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sidérable de ceux qui vinrent sous le règne de Phi- «56 lippe VI, fut un jeune homme appelé Owen, que le roi retint près de lui et fit élever parmi les pages de sa chambre. Cet Owen était de la famille de Lewelljn, selon toutes les vraisemblances son petitneveu, peut-être son petit-fils ; et les Français, qui le regardaient comme l'héritier légitime de la principauté de Galles, lui donnaient le nom d'Evain ou Yvain de Galles '. Après la mort de Philippe de Valois, le jeune émigré continua de vivre à la cour de France, très-aimé du roi Jean, auprès duquel il combattit à la fatale journée de Poitiers. Plus tard, sous le règne de Charles V, la guerre s'étant renouvelée contre les Anglais, Owen fut chargé de divers commandements militaires, et, entre autres, d'une descente dans l'île de Guernesej, qui était anglaise depuis la conquête de l'Angleterre par les Normands. Quoique simple écuyer, il eut plus d'une fois sous ses ordres des chevaliers de renom; sa compagnie, comme on disait alors, était de cent hommes d'armes, tous Gallois, à la tête desquels il fit plusieurs campagnes en Limousin, en Périgord et en Saintonge, contre les capitaines du roi d'Angleterre. Un de ses parents, Jean Win, célèbre pour sa courtoisie, et qu'on surnommait le Poursuivant d\imours, servit avec lui dans cette guerre, ayant de même sous sa bannière une petite troupe de réfugiés galloise
. 1. Froissart^ vol. I, cliap. ccLiii, p. 551, et chap. cccv, p. 420.
2. Les noms des trois autres Gallois tle distinction, Edwardap-Owen, Owen-ap-Griftitli et Robin-ap-Llwydin, iigiirent dans les montres ou revues d'hommes d'armes, vers la fin du qi'.atorzième
>356 Le petit-neveu de Lewellyii nourrissait dans l'exil la pensée d'affranchir son pays de la domination ano'iaise, et de recouvrer, comme lui-même le dit dans une charte, l'héritage des rois de Galles, ses prédécesseurs*. Il reçut du roi Charles V des secours en argent, en munitions et en navires ; mais, malgré cet appui, son ambition et son courage, il ne parvint pas à revoir la terre de Cambrie, et ne rencontra des Anglais que sur des champs de bataille étrangers. Il suivit Duguesclin en Espagne, où pendant deux ans les rois de France et d'Angleterre se firent la guerre au nom de la rivalité de deux prétendants au trône de Castille, Pierre le Cruel et Henri de Transtamare. A l'un des combats livrés dans cette guerre, le comte de Pembroke et d'autres chevaliers anglais d'origine normande furent faits prisonniers par les Français, et comme on les emmenait à Saint-André, en Galice, Owen, qui s'y trouvait alors, alla les voir, et, s'adressant au comte de Pembroke, en langue française : « Comte, dit-il, venez-vous en ce pays « pour me faire hommage des terres que vous tenez «dans la principauté de Galles, dont je suis héri- « tier, et que votre roi m'ôte et m'enlève contre tout « droit ^ ? »
• Le comte de Pembroke fut étonné de voir un homme qu'il ne connaissait nullement l'aborder de
siècle. Voyez ci-après, Pièces justificatives, Conclusion, n^s 2, 3, 4, 5 e't 6. — Je suis redevable de ces nouveaux documents à l'obligeance de M. Lacabane. Ils font partie des nombreux matériaux recueillis par lui pour sa grande édition de Froissart.