‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 68 sur 183 · ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION

uon-seulemetit afin de reconnaître les ressources que pourraient offrir ces contrées, mais encore dans le dessein d'obtenir un point de comparaison pour le contrôle des achats que la maison Sellières aurait pu faire sur ces différents points. (Décision ministérielle du 28 mars.)

« Ce point réglé, le service des hôpitaux et celui des transports ne demandaient pas des soins moins pressants. Je proposai, et le ministre adopta l'établissement de constructions mobiles couvertes en toiles imperméables, propres à former des hôpitaux. Ces constructions mobiles étaient établies dans la proportion de quinze cents malades. Elles offraient l'aspect de hangars île la largeur de seize pieds et d'une longueur indéfinie; elles ont été scindées de manière à former des salles de cinquante lits. L'abri créé, je présentai au ministre un modèle de lit de 1er, à fond sanglé, du poids de dix-huit kilogrammes; nous emportâmes avec nous trois mille de ces lits avec leurs matelas, leurs couvertures et leurs draps.

« A l'égard des moyens de transport, il ne fallait pas perdre de vue que l'intérieur du pays que l'armée allait aborder n'était connu que par la relation du chef de bataillon Boulin. Cette incertitude sur la nature du terrain de la plage de Sidi-el-Ferruch à Alger me lit songer à employer aux transports de l'armée une espèce

rmtration militaire ont pu être employés avec avantage lorsqu'il s'agissait de petits approvisionnements, de localités dont le peu d'importance ne pouvait influer sur '* prix des denrées; mats, pour des achats aussi importants, le commerce seul peut agir avec succès. Ayant adopté ce dernier mode, it ne s'agit plus que de faire choix d'une maison qui présente toutes les garanties désirables sous les rap^rts des moyeus d'exécution, de la moralité, du crédit et de la considération publique.

• Dès que cette maison aura été désignée, et qu'elle aura accepté, on lui frta connaître les quantités d'approvisionnement de toute nature à acheter, ks points de réunion et les époques auxquelles elles devront être réunies ; les conditions réglementaires imposées aux commissionnaires pour la justification de leurs achats, tant sous le rapport du contrôle de leurs opérations que pour la régularisation des achats et des livraisons, les modes de payement et les ««Tentions quant aux commissions et aux Trais accessoires. »

Cette décision ministérielle du comte de Bourmont se trouve in extenso aux notes de l'ouvrage de M. le baron Dcnniéc, page 100.

de caisson dont l'attelage à doux fins donnerait, tour à tour, dos voitures dans les parties praticables, et des bêles de somme dans les passages les plus difficiles. On adopta le modèle d'un caisson à deux roues, à timon et à pompe; et cent vingt-huit de ces caissons furent construits en moins de vingt jours. Le harnachement des chevaux ou mulets affectés à leur attelage était combiné de telle sorte, que la sellette pouvait recevoir deux crochets destinés à supporter les fardeaux pour les transporter à dos. Toutefois nous ne renonçâmes pas au caisson à quatre roues.

« Les équipages militaires furent composés de 128 caissons ;\ quatre roues, 128 caissons à deux roues, G54 chevaux de trait, tous de G à 8 ans, et de G26 mulets de bât. f

« Pendant que toutes ces choses se préparaient, la maison Sellières devait pourvoir à de nombreux achats pour les deux mois de la première commande. Elle réunit 1,777 quintaux métriques de farine blutée à vingt-deux pour cent, 5,280 de biscuits, 5,535 de farine blutée à dix pour cent, 5G0 de riz, 720 de légumes secs, 400 de sel, 1 ,500 de bœuf salé, 1 ,200 de lard salé, 1 ,000 bœufs, 500 kilogrammes bruts chaque, qui furent réunis dans le port de Cotte, 9,000 hectolitres de vin, 188 d'eaude-vie, 14,400 quintaux métriques d'avoine ou d'orge, 14,401» de foin pressé, 28,800 de paille, 10,000 de bois, 8,000 de charbon de terre1. »

Dans sa sollicitude prévoyante, l'administration n'avait rien omis. C'est ainsi qu'on fit distribuer aux Iroupes un sac de campement par homme : un bidon en bois pour le vin, un en fer-blanc pour l'eau, une toile de shako en toile de coton blanche pour préserver la tête des effets du soleil, et une couverture pour trois hommes. 35,000 ceintures de laine, dans la prévision des froides nuits qui, sur la côte septrionale de l'Afrique, succèdent aux jours brûlants, complétaient cette distribution. On fabriqua 21 fours en fer battu pour servir à la cuisson du pain pour les premiers besoins de l'armée, et 80 fours en tôle.

1 Précis historique et administratif, par le baron Dcnniée, page 9 {faris, 1850).

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