‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 119 sur 183 · EXPÉDITION DE BUDA II · texte numérisé non relu

EXPÉDITION DE BUDA II

niée; mais l'exécution gala tout, et le commandant en chef, au caractère duquel la dureté et la violence répugnaient, fut obligé d'intervenir pour mettre un terme à des actes intolérables

1 Pour éclairer le jugement tic riiistoirc sur cette a flaire diversement présentée par les écrivains contemporains, nous avons relu avec attention les rapports secrets de M. d'Aubignosc, lieutenant général de («lice, au maréchal de bourmout. Voici un )iassagc de ce rapport, daté du 51 juillet 1830 :

€ Les affaires des Turcs ont occupé hier presque exclusivement tous les in- >lants et tous les agents de la police. Jîlles ont fait naître plusieurs questions d'exécution, de nature à être soumises à la décision de Votre Excellence.

« La mesure d'expulsion a été mise en mouvement a six heures du matin. Au moyen d'une ruse imaginée par l'Aga-Maïouard, près de deux cents Turcs sont venus se faire prendre au trébuche!, et ont été conduits à la Marine sous escorte, en quatre détachements.

« C'est pendant que cette translation s'exécutait que je fus à la Casaubah recevoir les ordres M. le maréchal.

« A Marrloux, je trouvai une grande émotion, généralement partagée, produite par les plaintes des Turcs et les cris des femmes, les unes abandonnées de leurs maris, les autres expulsées de leur logement.

« Ce fut dans ce moment que je fis faire la première publication permise par Son Excellence. Elle jiortail que les femmes et les enfants pourraient suivre leurs maris, et que, dans tous les cas, les Turcs |>ourraicnt recevoir tous les • «îflets que leurs familles voudraient leur envoyer. Cette première publication lit un heureux effet sur le public. La grève de la Marine fut à l'instant couverte de bagages et de femmes et d'enfants.

*• Une heure après, une seconde publication eut lieu sur une communication envoyée à la police par l'élat-major. Celle-ci portait que « les femmes expulsées d'abord de leur domicile jouiraient y rentrer et y faire un triage dans ce qui leur appartenait. » Ce fut une nouvelle sensation agréable au public.

« Peu de temps après, une troisième publication fut ré(»andue dans la ville. Sa nécessité résultait du défaut d'intelligence des exécuteurs subalternes de la Marine, qui avaient trans|iorté a bord ou qui promenaient dans la ville, suides cadres, des amputés, des paralytiques, etc. Il fut annoncé au publie, ainsi que Son Excellence avait bien voulu le (lennettre, qu'elle admettait des exceptions en faveur des octogénaires, des blessés, des aveugles. »

Dans le même rapport, M. d'Aubignosc constate que les réclamations avec oi sans recommandation des généraux, du corps consulaire, de la muni<\| «alité, ont donné lieu à une foule d'intrigues. Le nommé Kaid Jussuf, dit-il, offrait une somme importante aux interprètes jiour un délai de deux heures. Un autre Turc proposait cent vingt colonnades à un gendarme auxiliaire, pour obtenir d'être ramené chez lui pour un quart d'heure seulement. Deux individus disent que pour cent piastres donnés a des quidams qu'ils ne purent ou ne voulurent

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L'expédition de Blidah eut un autre inconvénient, qui ne se manifesta qu'un peu plus tard. La confiance revint au bey de Titcry, qui avait fait sa soumission, et qui cependant nourrissait, dit-on, un secret mécontentement contre la France, parce que, dans la cérémonie de son investiture qui eut lieu le 15 juillet 18Ô0, on n'avait pu lui remettre le sabre d'honneur qu'on lui destinait, et qui fut volé dans la Casauhah peu d'instants avant la cérémonie. Il est vraisemblable que le bruit accrédité de l'échec de nos troupes à Blidah, et les événements de la politique générale, qui obligèrent le commandant en chef à faire évacuer Bône et Oran, eurent plus de part à la résolution de Mustapha. Il s'était soumis à la force; quand il nous crut faibles, il leva contre nous le drapeau.

L'expédition de Bône avait eu un plein succès. Le général Damrémont, au talent déjà éprouvé duquel cette expédition avait été confiée, fut précédé devant cette ville par la Bellone, commandant (iallois, détachée de l'escadre de l'amiral Rosamrl. chargé de faire une démonstration contre Tunis et Tripoli. M. de Lesscps, consul général de France à Tripoli , donna au commandant Gallois son (ils, M. Jules de Lesseps1, pour l'aider dans sa mission. Arrivé sur la rade de Bône, le commandant Gallois trouva le bey de Conslantine devant la ville, qui avait fermé ses portes et se maintenait dans une sorte d'indépendance en attendant les événements. M. de Lesseps offrit au commandant Gallois de descendre à terre, pour connaître l'étal exact des choses et négocier avec les habitants. On le débarqua sur le quai, en avant des portes de la ville ; il s'avança seul, et ne fut admis qu'après une délibération d une demi-heure.

L'accucillerait-on ou livrerait-on sa tôle au bey? Cette double proposition fut débattue, et le cadi avoua depuis qu'il avait craint de le voir massacrer au moment où il mettait le pied sur le ri-

désigner, il leur avait été promis un permis de séjour. (Documents communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.)

1 C'est celui qu\>n a vu, au commencement de cet ouvrage, rendre, comme agent consulaire à T;d>arque, des services à l'année d'expédition.

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