‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 121 sur 183 · DERNIERS JOURS DE LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

DERNIERS JOURS DE LA CAMPAGNE

l'espérance de pouvoir s'arranger avec elles, et protesta qu'il continuerait à se regarder comme le sujet du glorieux roi de France, comme il continuait à l'appeler, pendant que l'infortuné roi Charles X, plus malheureux dans sa victoire que les vaincus dans leur défaite, allait chercher sur un rivage étranger un asile, et ne l'obtenait qu'avec peine.

Le général Damrémont évacuait presque en même temps (le 18 août lfcoO) la ville de Bône. « Pendant cette courte mais laborieuse expédition, ce sont les termes du maréchal, il avait montré autant de sagesse dans les dispositions que de vigueur sur le champ de bataille. » Il avait fallu , en effet, autant de sagesse que de vigueur pour se maintenir contre les Kabyles qui, à plusieurs reprises, assaillirent nos positions. Vainqueur dans la journée du 0 août, où il avait pris l'offensive, le général Damrémont dut repousser le 7 août une attaque très-vive des troupes du bey de Constantinc qui avaient reçu des renforts; et enfin, dans la nuit du 11 au 12 août, il eut à repousser deux assauts successifs, dans lesquels l'infanterie kabyle déploya une énergie remarquable, et vint se faire tuer à coup de baïonnettes sur les parapets et dans les embrasures de nos redoutes. M. de Bourmont ajoutait : « Je renouvelle la demande que j'ai déjà faite en faveur du général Damrémont, du grade de lieutenant général. Je demande le grade de maréchal de camp pour le colonel Magnan, dont j'ai plusieurs fois cité la brillante conduite.» Le général Damrémont recommandait, en effet, de son côté, le colonel Magnan, le lieutenant-colonel Boulle, du 0* de ligne; le chef de bataillon d'artillerie Foucaut, qui s'était déjà distingué dans le commandement d'une des batteries armées contre le fort de l'Empereur et qui, cette fois, avait été blessé; le chef de bataillon Buart, du 40e de ligne; les capitaines Arrighi et de Lacroix, du même régiment; le capitaine d'état-major Foy, et l'officier d'ordonnance RuITo de Lafare; puis, dans le rapport qui suivit son retour à Alger, et pour des engagements ultérieurs, le chef de bataillon Carsenac, du 6e de ligne; le capitaine Renaud, du 4D' de ligne, qui commandait la redoute la plus vi-

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veulent attaquée; le capitaine Denoyelle, du même régiment; le capitaine d'artillerie Oby, le lieutenant aide-major de Crény.

Nous mentionnons ces combats, ces noms cités à Tordre du jour, ces faits d'armes, avec une émotion dont nous ne pouvons nous défendre. C'étaient les derniers coups de fusil de la campagne qui devaient être tirés sous le drapeau blanc. Le jour était arrivé où les suprêmes délais indiqués par l'amiral Duperré, pour l'exécution des ordres reçus de Paris, étaient expirés. Il annonça au général en chef que, passé le 17 août, il n'attendrait plus. Le maréchal de Bourmont tint la parole qu'il avait donnée. Le 17 août 18Ô0, un peu moins d'un mois et demi écoulé depuis le jour où il avait ombragé de ses plis la Casaubah conquise, et annoncé au loin la Méditerranée affranchie et ses côtes délivrées, le drapeau blanc disparut au milieu de l'émotion de tous et des larmes de plusieurs. Pour des hommes de cœur, quels que soient d'ailleurs leurs sentiments politiques, c'est quelque chose de grave et de solennel que la disparition, la mort d'un drapeau. Ce symbole de la nationalité, cette image militaire de la patrie absente, autour de laquelle les combattants se sont si souvent ralliés pour vaincre, et que les mourants ont saluée de leurs derniers regards, est une relique à jamais vénérable et sacrée. L'amiral Duperré, et ce fait sera toujours cité à son honneur, naviguant en 1811) sous le pavillon blanc, et commandant la frégate la Gloire, exigea une réparation publique du capitaine anglais Huskisson de la frégate YEuryalus, parce que le 23 avril, en célébrant la fèfe du prince régent, l'équipage de celui-ci s'était permis de placer le drapeau tricolore à la poulaine, d'une manière insultante et ignominieuse. La Restauration donna une haute approbation à cette belle conduite. C'est ainsi que pensent et qu'agissent les hommes d'honneur. Parmi toutes les funérailles, il n'en est pas qui doivent être accomplies avec plus de respect que celles d'un drapeau. Le drapeau blanc disparut donc, au milieu des marques du respect général. En cédant la place au drapeau tricolore, ce glorieux nouveau venu de noire histoire, le vieux témoin de

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