Le prince de Schwarzenberg etle chef de bataillon Fernel
? Voici la lettre qu’il adressa au commandant en chef :
« Monseigneur, vous avez été frappé dans vos affections, au milieu de vos succès. Les officiers du régiment que je commande sentent toute l’étendue de la perte que vous avez faite; ils me chargent d’avoir l'honneur de vous l’exprimer. L’excellent jeune homme, le bon officier que nous pleurons avec vous, avait toute notre estime, toute notre amitié ; il en était digne. Il n'avait pas eu besoin, pour être aimé de nous, d’être le fils de notre général en chef; ses bonnes qualités, son instruction, son aménité, sa bravoure, l’avaient placé haut dans l'opinion du corps, aussi le corps tout entier parlage-t-il vos regrets.
« Quant à moi, monseigneur, à qui vous l'avez confié, je suis tout entier à la douleur de n’avoir pas su vous le conserver; mais c’était chose impossible que de modérer au feu une bravoure aussi brillante.
« Puisse l’expression de nos regrets et de notre estime pour le fils que vous pleurez être un adoucissement à votre chagrin!
« J'ai l'honneur, » etc.
les malades etles blessés ; se mettre en rapport avec les divers éléments de la population, les Tures qui restaient à Alger, les Koulouglis, les Maures, les Arabes, les juifs; amener ou préparer la soumission des populations du dehors et, sans. parler du trésor, faire prendre possession des nombreux magasins encombrés de marchandises appartenant au dey.
Il était impossible que, sur un terrain si nouveau et dans la précipitation des premières journées de la conquête, il n’y eût pas quelques méprises et quelques fautes commises. Il y en eut en effet. La défiarice naturelle qu’inspiraient les Turcs aux vainqueurs et la haine qu'ils inspiraient aux populations disposèrent la commission, nommée par le commandant en chef et présidée par le baron Denniée, à composer de Maures et de juifs le conseil municipal qui remplaça l’organisation détruite par le fait de notre victoire. Ce conseil, improvisé le lendemain de l'entrée des Français, qui ne connaissaient ni les hommes ni les lieux, comptait parmi ses membres ceux qui étaient allés au-devant de la nouvelle domination, plutôt que ceux qui avaient une influence acquise sur les populations. Les juifs, qui la veille ‘étaient sous les pieds des musulmans, prirent tout à coup, à cause de leur activité, de leur savoir-faire, de leur docilité empressée, une prépondérance dont plusieurs abusèrent avec les rancunes du passé, et ces vices Inséparables d’une longue servitude, qui devenaient intolérables dans le pouvoir ; les populations indigènes souffrirent particulièrement d’avoir à craindre ceux qu'elles avaient si longtemps méprisés.
IT faut expliquer ici l’ancienne organisation d'Alger, qui croula avec la domination turque . Alger était organisé par catégories d'intérêts. « Chaque métier formait une corpora- Lion qui avait à sa tête un syndic, appelé amin, chargé de sa
? Nous empruntons ces détails aux Annales algériennes de M. E. Pélissier.
police et de ses affaires. Tous les amins étaient placés sous les ordres d’un magistrat appelé cheik-el-belad (chef de la ville). La surveillance-des marchés était confiée à un magistrat nommé moktab, qui avait le droit de taxer les denrées. Peux magistrats étaient chargés de la police générale. Le premier, appelé kiaia (lieutenant), exerçait pendant le jour ; il était chef de la milice urbaine et pouvait être pris parmi les Koulouglis; le second, qui ne pouvait être choisi que parmi les Turcs, exerçait pendant la nuit : on le nommait agha-el-koul. Un fonctionnaire particulier, nommé mexouar, avait la police des maisons de bains et des lieux suspects ; il était en outre chargé de faire exécuter les jugements criminels. Un employé supérieur, appelé amin-el-aïnou, veillait à l'entretien des fontaines, au moyen de revenus affectés à ces sortes d'établissements de première nécessité. Tous ces magistrats étaient sous les ordres immédiats du khaznadji, ministre des finances et de l'intérieur. » |
Cette espèce de gouvernement municipal fut remplacé, tant bien que mal, par la commission mixte qu’on venait d’instituer. Cependant on conserva la corporation des biskiris et celle des moxabites, avec leurs syndics, qui furent nommés par l'autorité française. Les premiers, comme leur nom l’indique, étaient des habitants de Biskara venus à Alger pour y exercer la profession de portefaix et de commissionnaire; ce sont les Savoyards de l'Afrique. Les Mozabites ou Beni-Mozab appartenaient à une tribu du désert, à qui le monopole des bains et des moulins d'Alger fut concédé, au seizième siècle, à l’occasion des services qu’elle rendit aux deys à l’époque de l'expédition de Charles-Quint. M. d'Aubignose, lieutenant général de police, conserva sous ses ordres le mezouar, qui garda une partie de ses attributions et disposa de vingt agents maures.
Cette administration, qui était loin d’inspirer la même ter:
reur que l'administration turque, qui ne connaissait pas; comme elle, le terrain, et qui avait affaire à des populations dont la chute des Turcs avait remué les passions, réussit difficilement et incomplétement à faire régner l'ordre dans Alger. Dans ces premiers moments, la perception des impôts et des droits de douane demeura suspendue.
Cependant on pourvut au plus pressé. Le départ du dey était nécessaire pour convaincre les populations que sa domE nation était tombée sans retour. Ce fut le 7 juillet 1830 qual vint rendre visite au commandant en chef de la Casaubah® L'amiral Duperré avait été invité à cette entrevue, qui eut un caractère touchant. Une compagnie de grenadiers fut ens voyée à Hussein-Pacha comme garde d'honneur, et plusieurs officiers de l'état-major du général en chef allèrent au-devant de lui pour le mener aux portes du palais. La curiosité des assistants était extrême, et quand les tambours battirent aux champs il se fit un silence respectueux. Le dey, si récemment dépouillé de sa puissance, venait, dans son propre palais, visiter son vainqueur, qui, le matin même, avait perdu son fils. Il y avait dans ce spectacle des vicissitudes humaines quelque chose qui remuait profondément les cœurs.
Hussein-Pacha était un homme d'environ soixante-cinq ans: Sa taille était petite, ses formes musculeuses ; sa figure avait ce caractère de dignité que donne l'habitude du commandes ment. Il portait un costume d’une simplicité élégante : Je burnous des Arabes jeté négligemment sur ses épaules, et pour coiffure un cachemire cramoisi contourné en turbans Son cortége se composait de Turcs et de Maures de distimcs ton. Il s’avança avec noblesse au-devant du général en chef, qui fit quelques pas à sa rencontre. Ses manières respiraient cette dignité résignée qui sied au malheur. L’entrevue lu amicale. Le dey demanda à être transporté à Livourne avec une suite qui se composait de cent et quelques personnes:
M. de Bourmont lui dit qu’une frégate allait être mise à sa disposition, et qu'il pourrait y faire charger ce qui lui appartenait. Il réclama alors son mobilier, resté à la Casaubah, avec une somme d'argent, et le général en chef le conduisit lui-même dans les appartements, pour qu'il mdiquât les objets qu'il désirait. Mais, pendant ce temps-là, des gens de bas étage, entrés à sa suite, se mirent à piller et volèrent Ja montre du général Després et son nécessaire. En voyant celui-ci entrer vivement dans la pièce où se trouvait le commandant en chef et raconter avec humeur sa mésaventure, le dey, qui suivait cette scène d’un œil curieux, sans la comprendre, en demanda lexplication. Quand il sut ce dont il s'agissait, il demanda qu'on fit fouiller tous les Maures présents ; on trouva sur eux une partie des objets volés. « Alors le dey, ajoute le sénéral en chef, sur les notes manuscrites duquel nous transcrivons ces détails, me dit qu'il ne m'enverrait que des hommes de confiance dont 1l me dirait les noms et que, s'il s’en présentait d’autres, 1l me priait mstamment de leur faire couper immédiatement la tête, »
Le général en chef eut quelque peme à se défendre contre cette insistance polie, et à fare comprendre au dey que là justice française n’admettait pas les procédés sommaires de la justice turque. Après quoi on se sépara, et le dey fut reconduit avec les honneurs qui lui avaient été rendus à son arrivée. IL monta sur une mule d'assez pauvre apparence, ct lraversa sa ville, escorté par une garde française, au milieu . du silence de la population. Le lendemain, le général en chef lui rendit sa visite, La conversation entre ce souverain tomhé et ce père malheureux fut touchante. Le dey commença par remercier le général en chef de ses bons procédés, et le pria d'assurer le roi de France de sa reconnaissance éternelle pour la générosité avec laquelle il usait de là victoire. € J'avais élé toujours persuadé de la justice de ma cause, dit-il, mais
je reconnais que je m'étais trompé, puisque Jai été vaincu ; Je dois me résigner à la volonté de Dieu. On n'a représenté comme un homme cruel et féroce : que l’on consulte mes sujets, et surtout les plus pauvres, l’on aura la preuve du contraire, car je leur ai fait du bien. Je vous les recommande. Je sais que vous avez perdu un fils ; je vous plains, et J'apprécie d'autant plus votre douleur, que la fortune de Ja guerre ne m'a pas non plus épargné, et qu'un neveu que j'aimais tendrement m'a été enlevé; mais nous devons nous résigner à la volonté de Dieu. Cest à Naples que je désire me retirer. Je pars avec la conviction que le roi de France ne n’abandonnera pas. Il est généreux, puisqu'il vous a commandé tout ce que vous faites. »
Les assistants, auxquels on traduisait ces paroles à mesure qu’elles étaient prononcées, ne cachaient pas leur attendrissement. Cette scène, d’une beauté antique, rappelait quelques traits de celle où Homère peint le roi Priam pleurant son fils Hector dans la tente d'Achille, qui pleure lui-même sur Patrocle, enlevé à sa tendresse.
Quand il fallut pourvoir à l'embarquement du dey, le général en chef éprouva quelques difficultés de la part de l'amiral Duperré, qui, une fois encore, était retombé sous l'influence de ces appréhensions et de ces hésitations qui avaient paralysé plus d'une fois l’activité de la marine depuis le commencement de la campagne.
L'amiral écrivait au général en chef, à la date du 10 juillet 1830 :
« Monseigneur, je reçois une lettre de votre chef d'étatmajor, qui m'annonce que le dey a changé d'avis; quil désire être transporté à Naples, et que vous avez consenti à ce changement, I ajoute que le consul général de France à Mahon est prévenu que c’est dans le port de cette ville que les passagers de La Jeanne-d’Arc passeront leur quarantaine.
ACTES ET CORRESPONDANCES DU COMMANDANT EN CILEF. 507 Je ne sais si je dois inférer de cette lettre que le dey doit étre d'abord conduit à Naples, sa destination réelle, pour revenir à Mahon, puis retourner ensuite à Naples, où 1l sera toujours soumis à une quarantaine, ou bien s’il doit être en premier lieu conduit à Mahon pour y faire sa quarantaine, puis être conduit à Naples. Dans une affaire qui me paraît d'un si haut intérêt pour la France, et auquel la direction que suit le dey me semble si contraire (c’est à, du moins, l'opinion que j'ai l'honneur d’exposer à Votre Excellence, et dont je la prie d’excuser l'expression en faveur du motif), c'est dis-je, dans une circonstance qui me parait si importante, que Je dois donner au capitaine des instructions clares et précises.
« Le dey sera-t-1l conduit directement à Naples pour revenir ensuire faire sa quarantaine à Mahon et, de là, retourner enfin à Naples ?
« Ou sera-t-1l conduit à Mahon pour y faire sa quarantaine et, de là, ramené à Naples ?
« La présence de l’escadre anglaise sous voiles devant la Sicile et la mort récente du roi d'Angleterre me semblent d’une haute considération dans le délai que tous ces mouvements vont apporter à la destination fixe du dey. M. le chef d’état-ma;or dit encore, dans sa lettre, que, « dans le cas où « lambassadeur de France n’obtiendrait pas à Naples l'asile « qu’il demande pour lui (dey), la frégate pourrait faire voile « pour Livourne. Enfin, si le dey n’était pas reçu à Livourne, « ce serait à Marseille qu'il faudrait le conduire. Il y atten- « drait que le gouvernement français eût pris des mesures « pour fixer le lieu définitif de sa retraite. »
« Toutes ces démarches me paraissent mettre un terme bien éloigné à la mission de la frégate,
« Je me permettrai encore une double observation : c’est que Naples est pourvu d’un bon lazaret sur Pile de Nizita, et que, peut-être, celui de Mahon est déjà en partie occupé
pur les malades où convalescents de l'armée d'Afrique ?!. »
Cette lettre de l'amiral Duperré provoqua, de la part de M. de Bourmont, la réponse swvante : « Monsieur l’anural, je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au sujet du départ du dey, et je m'empresse dy répondre. Si j'ai parlé de Mahon, c’est que l'ai entendu assurer qu'il n'y avait pas de lazaret à Naples, et que j'ai peusé qu'il était alors tout naturel de faire faire à la Jeanne-d’Arc une quarantaine de dix jours à Mahon. Mais jamais je n'ai voulu dire qu'il fallait aller à Naples d’abord, pour ramener le hätiment en quarantaine à Mahon, puis, de là, retourner à Naples pour y débarquer le dey. Si vous êtes certain, monsieur l'amiral, qu'il y ait un lazaret à l’île de Nizita, il me parait beaucoup mieux d'y conduire directement le dey et sa suite. Je ne partage pas l’idée que vous émettez relativement à l'A1oleterre. La circonstance d’un changement de règne me paraîtrait assez mal choisie pour agir d’une manière hostile contre nous, et surtout lorsqu'il ne se pourrait agir que de nous enlever un dey détrôné qui ne laisse après lui ni légitimilé, ni amis, ni famille. Cependant, comme Je fais grand cas de votre opinion, monsieur amiral, je vous prie d'être assez bon pour vouloir bien m'expliquer pourquoi la direction que suit le dey vous semble être contraire aux intérêts de I France, car c’est sûrement dans ces intérêts que je veux agir, et j'avoue qu'il m'avait paru préférable, sous tous les rajports, de l'envoyer là où règne un prince de la maison de Bourbon, dont tous les rapports avec la France ne peuvent être que ceux de l'amitié, que dans un État gouverné par l'Autriche ou l'Angleterre. » |
Après cet échange de lettres, le dey partit. La deanne-d'Arc
5 Nous avons sous les yeux la lettre autographe de l'amiral Duperré; nous mettons la copie sous les yeux de nos lecteurs.
navigua sans obstacles, malgré les sinistres pronostics de l'amiral Duperré, et arriva à.sa destination !.
Le général en chef écrivait au président du conseil, à la date du 10 juillet 1830 :
« Le dey a changé d'avis sur le lieu de sa retraite, et c’est à Naples qu'il a exprimé le désir d’être transporté. J'ai cru devoir accéder à sa demande. S'il n'existe point de lazaret à Naples, 1l ira d’abord en quarantaine à Mahon. Cent dix personnes partent avec lui ; plusieurs appartiennent à sa famille. Tous sont embarqués aujourd'hui. Le dey parait heureux d'avoir vu se terminer ainsi une crise dont la solution semblait devoir lui être fatale.
« L’embarquement des soldats non mariés de la milice a commencé aujourd'hui ; 4,500 sont à bord ; chacun d'eux a recu cinq piastres d'Espagne. Cette somme équivaut pour cux à deux mois de solde ; 1ls ont exprimé, en la recevant, une vive reconnaissance. Îls ne s’attendaient qu'à de mauvais traitements. Plusieurs miliciens mariés n’ont pas voulu profiter de l'autorisation qu'on leur accorde de rester à Alger. Ils sentent que la haine des Maures et des Juifs y rendra leur position pénible.
« Une commission municipale a été installée ; parmi les hommes qui la composent, 1l y en a d’éclairés. La part qu’on promet de leur accorder dans l’administration de leur pays leur cause une vive satisfaction. La confiance s’accroit tous les jours ; aujourd’hui tous les marchés étaient abondamment pourvus, et déjà les prix sont beaucoup moins élevés.
« Pendant quelques jours encore des convois se dirigeront
1 Nous trouvons dans les documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont la lettre du chargé de France à Naples qui, à la date du 9 août 1850 (la date est remarquable), annonce au général en chef l'arrivée du dey à Naples. Il ajoute que « Hussein-Pacha témoigne hautement sa reconnaissance pour les bons procédés de son vainqueur. »
de Sidi-Ferruch vers Alger ; ils pourraient maintenant cheminer sans escorte, pas un Arabe ne se montre sur la roule,
«Les dyssenteries continuent, mais sans être accompaones de symptômes alarmants. On a doublé la ration de farine et celle de riz. »
Le 15 juillet 1850, le commandant en chef de l'expédition écrivait encore au président du conseil :
« Depuis la prise d'Alger, pas un coup de fusil n'a été tiré dans le pays qu'occupent les troupes françaises. Ces Arabes, dont les bandes armées couraient la campagne et harcelaïent sans cesse nos colonnes, ont repris leurs habitudes pacifiques. Tous les jours on les voit en foule conduire vers la ville leurs hôtes de somme chargées de denrées. Chaque jour fait mieux apprécier les ressources que retirerait une sage administration du pays où nous avons porté la guerre. Le blé et la viande abondent ; un troupeau de 1,200 bœufs vient d’être envoyé par le bey de Titery. La Régence d'Alger offre presque toutes les productions qui font la richesse des plus fertiles contrées de l'Europe. Beaucoup de plantes coloniales y sont cultivées avec succès.
« Les bâtiments sur lesquels on avait embarqué le dey et la milice ont mis à la voile. Cet événement a achevé de rassurer les Maures. Dans l’intérieur du pays, comme à Alger, les indigènes aspirent à être affranchis du joug des Turcs. Le bey de Constantine était resté, pendant quelques jours, à cinq journées d'Alger, avec les débris de son armée. En butte à la mousqueterie des Arabes, il a été obligé de se rapprocher du chef-lieu de sa province. Les scheïks de la province de Titery paraissent peu disposés à obéir au bey. Plusieurs ont demandé de payer directement leurs contributions aux agents du gouvernement français. L'état sanitaire de l'armée est toujours le même.
€ Hier et aujourd’hui j'ai passé les troupes en revue. Elles sont aussi belles qu'à l'ouverture de la campagne. Malgré la longueur de la traversée et l’activité avec laquelle l'artillerie a été employée aussitôt après le débarquement, ses chevaux sont en bon état : on n’en a perdu qu’un petit nombre. Les officiers de cette arme s’occupent des détails de leur métier avec autant de scrupule qu'ils montrent de bravoure sur le champ de bataille. »
Dans une lettre plus confidentielle, le comte de Bourmont appréciait, avec une grande justesse de coup d'œil, les difficultés inévitables de la situation où se trouvait la France dans sa nouvelle conquête. Les Maures et les Arabes manifestaient leur antipathié contre les Turcs, auxquels ils demandaient à ne plus être soumis, et, d’un autre côté, on ne pouvait prendre des hommes de commandement que parmi les hommes de guerre. « Je destine les principaux emplois civils aux Maures, disait-il ; mais, dans un pays où l'habitude d’obéir au plus fort existe, on ne peut confier l'autorité première qu’à des gens de guerre, et je me trouve ici obligé de choisir parmi les Koulouglis et les Arabes, les principaux chefs du pays, si j'en exclus les Tures. »
Le 17 juillet 1830, le comte de Bourmont annonçait que le corps expéditionnaire que le gouvernement du roi avait ordonné de diriger sur Bône, s’apprêtait à s’'embarquer sous les ordres du maréchal de camp Danrémont. Il était composé de deux régiments, le 6e et le 49° de ligne, d’une batterie de campagne et d’une compagnie de sapeurs. Quelques bâtiments du roi, destinés à faire voile vers Tripoli, afin d’obtenir du dey de justes réparations, devaient suivre jusqu'à la hauteur de Bône le corps expéditionnaire. « On a lieu d’espérer, ajoutait M. de Bourmont, que l'occupation de Bône décidera le bey de Constantine à se soumettre, et qu'il demandera à traiter aux mêmes conditions que le bey de Titery. J'ai
l'honneur d'adresser à Votre Excellence une copie de l’engagement pris par ce dernier. Je la prie de me faire savoir si je dois, comme représentant du roi de France, recevoir des autres beys le même hommage, Dans le cas où la conquête devrait amener la chute du mode actuel de gouvernement, peutêtre les changements devraient-ils ne s’opérer qu'avec lenteur, Il est dangereux de faire cesser brusquement l'empire de la crainte dans un pays où, depuis plusieurs siècles, n'existent pas d’autres moyens d'autorilé. »
Puis venaient des détails sur le trésor de la Casaubah.
« L'inventaire du trésor est à peu près terminé, écrivait le comte de Bourmont. Une somme en or de 15,200,000 francs a été chargée sur le Marengo. Le Duquesne va porter en France 11,500,000 fr. en monnaie du même métal. Tout le reste est en lingots ou en monnaie d'argent, dont la valeur est de 27,000,000 environ. Ainsi une somme de 52,000,000 aura élé trouvée dans le trésor. Dix-neuf cents bouches à feu, dont plus de la moitié est en bronze, d'immenses approvisionnements en poudre, plomb et projectiles, des magasins de laine considérables ; les maisons et les métairies dont le gouvernement est propriétare représentent une valeur à peu près égale, »
Ainsi la guerre d'Alger, contre l'usage de toutes les guerres, se soldait, non par une dépense, mais par un produit net en espèces, Indépendaminent des avantages de la conquête.
Les dépenses du ministère de la guerre s'élevaient, au mois d'octobre 1830, à 20,000,000 ; celles du ministère de la marine, à 25,500,000 francs ; total général : 43,500,000 francs. :
Quand l'inventaire fut terminé, on reeonnut que le trésor seul s'élevait, en monnaies d’or et d'argent, à 48,684,597 jrancs.
y avait donc une différence en faveur du trésor de plus
de 5,000,000, sans tenir compte du matériel de guerre, qui, en ne mentionnant que les 700 pièces de bronze, évaluées par le commerce de Marseille à 4,000,000, portait le profit du trésor, en valeurs mobilières, à 9,000,000. Les projectiles, les poudres, les magasins de denrées, les biens domaniaux, demeuraient en dehors de ee caleul!. C'était done plus qu'un triomphe gratuit, c'était une victoire lucrative.
Le commandant en chef de l'expédition avait voulu demeurer en dehors de toutes les opérations financières?. Mais il avait pris des mesures pour qu'elles fussent faites avec toute la régularité désirable, Le baron Denniée, intendant général, M. le maréchal de camp Tolozé, et M. Firino, payeur général, n'omirent aucune des précautions et des formalités qui pouvaient servir de garanties.
« Le trésor fut pesé, dit le premier, et noncompté, comme on peut le croire Ÿ. Cette opération a eu lieu par des officiers d'état-major et de la trésorerie, sous la surveillance de la commission des finances, qui a employé d’une manière permanente six à huit sous-officiers d'artillerie pour fermer et clouer les caisses. Ces caisses, ficelées et cachetées, recevaient une série de numéros d'ordre, et étaient placées méthodique-
1 Nous empruntons tous ces chiffres à l'écrit publié par M. l’intendant général Denniée sous ce titre : Précis historique et administratif de la campagne d'Afrique (pages 53, 54, 89, 90, 95).
? Nous lisons ce qui suit dans une lettre de M. de Bourmont au président du conseil : « Prince, le trésor, dont j'ai fait prendre possession au payeur général de l’armée, n’est pas encore inventorié, je ne l'ai point vu, et je ne serai d’ailleurs point en état d'évaluer les sommes qu'il peut contenir, » (Documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.)
5 Le poids d’un million en or est de 660 livres, et le poids d’un million en argent est de 10,000 livres. C'est-à-dire qu’il faut 7 à 8 hommes pour porter un million en or, et 100 ou 120 pour porter un million en argent. Il aurait done fallu 192 hommes pour porter l'or pris à Alger, et 2,880 pour porter l'argent; ou 3,072 pour porter le trésor tout entier,
o1# HISTOIRE DE LA CONQUÊTE D’ALGER.
ment dans l’un des caveaux, d’où elles ne sortaient que pour être transportées au port par des militaires de corvée, commandés par des officiers et sous la conduite du payeur général et des agents de la trésorerie. »
Quand le maréchal de Bourmont vit ainsi la conquête payer, et au delà, les frais de la victoire, il conçut la pensée de faire accorder à l’armée une part du trésor. Jamais, répétait-1l dans ses correspondances, une prise aussi considérable n'a été faite sans qu’une part fût assignée aux troupes, et 1l insistait vivement sur cette idée, qui revenait dans toutes ses lettres. Non content d’en écrire au président du conseil, il en écrivait à M. le Dauphin.
Avant l'inventaire, et lorsque ce prodigieux amas d'or et d’argentévalué à l'œil avait fait croire que le trésor s’élèverait à 80 millions, il disait au président du conseil : « Si le roi me permettait d’avoir un avis sur l'emploi de cette somme, je proposerais de prélever : 4° tous les frais de l’expédition, 57 millions ; 2 l’arriéré dû aux membres de la Légion d'honneur; 5° une gralification de trois mois de solde pour l’armée d’Afrique; 4° une dotation pour l’ordre de Saint-Louis. Je pense que ces dispositions seraient justes et politiques. Il serait Juste que les prises faites par l’armée du roi profitassent à l'ancienne et à la nouvelle armée. Il seraitpolitique de payer un arriéré de traitement qui semblait avoir été garanti par le roi lors de la promulgation de la Gharte, et de satisfaire ainsi un grand nombre de familles sans qu'il en coûtât une obole aux contribuables. Il est encore une disposition que je souhaiterais voir agréer par le roi: ce serait de voir donner des terres dans le royaume d’Alger à tous les officiers gé néraux et supérieurs de l’armée d'Afrique. Le roi est, par le droit de la guerre, substitué aux droits de la Régence ; 1l peut donc disposer de toutes les terres qui hu appartenaient. »
Puis, en s'adressant à M. le Dauphin, le maréchal faisait valoir les droits de la belle armée dont il avait l'honneur d'être le chef, aux grades qu'il avait demandés pour récompenser tant de glorieux services militaires.
€ J'ai reçu par M. de Bois-le-Comte, écrivait-il, la lettre pleme de bonté que Votre Altesse Royaie a eu la bonté de m'écrire le 14 de ce mois (14 juillet 1850). J'ai fait connaître à l’armée toute la satisfaction du roi et celle de Monseigneur, et sais le bon effet que produit sur elle ce témoignage de haute approbation donné à sa conduite. J'ai recu aussi l’état des grâces que le roi a l'intention d'accorder, et je prie Monseigneur de me permettre quelques observations à ce sujet. Depuis le 14 juin jusqu’au 5 juillet, des combats ont eu lieu tous les jours. Chaque matin, l’ennemi nous attaquait dans nos positions et continuait son feu jusqu'à la nuit, quand nous ne marchions pas en avant. Dans cette suite non interrompue de combats, une foule de mes sous-officiers et de soldats se sont distingués, et je puis affirmer à Monseigneur qu'autrefois on n'aurait pas accordé moins de dix croix de la Légion d'honneur par bataillon. J’en avais demandé moins, parce que je connaissais les intentions du roi ; mais il serait dans l'intérêt de son service d'accorder sur-le-champ, par bataillon, trois décorations pour les sous-officiers et soldats et, pour les officiers, deux croix de Saint-Louis et trois croix de la Légion d'honneur. Jamais guerre n’a été plus active que celle que nous venons de faire. Toujours au bivouac, dans une espèce de désert où nous ne trouvions pour toute ressource que du bois et de l’eau, pas d'habitants, les officiers n'ayant pour subsister que leurs rations, les officiers supérieurs d'état-major faisant leur service à pied, parce que les chevaux étaient retenus en mer, tout ce qu’a eu de pénible une situation pareille ne mérite-t-il pas d’être pris en considération, et Monseigneur ne daignera-t-1l pas en parler au rot?
d16 HISTOIRE LE LA CONQUÊTE D’ALGER,
« Je crois essentiel de récompenser d’abord les sous-officiers et soldats, et les officiers des compagnies : cependant les officiers supérieurs, et même les officiers généraux, ont été presque tous les jours aux coups de fusil. Comment pourrais-je ne pas solliciter les grâces du roi pour ceux qui les ont si bien méritées ?
«Monseigneur verra, par le tableau ci-joint, que, si le ro ne voulait pas nommer quatre lieutenants généraux, il faudrait retrancher le général Achard, qui s’est distingué par son zèle, ne voulant pas quitter sa brigade, quoiqu'il ne püût chausser de bottes. Le général Achard a donné partout l'exemple du courage et montré toujours une capacité remarquable.
€ Pour le grade de maréchal de camp, je ne puis manquer de proposer le colonel d'Esclaibes, qui a servi admirablement et mérité à tous égards. De même les colonels Goutefrey, Horric, d'Armaillé, de Lachau, etc. (il faudrait les nommer tous), ont montré tant de zèle, de capacité et de dévouement, que je serais injuste de ne pas demander de lavancement pour eux. »
Dans une autre lettre, le commandant en chef de l'expédition d'Afrique revenait encore à l'idée qu'il n'avait cessé d'exprimer, dans sa correspondance, sur la convenance de donner une gratification de plusieurs mois de solde à l’armée. Il regardait cette récompense comme tellement équitable, qu'il demandait que, dans le cas où le mimistère ne se croirait pas en droit de prélever la somme nécessaire sur le trésor de la Casaubah, le roi la prit sur les fonds de sa liste civile, Il avertissait en même temps qu'il était inutile de conserver un effectif militaire aussi considérable en Afrique, et invitait le président du conseil à prendre les ordres du roi pour le rappel d'une partie considérable des troupes, et pour son propre retour. Îl considérait sa mission comme terminée, et jugeait sa présence plus utile en France qu'en Algérie. Le
général semble, de temps à autre, faire place au ministre du
roi, qui Jette un regard mquiet de l’autre côté de la Méditer-
ranée, Que se passe-t-il dans cette France, pour laquelle il
vient de faire une glorieuse et utile conquête? Les nouvelles : sont rares, et la gravité de la situation intérieure de notre
pays prête à de sombres pronostics.
Du côté du maréchal de Bourmont, la correspondance est active, presque incessante ; du côté du gouvernement francs, elle se ralentit de jour en jour. C'est que le scouvernement s'enfonçait de plus en plus dans la crise qui allait aboutir aux ordonnances de Juillet. Sous le coup de cette fièvre morale qui précède et précipite les résolutions décisives, il n’accordait plus qu'une attention distraite aux affaires d'Algérie. remeltant après la solution des affaires intérieures le soin des mesures à prendre pour l'armée d'expédition. Dans les époques de trouble et de révolution, il ne faut jamais remettre au lendemain les affaires, encore moins la justice. Le gouvernement royal aurait dû se hâter d'être équitable envers l’armée, comme 1l s'était hâté d’être victorieux.
Le commandant en chef écrivait lettres sur lettres, comme s’il avait pressenti que les moments étaient courts, et que, si l’on attendait encore, la dette de la France envers sa valeureuse armée ne serait point payée, Nous transcrivons, avec une émotion religieuse, et pour qu'au moins la dette de l’his- Loire soit payée, une dernière lettre dans laquelle le comte de jourmont résumait les demandest qu'il faisait pour ceux qui avaient bien mérité du roi et de la patrie. Les tombeaux de ceux qui sont morts ont droit à la justice que les vivants n'ont point obtenue, et le patrimoine d'honneur, qui passe de génération en génération dans les familles, est la plus sante des propriétés. C'est pour cela que nous avons cru devoir rapporter à chacun les titres perdus dans le désordre d'une révoiution,
La lettre suivante, adressée à M. le Dauphin par le maréchal commandant en chef l'expédition, et que nous transcrivons sur la minute écrite de la main de M. de Bourmont, portait la date du 23 juillet 1830 :
Monseigneur, disait-il, je n’ai pu lire sans verser des larmes la lettre si pleine de bonté que Votre Altesse Royale a daigné m'écrire le 4 de ce mois. Mon cœur est plein de reconnaissance et de douleur.
« D'après l'ordre de Monseigneur, je lui adresse le tableau des grâces que je sollicite pour l'armée. Quelques-unes de ces demandes avaient été adressées, avant la prise du château de l'Empereur, pour les officiers, sous-officiers et soldats qui se sont distingués dans les affaires journalières que nous avons eues, ou à la bataille du 19 juin, ou aux combats des 24, 25, 96, 27, 98 et 29 du même mois. Je ne crois pas avoir demandé une seule de ces grâces sans qu’elle fût méritée par une conduite distinguée sous le feu de l'ennemi. Mais je n'avais pu, au milieu d’une campagne aussi active, alors que tous les officiers étaient au bivouac et aux coups de fusil, je n'a- . vais pu, dis-je, apprécier qu'une partie des mérites, et ce n'a été qu’au premier repos que j'ai pu recueillir des mformations pour tous.
« Je prie Votre Altesse Royale de considérer que les officiers généraux et supérieurs ont en général très-bien servi, et qu'il était de mon devoir d’ pee la bienveillance sur ceux qui se sont le plus distingués. VElle trouvera dans ce nombre le géntral Berthier, qui, malgré son âge, a montré une activité prodigieuse et toutes les qualités désirables dans un officier cénéral, Ilenest de même des généraux Danrémont et Achard. J'espère que Monseigneur dati leur être favorable auprès du roi.
« Au nombre des colonels proposés pour maréchaux de camp, se trouve celui du 44e, d’Armaillé. I a été l'exemple
de la première division. Son régiment, toujours bien conduit, sous tous les rapports, a été un de ceux où la discipline s’est le mieux conservée. Enfin personne n’a plus mérité sous tous les rapports. J'aurais été injuste de ne pas le faire connaître à Votre Altesse Royale.
« Les colonels Léridan, Horric et Feuchères ont eu des affaires brillantes, et ont montré une véritable capacité. Ils ont été proposés les premiers, parce que leurs régiments avaient été les premiers aux prises avec l'ennemi. Ils ont, ainsi que d'Armaillé, mérité plus encore que les quatre dermers; mais Monseigneur connaît ces quatre derniers. Goutefrey et Lachau seront de très-bons maréchaux de camp, et ils ont véritablement servi à merveille dans toutes les affaires auxquelles ils ont eu part. MM. de Monthoissier et de Neuchèze ont été proposés par le duc des Cars, dont la conscience est bien connue. Sans cette considération, j'aurais proposé de préférence les colonels de Roucy et Rulhière, qui m’ont paru de meilleurs colonels, capables de faire d’excellents officiers généraux. M. de Frescheville a été blessé à la tête de ses Urailleurs, et il mériterait aussi. Le colonel Mounier, du 28°, a été blessé en ralliant au drapeau le premier bataillon de son régiment, qui avait beaucoup souffert d'une attaque trèsvive de 2,000 miliciens d'Alger. C’est un brave homme qui mérite et pour lequel je n’ai demandé que la croix de commandeur de la Légion d'honneur. Le colonel Roussel a pleinement justifié, par un courage brillant et la manière dont il à conduit son régiment, la bonne opinion qu’en avait Monseigneur.
« Les lieutenants généraux Berthezène, des Cars et Després m'ont si bien secondé, que je ne saurais trop les recommander aux bontés de Monseigneur. J’en dois dire autant du général Labhitte et du colonel d'Esclaibes ; jamais je n'avais vu l’ar- Ullerie si bien conduite.
(J'ai demandé des décorations pour de jeunes officiers altachés à mon quartier général. Si Monseigneur les avait vus au feu, il ne me pardonnerait point de les avoir oubhiés!, »
Cette lettre et les dépèches qui suivirent n'étaient point destinées à arriver à leur adresse. Le vapeur qui les portait marchat vite, mais il y avait quelqu'un qui marchait plus vite encore : la révolution. Les choses étaient donc en cet état vers les dernières journées de la Restauration. Tout restait en suspens. On ne saurait dire que la justice du gouvernement royal manqua à l'armée; on doit dire que le temps manqua à cette justice.
Le général en chef, auquel ses collègues avaient laissé ignorer le coup d’État qu'ils préparaient, ne pouvait s'expliquer ces retards et ce long silence. 11 souffrait de ne pouvoir annoncer à l’armée les récompenses impatiemment attendues. Il avait défendu à un de ses fils de porter la croix de Saint- Louis qu'il avait reçue, jusqu’à ce que l’état général des récompenses fût arrivé à Alger.
1 Dans d'autres lettres, le général en chef cite avec éloge le général Danrémont, les coloneis Magnan ct de la Villegille, le lieutenant-colonel Baraguey-d’Hilliers, Dans une lettre particulière, il insiste sur les services rendus par le général Valazé : « Quoiqu'il fût malade dès le 25 juin dernier, dit-il, il n’en a pas moins servi avec un zèle et une activité admirables jusqu’à ce jour. C’est à la bonne direction et à la promptitude des travaux qu'il a dirigés que nous avons dû la courte durée du siége du château de l'Empereur, Je le recommande à Votre Excellence, et vous prie de dire au roi que je n'avais jamais vu servir les officiers et les soldats du génie mieux qu’ils ne l'ont fait dans cette courte campagne sous les ordres du général Valazé. »
* « Le roi, voulant donner encore un témoignage de satisfaction à M. de Bourmont, sans attendre que le travail des récompenses fût achevé, avait envoyé en Afrique M. de Vezins, parent du maréchal, pour remettre de sa part la croix de Saint-Louis à ses deux fils Amédée et Charles Quand arriva M. de Vezins, Amédée n'existait plus, et par un sentiment de délicatesse qui fut apprécié de tous, M. de Bourmont ne permit pas à Charles de porter cette décoration, ne voulant pas que son fils fût le pre-