‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 67 sur 183 · ARMÉE NAVALE · texte numérisé non relu

ARMÉE NAVALE

L 'armement maritime se divisait en trois parties : la flotte, la flottille de débarquement, le convoi. Pour prévenir l'encombrement, on avait organisé la flotte à Toulon, la flottille et le convoi à Marseille. Le commerce de Marseille et le commerce étranger avaient fourni des transports nolisés jusqu'à la concurrence de 71,000 tonneaux, au prix de 16 fr. et 16 fr. " 0 cent . par tonneau et par mois1.

« Tout avait été disposé avec tant d'ordre, dit le baron d'Haus- >ez, que rarement les objets étaient déposés sur les quais. Presque toujours ils passaient des voitures qui les avaient transportés sur les bâtiments destinés à les recevoir. Ces bâtiments, ranges par divisions et indiqués par des flammes de couleurs différentes, portant des numéros que leurs dimensions permettaient de reconnaître à de grandes distances, quittaient le port de Marseille et allaient prendre dans la rade de Toulon la place qu'ils devaient occuper dans l'ordre de marche et de débarquement \ »

« Toutes mes prévisions, dit le baron Denniéc lui-même, ont ont été conçues en présence d'un souvenir qui expliquera suffisamment à quel point ces prévisions ont dû être attentives : — Si vous faites jamais cette expédition, m'avait souvent répété l'amiral de Rigny, souvenez vous que cette côte stérile n'olfrira pas même de litière à vos chevaux, et que la mer, si capricieuse dans ces parages, submergera plus d'une fois vos eniharcaiions *. »

Docile à ces avis, M. le baron Denniéc, qui avait reçu, vers le 15 février, l'ordre de diriger les préparatifs de l'expédition sous le rapport des besoins de l'armée, en qualité d'intendant en do-f. prenait, avec une énergique habileté, les mesures nécessaires. C'était un homme d'une activité rare et d'une présence

1 Vie de l'amiral Duperré, par M. Ctiasseriati, page 191 (Paris, 1818).

• Papiers politiques du hamn (l'Haussez, communiqués par madame la duchft-se d'Almazan.

* Précis historique et administratif de la campagne d'Afrique, par le tawi DennièV, intendant en chef de l'expédition, pnge 4 (Paris, 1850).

d'esprit remarquable, qui avait choisi pour collaborateurs des jeunes hommes d'avenir, infatigables comme leur chef, et comme lui toujours à cheval : le baron de Sermet, le comte de Fontenay, MM. Saiigny,Champignv, Lambert, d'Orville, Brugnières, d'Arnaud, Charpentier, Évrard de Sain-Jean, Behaghel, Frosté. dp Limoges, Barbier, Dubois. Le service était organisé avec ce zèle et cette verve que rien ne remplace. La tache était d'autant plus difficile que le temps pressait davantage. On arrêta, dans les conférences, que l'armée emporterait avec elle deux mois de vivres, et qu'elle serait immédiatement suivie d'un pareil approvisionnement. On avait atteint le milieu du mois de février, et deux mois suffisaient à peine pour réaliser nos préparatifs. Dans cette occurrence, après avoir mûrement discuté la question du mode de fourniture des vivres, le ministre de la guerre prit, en dehors de ses bureaux, une décision par laquelle il adoptait le mode d'achat par commission1. 11 consulta confidentiellement l'un des membres de la maison Delesserl, certain, à défaut du concours de sa maison, de puiser près de lui d'utiles avis.

« La maison Sellières fut désignée; ce choix resta toutefois secret pendant douze à quinze jours, dans l'intérêt de l'économie et du succès de l'opération. M. le sous-intendant militaire Brugnières reçut l'ordre de parcourir l'Espagne et les îles Baléares,

1 Celte décision, prise à la date du 22 février 1830, était ainsi motivée : « La promptitude et la discrétion qu'exigent les préparatifs de la nature de ceux à faire, ne j>oi met pas de recourir à la voie des adjudications publiques, ni même à une concurrence étendue; on ne peut, d'ailleurs, confier au moins offrant des opérations desquelles peut dépendre le sut ces d'une opération importante. D'un autre côté, un marché passé sans concurrence, tel avantageux qu'il puisse » tic sous le rapport des prix et des garanties, ne serait jamais a l'abri des attaques de la malveillance ; entin, ce mode aurait l'inconvénient de lier l'administration de l'année et de la mettre dans l'impossibilité de profiter des avantages que les localités pouri aient présenter. Ce moyen ne peut donc être admis. Les achats par commission offrant au contraire toutes les garanties possibles, en ce qu'ils doivent être justifiés par les mercuriales, certificats Hu commerce et autres docuineuts exigés \tar les règlements, la seule responsabilité qui puisse résulter de ce mode est dans le choix des pei>onncs auxquelles l'exécution en sera confiée. Le suc* es des opérations dépend entièrement du secret et de la bonne direction à donner aux achats. Les agents directs de l'adnii-

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