SITUATION m l'algérib bu 1868 et
pour le peuple arabe autant d'égards, autant de
bienveillance, autaul de longanimité. »>
Pour mettre le Sénat à portée d'en juger, le général Daumas a commencé par la religion, et il a cité des actes parmi lesquels il y en a qui, diaprés son propre aveu, peuvent être qualifiés de fautes :
« Le culte musulman est libre, et les Arabes
peuvent suivre leur religion en toute sécurité, a-t-il dit On a fait plus, on a réparé leurs mosquées, leurs zaouyas et leurs marabouts; on a même facilité leurs voyages à la Mecque^ dont ils reviennent plus fanatiques et plus intolérants que jamais^. »
Le général Daumas, en parlant de ce que le gouvernement français a fait pour llnstruction publique en faveur des indigènes, donne une nouvelle autorité aux critiques présentées plus haut sur nos efforts maladroits pour conserver à l'élément arabe son impénétrabilité à notre civilisation*
(( On a créé des collèges arabes impériaux à Alger, à Oran et à Constantine, s'est-il écrié, on a créé pour les enfants arabes des deux sexes des écoles primaires gratuites et des écoles
* On a Tacilile ces voyages en accordant nu\ pèlerins de la Mee(jiic un passage fjratuit sur nos vaisseaux, ce qu'on n*a jamais fait pour les pèlerins elirétiens de lérnsalcDi. Or TonsaU, par raveu du général Daumas, ce que rou y a gagaé.
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d'adultes. 11 en existe aujourd'hui un gTaîul nombre, sans compter les écoles libres, les or*phelinats, les salles d'asile et les ouvroirs d'apprentissage où Ton enseigne aux jeunes filles pauvres les divers travaux à l'aiguille. Comme complément de cet ensemble de mesures libérales, on a nommé un inspecteur des établissemènts d'instruction publique ouverts aux indigènes, etV œuvré a été couronnéepar Vomeriure, à Alger j d'une école normale cVinstihcfeiirs* Vous le voyez j après la fondation des écoles, on n'a point oublié de pourvoir au recrutement des professeurs. »
C'est ainsi qu'au lieu d'attirer les Arabes à la civilisation chrétienne, on s'est imprudemment efforcé do raviver les sources d'une civilisation fondée par l'islam, qui élargit la séparation entre les Arabes et nous, et entretient contre nous leurs sentiments d'hostilité.
S'agit-il de la justice ? « La loi musulmane, continue le -général Daumas, régit toutes les conventions et toutes les contestations civiles et commerciales entre les indigènes et, quand il s'agit d'un crime ou d'un délit intéressant la société française, et, pour ce motif, déféré aux tribunaux français, le tribunal appelé à prononcer s'adjoint deux assesseurs musulmans choisis parmi les plus instruits et les plus recommanda-
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bles. Ces assesseurs ont voix délibérative sur la
question de culpabilité. » \
Le général Daumas insiste ensuite avec beaucoup de force sur limmense concession faite aux Arabes par le sénatus-consulte du 22 avril 186â, relativement au droit de propriété.
« Par ce sénatus-consulte, dit-il, on a .transformé les droits de jouissance des tribus en litres incommutables de propriété, s'imposant par ce lait la lourde tache :
V De délimiter sans retard le territoire de 81)0 à 900 tribus, qui, sans compter les Kabyles, ont été reconnues propriétaires des terres dont elles n'avaient que la jouissance;
« De répartir d'une manière collective ces mêmes territoires entre toutes les fractions des tribus, et Dieu sait si elles sont nombreuses î
<( De constituer la propriété individuelle dans cha(j[ue douar de toute tribu, c'est-à-dire — en mettant la Kabylie en dehors — chez trois cent mille l'amilles à peu près;
« ¥ Enfin, d'assurer immédiatement la liberté coiiiiilrlo des transactions entre Européens et indigènes, aussi bien en territoire militaire qu'en territoire civil. En vue de favoriser cet état de choses, les terres distribuées aux Arabes ont été déclarées insaisissables. Pouvait-on, je le demande, se montrer plus généreux? Vous
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domourerez convaincus qu'en obéissant aux sentiments les plus nobles et les plus élevés, on n'a rien né^li*?é pour adoucir les amertumes de la conquête, quand vous saurez que nous avons ainsi donné douze millions d'hectares à 1,500,000 Arabes qui, jusqu'ici, n'avaient pu en cultiver plus de deux millions cinq cent mille au maximum. »
On le voit, il y a là tout un système qui ^e résume dans cette phrase célèbre : « L'Algérie est un empire arabe. » On a donc essayé de donner sur tous les points satisfaction à l'élément arabe; satisfaction sur la religion, sur l'instruction, sur la justice, sur la propriété, et l'on est allé jusqu'à reconnaître en toute propriété à l'élément arabe le quintuple du territoire qu'il peut cultiver. Ce n'est pas tout. Dans ks derniers temps, quand l'Algérie a été épuisée par tant de fléaux successifs, tremblements de terre, sécheresse prolongée, disette, choléra, typhus, sauterelles, la France est venue au secours des populations arabes avec une générosité sympathique qui couronnait tous les bienfaits qu'elle leur avait prodigués en les faisant jouir de la sécurité du pays, des routes et des voies ferrées qui sillonnent l'Algérie, des progrès agricoles, des nouvelles voies et des nouveaux débouchés ouverts au commerce. Par tant d'efforts, de