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INSURRECTION DES OASIS DU SAHARA

Ce qu'on aurait dù faire dans la i^ande et la

petite Kabylîp, on aurait dù le faire aussi parmi les oasis du Sahara. Les populations des oasis ont Lfaucoup de traits de ressemblance avec les Kabyles, et selon toutes les probabilités, elles ont la môme origine. Quand la conquête i uinaiiie et plus tard la conquête arabe, chassèrent les

mSUBBECTIOn DBS OASIS m 8AHABA. S95

anciens habitants du pays, ils se réfugièrent soit

^ans les moiitagnes, soit dans le désert, et commencèrent à peupler les oasis. Les oasis plus ou moins étendues, dont le désert est semé de distance en distance, sont produites par des sources qui fécondent les terres qui les entourent. Lorsque nous vînmes en Algérie, et que notre domination commença à s'étendre, les Sahariens furent les premiers à accepter notre protectorat. Ils espéraient {rouver en nous des amis utiles qui les pressureraient moins et leur rendraient des services plus efficaces que les Turcs. Pendant la longue guerre que nous fîmes contre Âbd-el-Kader, les Sahariens refusèrent de se rallier à sa cause, et demeurèrent fidèles à la nôtre. Cette résistance des Sahariens aux prétentions d'Abd-el-Kader avait été si vive et si énergique, que Témir, Aboyant l'oasis de TAghanat repousser par la force le khalifa qu'il prétendait lui imposer à l'aide de ses réguliers et de ses canons, s'écria avec fureur: « Je jure de faire arracher les yeux à tous les habitants de l'Aghanat qui tomberont entre mes mains, de les faire écorcher et de faire faire des tambours avec leur peau. »

Le général Daumas, dans son livre sur le Sahara algérien j a dit de cette oasis : « Autrefois, point de zekkat, point d'acbour,

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le gouvernement des deux quartiers vivait des amendes nombreuses levées sur les délits de* tous genres et des droits sur les marchés. Les pauvres étaient nourris à frais communs; à la saison des dattes, chaque famille était obligée de désigner un palmier de son jardin dont les friiitî, versés à la mosquée, étaient distribués aux nécessiteux. Les habitants d'El Âranak ont la réputation d*ètre bons, humains, hospitaliers; si quelqu'un se réfugie chez eux, disent les Arabes, ils mourraient plutôt que de le livrer. A la saison des fruits, les voyageurs peuvent entrer dans les jardins, et manger de ces fruits à discrétion. Les mœurs sont généralement pures dans rintérieur des villes. »

Ajoutons à ces détails que lorsque le général Marey se rendit à TAgh^j^at pour faire reconnaître le khalifa choisi par le gouvernement français, cette mission s'accomplit sans coûter un seul homme, un seul mulet, un seul coup de ^ fusil, bien que TAgh^at soit à 428 kilomètres du littoral.*

Comment donc est-il arrivé que dans une contrée si bien préparée à recevoir la domination de la France, se soit élevée une insurrection qui a motivé une de ces expéditions terribles qui ne laissent après elles que du sang et des ruines ? Ce qia.i rend en apparence le problème

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INSLRHECTION DKS OASIS DU S.VHABA. * iO?

plus inexplicable, c^est que l'oasis de TAghanat, ^

qui nous avait si volontiers reçus, a été au nombre des oasis insurgées contre nous.

Il est difficile de douter, d'après les renseignements recueillis sur les lieux mêmes par M. Tabbc Bcrbnigg'er, que ce soulèvement, attribué d'abord au fanatisme, a été réellement causé par l'exagération ou la mauvaise assiette des impôts que nous avons levés* C'est ordinairement sur la moyenne du produit des palmiers que sont établis les impôts dos oasis. L'unité imposable est fixée à 100 palmiers. Autrefois, la contribution poui' chaque centaine de palmiers dans certaines oasis du Hard, s'élevait à un double réal de Tunis, environ 1 fr. GO cent, de notre monnaie. La quotité de l'impôt varie naturellement suivant les oasis. Le produit des palmiers est en effet plus ou moins grand, en raison de la situation favorable ou défavorable des jardins, et de la facilité ou de la difficulté qu on trouve à les irriguer. Le gouvernement, mal renseigné sans doute, dit M. Berbrugger, n'a pas tenu assez coippte de ces différences, et a imposé uniformument à ^5 centimes par pied de palmier, les habitants des oasis. 11 en est résulté que beaucoup étaient trop imposés et que d'autres ne l'étaient pas assez, ce qui indisposait contre nous une partie de la population. Si Ton

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ajoute à cela le choix de nos khalifas, qui n^a pas toujours été heureux, les vexations qu ils ont fait subir aux populations qu'ils auraient dù protéger, on aura indiqué les causes les plus vraisemblables des soulèvements des oasis.

Là, comme en Kabylîe, le gouverneur général de TAlgérie, c'était alors le général Pélissier, ne songea qu'à une chose, c*est à faire une exécution qui épouvantât à l'avenir ceux qui seraient tentés de lever le drapeau contre nous. Le souvenir de la prise de Zaatcha, pendant l'expédition commandée par le général Péiissier et le général Gassuff, est demeuré au nombre des légendes les plus glorieuses et en même temps les plus douloureuses de nos guerres d'Âfrique, et si nos soldats y montrèrent dans l'attaque cette intrépidité et cet élan auquel rien ne résiste, la défense des Kabyles du Sahara fut héroïque. Ce fut un épisode qui rappela en petit le siège et la prise de Saragosse. Quand nos troupes eurent pénétré dans la ville, il fallut faire le siège de chaque maison. Dès lé matin, nos soldats avaient franchi, les remparts; à quatre heures de l'après-midi on se fusillait encore sur les ruines fumantes. Pas un des assiégés ne demanda la vie, tous périrent les armes à la main»

L'opiniâtreté de la défense avait exaspéré les

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