COMBAT DE SIDI-KALEF
combat du 49 juin, un front très-étendu, mais en marchant avec moins d'ordre encore. Toutes les dispositions avaient été prises par le général en chef pour un mouvement offensif qui, succédant à l'attaque de l'ennemi aussitôt qu’il serait repoussé, devait lui faire perdre deux lieues de terrain, et M. de Bourmont s'était porté lui-même aux avant-postes pour diriger ce mouvement.
L'attaque tentée contre nos avant-postes fut repoussée en un instant. Le général Berthezène, qui avait recu l’ordre de marcher en avant, suivit vivement l’ennemi avec la première division. La brigade Danrémont, de la deuxième division, prit part à ce mouvement. Une batterie de campagne marchait avec nos troupes, et un escadron de chasseurs, dont les chevaux venaient d’être débarqués, suivait l'infanterie pour charger au besoin. L’ennemi traversa en courant la plaine qui se trouve en avant de Staouéli, et ne s'arrêta qu'à une lieue de là, sur les hauteurs qui se lient au mont Boudjaréa et aux collines d'Alger. Au bout de cette plaine, d’une étendue d’à peu près 5,000 mètres, le Sahel s'arrête, et le Fhas commence. Le général en chef, remarquant que le pays changeait d’aspect, que les mouvements de terrain prenaient un caractère plus prononcé, résolut de profiter de l’entrain de ses troupes pour traverser rapidement ce pays de chicane, coupé de ravins et boisé, qui aurait) pu être facilement défendu par un ennemi moins découragé. Il lança donc vivement la division Berthezène et la brigade Danrémont au milieu des haies, des vignes, des habitations qui font de cette contrée comme le jardin d'Alger, car à commence le massif des montagnes sur lesquelles sont situées cette ville et ses maisons de campagne.
La première division ne rencontra point de résistance sérieuse et atteignit rapidement la ligne extrème des vergers sur laquelle elle devait s’arrèter, parce que là on arrive à un
terrain découvert qui naît avec les premiers coteaux du massif du Boudjaréa. La brigade Danrémont eut à surmonter de plus grandes difficultés de terrain et une résistance plus.obstinée. Il lui fallut traverser un ravi profond, des positions boisées, tantôt en tirallant, tantôt en attaquant la milice turque à la baïonnette. C'est là que devait tomber un jeune officier de grande espérance. Un des quatre fils du général en chef, Amédée de Bourmont, lieutenant de grenadiers au 49° de ligne, venait de faire observer à son colonel! que des voltigeurs avaient continuellement donné depuis l'ouverture de la campagne, et de réclamer ‘un tour de faveur au feu pour ses grenadiers. Le moment vint de satisfaire cette généreuse impatience, On était à la fin de la journée; le général Danrémont, commandant la brigade détachée de la seconde division, et opérant sur la droite de la brigade Poret de Morvan, avait successivement enlevé, avec le 49° de ligne, les positions assez fortes que l'ennemi occupait sur sa gauche, en laissant le 6° en réserve sur sa droite, menacée par un nombreux parti de Bédouins. On était arrivé en face de Dely- Ibrahim, « Pour éviter un tiraillement qui nous fait perdre du monde, beaucoup de munitions, et fait contracter de mauvaises habitudes aux troupes, dit ce général ?, auquel nous laissons la parole, j'ai donné l’ordre au 49° de se former en colonnes par bataillon, et d’enlever, l'arme au bras, la dernière de ces positions couronnées par un nombre considérable de Turcs et d’Arabes qui paraissaient vouloir la défendre avec opinitreté. Ge régiment a parfaitement exécuté ce mouvement, et J'ai beaucoup à me louer des bonnes dispositions
4 M. Magnan, mort récemment maréchal de France et commaridant de l’armée de Paris. |
? Rapport du général de brigade Danrémont au lieutenant général de Loverdo, commandant de la deuxième division, (Documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.)