‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 84 sur 128 · DESCRIPTION DU TERRAIN · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU TERRAIN

née du 27, les généraux Valazé et Lahitte annoncèrent au général en chef que le génie et l'artillerie seraient en mesure pour le 28 juin. Aussitôt le comte de Bourmont se rendit aux avant-postes, conféra avec le lieutenant général des Cars dans la maison crénelée, où était établi le quartier général de la troisième division, et, après avoir longtemps observé les Turcs du haut de la terrasse, 1l donna des ordres pour que le lendemain, à la pointe du jour, l’armée attaquât les positions ennemies. ( Ge fut le 28 juin, vers quatre heures de l’aprèsmidi, dit le duc des Cars, que Son Excellence le général en chef arriva sur notre position. Il annonça que les pièces d’artllerie, les outils du gémie et les moyens de transport nécessaires étaient enfin arrivés, et que la position de l’ennemi serait attaquée le lendemain 29. 11 me donna des instructions sur l'attaque de l'extrême gauche, que j'étais chargé de diriger. La nouvelle de l'attaque pour le lendemain fut reçue avec transport dans nos bivouacs{. »

Le duc des Cars reçut donc l’ordre d'attaquer par la gauche, avec les deux premières brigades de sa division : c’est de ce côté que l'ennemi avait réuni le plus de forces?. L'attaque de la droite fut confiée à la 2° et à la 3° brigade de la division Berthezène ; l'attaque du centre à la 1° et à Ia 3e brigade de la division Loverdo.

Le plan du commandant en chef s'explique de lui-même. I] confiait l'attaque du centre à la division Loverdo, en lui imdiquant comme direction le consulat d’Espagne; l'attaque de droite à la division Berthezène, en lui donnant somme point de direction une ligne passant à droite du même consulat ; l'attaque de gauche à la division des Cars, en fui donnant comme direction le Boudjaréa, L’exécution de ce plan devait avoir pour résultat d’envelopper le fort de l'Empereur, pris à

1 Journal militaire communiqué par M. le duc des Cars.

? Rapport du général en chef. Devant Alger, le 1°* juillet 1850.

gauche par le duc des Cars qui, maître des hauteurs du Boudjaréa, devait en descendre pour l’mvestir au nord-ouest, pris de front par le comte de Loverdo qui, se portant par la grande route (l’ancienne voie romaine) et par un terrain formant plateau et presque chaussée, devait l’investir au midi, pris à droite par le baron Berthezène qui, se. portant par des chemins de traverse dans la direction de l’est, de manière à couper les routes de Constantine et de la Métidjah, c'est-à-dire les communications principales, devait compléter linvestissement au sud-est.

Pour s'expliquer les événements qui vont suivre, 1l faut se souvenir qu'on opérait sur un terrain difficile, tout nouveau; que l'état-major général, dirigé par le lieutenant général Després, savant de premier ordre, mais homme de théorie plutôt que d'application, ne connaissait pas suffisamment et avait peu de temps et peu de moyens d'étudier ce pays occupé d’ailleurs par l'ennemi, et qu’enfin on avait exclusivement pour guide la carte de Boutin, trouvée fautive sur plusieurs points, de sorte qu’on pouvait ne pas lui accorder une confiance absolue, Dans cette contrée où la vue était bornée de tout côté, on n’apercevait du point de départ de l’armée ni le fort de l'Empereur ni Alger, et l'état-major conservait quelques doutes sur la position exacte de ces deux points, comme les faits devaient le prouver plus tard. On avait devant soi des plateaux superposés les uns aux autres et séparés par des ravins profonds, de sorte que les colonnes devaient sans cesse gravir des pentes escarpées et les redescendre, pour se retrouver sur des plateaux voisins les uns des autres à vol d’oiseau, mais séparés par la profondeur des gorges creusées comme des fossés entre ces deux sommets, assez semblables à des citadelles, « Ces positions, dit M. Pélissier{, se rattachaient

! Annales algériennes, t. 1*, p. 55, % édit.

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