu'expliquait l’état des relations des deux pays. Sans se tenir pour battu, il insista en représentant qu'il n'y avait pas d'exemple d’une expédition tentée contre Alger sans qu’un Mansell en prit sa part. Le baron d'Haussez maintint encore son refus et dit qu'on n'avait pas besoin d'Anglais pour prendre Alger; mais le capilaine Mansell déclara qu'il fréterait plutôt un canot pour accompagner la flotte que de ne point coopérer à l’entreprise. Alors le ministre lui répondit d’un ton entre l’impatience et l'intérêt qu'excitait naturellement une si vive insistance, que s’il trouvait quelqu'un qui voulût le recevoir à son bord, il ne s'y opposerait pas. Le commandant Villeneuve reçut à bord de la Didon ce brillant volontaire.
L'Espagne avait voulu aussi que quelques-uns de ses officiers ficurassent dans notre état-major, et M. le vicomte de Saint-Priest, alors ambassadeur de France en Espagne, écrivait au commandant en chef, à la date du 28 mai 1830 : « La lettre que j'ai l'honneur de vous adresser sera présentée à Votre Excellence par le colonel espagnol don Joseph Guerrero de Torres, directeur d'artillerie, que Sa Majesté Catholique a désigné pour conduire à l'expédition d'Alger ceux des officiers de ses armées qui doivent avec lui remplir l'honorable mission à laquelle le roi notre maître a déjà donné son approbation. Ces officiers sont don Antonio Lasanca, colonel du gémie : don Joachim Villalonga, chef de bataillon de la garde royale; don Manuel Soria, commandant du régiment d'infanterie de Cordoue ; le comte de Mirasol, capitaine de la garde royale. Le roi d'Espagne désire que je vous recommande ces officiers, afin que Votre Excellence veuille bien, en outre, les employer aux occupations qu'elle jugera leur convenir. Il m'est agréable d’avoir à vous exprimer les intentions de Sa Majesté Catho-
lique. Vous y verrez une nouvelle preuve du concours loyal et empressé avec lequel ce monarque et son gouvernement favorisent l'expédition généreuse et toute chrétienne dont le roi vous à confié le commandement. Le choix que le cabinet espagnol a fait du colonel Guerrero et des officiers qui l’accompagnent rend de ma part toute recommandation superflue auprès de Votre Excellence qui, d'elle-même, leur accordera l'accueil et la confiance que leur mérite l'honneur d'appartenir au corps des officiers espagnols et d'être, en quelque sorte, appelés à le représenter dans cette mémorable circonstance !. »
Dans une autre iettre, d’un caractère plus intime, M. le vicomte de Samt-Priest écrivait au comte de Bourmont pour lui recommander le comte de la Porterie, alors au service de l'Espagne : « M. le comte de la Porterie, dont le cœur est tout français, disat-1l, et dont l’âge n’a point diminué l’activité, se félicite de pouvoir être témom de la noble et glorieuse entreprise dont le roi a confié la direction à Votre Excellence, et qui nous promet de si beaux résultats ; j'ose espérer qu'il sera accu@ilh avec bienveillance par ses anciens compagnons d'armes, et que vos bontés lui seront assurées d'avance ; un ancien serviteur des Bourbons comme Jui ne saurait manquer de les éprouver. »
Le commandant en chef recevait des demandes analogues de Toscane, en faveur du chevalier Mazzi, par l'intermédiaire du vicomte de la Noue, chargé d’affaires du roi.
Il semblait que toutes les nations chrétiennes riveraines de la Méditerranée, qui avaient eu à souffrir des pirateries d'Alger, envoyassent des témoins pour assister à son châtiment et à sa chute.
! Documents et correspondances communiqués par la famille du maréchal de Bourmont,
Comme à l’époque de la campagne d'Égypte, un assez grand nombre d'artistes, enflammés du désir d'explorer à la suite de l’armée une contrée peu connue, avaient demandé à faire partie de l’expédition. On remarquait parmi eux le colonel Langlois, peintre d'histoire, et MM. Gudin et Isabey.
L'embarquement des troupes par divisions commença le IT mat 1830. Le comte de Bourmont pressait vivement le vice-anural Duperré, parce qu'il espérait investir Alger avant l'époque fixée pour le payement du tribut par le bey de Constantine, ce qui aurait permis à celui-ci de ne pas joindre ses troupes à l’armée du dey, dont les forces auraient été ainsi dimmuées. Le vice-amiral Duperré motivait ainsi, dans une lettre adressée le 14 mai 1830 au ministre de la marine, les retards qu'éprouvait l’embarquement : « Le mauvais temps, disait-il, continue, il est fort animé ; c’est peut-être la fin du temps variable du printemps ; mais la prudence commande de le laisser passer. Il faut que l'été s'établisse; une précipitation inopportune compromettrait tout. Il s’agit bien moins d'arriver vite que d'arriver à point. Avec du beau temps, l'opération peut avoir lieu le jour même ou le lendemam de l’arrivée. En voulant devancer le beau temps de vingt-quatre heures, on courrait le risque de faire disperser la flotte, d’en séparer au moins une partie des éléments utiles, sans lesquels on ne pourra agir, Sans attribuer précisément une influence à la lune sur le temps, au moins l'expérience at-elle fait reconnaitre en marine que telle ou telle lune est mauvaise, et que celle qui commence avec du beau temps en garantit presque toujours la continuité. Un point de la plus haute importance pour le succès des opérations, et qui n'est ni systématique, n1 incertain, c'est qu'en arrivant à l’époque où la lune sera pleine, ou du moins après son premier quartier, on aura l'immense avantage d'opérer de nuit comme de jour. Rien
n'engage et tout au contraire commande de ne pas compromettre, par un départ précipité, les avantages de cette circonstance. Tout marin portera le même jugement. Ainsi donc, monseigneur, nous ne gagnons rien à tout vouloir hâter. On ne maîtrise point les éléments. J'ai à cœur, autant et peutêtre plus que personne, puisque je suis en tête des parties intéressées, de ne pas laisser échapper le moment favorable. La hâte serait une faute immense t. »
Le caractère dont devait être marquée la conduite du commandant en chef de l'armée navale est indiqué dans cette lettre. C’est la lenteur circonspecte de l’expérience qui craint de laisser quelque chose au hasard. Il y a sans doute de La sagesse et de la prudence dans la circonspection ; mais, s’il y a des périls dans la hâte, il peut y en avoir aussi dans les atermoiements.
Le 11 mai 1830, à midi, deux brigades de la première division étaient embarquées : l'embarquement eut lieu aux cris de : Vive Le roi! « Jamais, écrivait le commandant en chef de l'armée dans un rapport au ministre de ja guerre par intérim, acclamations ne furent plus spontanées. C'est la plus éloquente réponse que l’on puisse opposer aux déclamations de l'esprit de parti. Si l’enthousiasme des troupes est la meilleure garantie du succès, il n’y eut jamais d’espérances mieux fondées que les nôtres ?. »
Le général Després tenait, dans ses lettres intimes, le même langage que le comte de Bourmont dans ses lettres officielles. Il écrivait, à la date du 19 mai 1850, au marquis de Clermont-Tonnerre : « Nos soldats ont fait éclater, en s’embarquant, un enthousiasme difficile à pendre. Cela m'a vivement
1 Lettre du vice-amiral Duperré au ministre de la marine: Vie dé l'amiral Duperré, par Chasseriau, son chef de cabinet, Pièces justificalives, page 431.
? Rapports du commandant en chef.
ému, Clouet pleurait en entendant leurs cris de joie. Nous aurions voulu que vous fussiez Bt. »
On fut obligé de suspendre lopération après midi, parce que le vent devenait plus fort. La troisième brigade fut embar quée le lendemain 12 mai. Le même jour, le Nestor, le Superbe et l’Aréthuse, les seuls bâtiments de l'Océan qui ne fussent point encore dans la rade de Toulon, arrivèrent. L'armée d'expédition était désormais assurée de ne laisser aucun détachement en arrière. Le 13 mai, les troupes de la seconde division, arrivées de bonne heure de la ville, commençaient à s’embarquer à la pointe du jour et, à dix heures du matin, l'opération était achevée.
Le mauvais temps, qui fut contmuel pendant trente-six heures, suspendit l’embarquement. « M. le général en chef, sur la demande du commandant de l’armée navale, écrivait le lieutenant général Després dans son rapport du 15 mai 1830, a décidé que la troisième division ne s'embarquerait que demain 16. M. l'amiral prétend que les embarcations de la flottille ont éprouvé de fortes avaries, et que trois jours au moins sont nécessaires pour leur réparation. Ce n'est point la seule cause d’un retard dont l’armée attend le terme avec une si vive impatience. Des câbles de fer, expédiés d'Angleterre, ont été chargés sur un bâtiment mauvais marcheur. Ce bâtiment est à Marseille, où des vents contraires l'ont retenu. Un bateau à vapeur est parti pour le remorquer. Toutefois 1l est vraisemblable que deux jours s’écouleront avant que les câbles soient arrivés à leur destination. Le même temps sera nécessaire pour les répartir. Ainsi on a lieu de craindre que l'armée navale ne soit pas sous voile le 17. » C'était presque le même Jour que, trente-deux ans auparavant, la flotte française partait pour l'expédition d'Égypte, sous les ordres du
! Lettres et documents communiqués par M. le duc de Clermont-Tonnerre.
sénéral Bonaparte. Ainsi s’éveillent, comme des échos, dans nos annales, les dates de gloire.
Le 16 mai, on procédait à l’embarquement de la troisième division d'infanterie et de ce qui restait encore à terre des troupes du gémie et de l’artillerie. « Les troupes s’embarquent Loujours avec la même allégresse, dit la correspondance officelle, où nous retrouvons notés, jour par jour, les incidents et les vicissitudes de l’embarquement. Un soldat du 30° de ligne à fait sur l'expédition une chanson que ses camarades ont chantée en chœur en quittant le rivage. »
Le 17 mai, le vent, qui avait été pendant tout l'embarquement au sud-est, continuait à souffler dans la même direction, ce” qui rendait la sortie de la flotte impossible; toutes les troupes et tous les chevaux étaient embarqués.
Une dermière dépêche, datée de Toulon et partie de cette ville le 18 mai, avertissait le ministre de la guerre que le jour même les états-majors de terre et de mer allaient monter à bord et que l'on n’attendait plus qu’une brise favorable pour mettre à la voile. « Le vent est ouest-nord-ouest, ajoutait-on ; mais il faudrait qu'il soufflât avec plus de force pour qu'une flotte aussi nombreuse püt sortir de la rade en peu de temps. »
Le 18 mai 1830, en effet, le vice-anural Duperré, montant avec le général comte de Bourmont à bord de la Provence, adressa l'ordre du jour suivant à l’armée navale :