Moustrelet^ t. i, Li
2. Et ibi cepit fortalitia... occupavit munitiones et castra omnium adversariorum dicti pi'incipis Gallite, (Cliron. britann. ; D. Lobineau, Hist. de Bretagne, t. II, p. 366.)
1^05 ennemies restèrent ainsi huit jours en présence, sé-
»407 parées par un grand vallon. Chaque jour, de part et
d'autre, on se formait en bataille pour attaquer;
mais tout se bornait à des escarmouches, où furent
tués quelques centaines d'hommes.
L'armée française et galloise souffrit bientôt du manque de vivres, parce que les Anglais occupaient la plaine aux environs de ses cantonnements. Suivant leur tactique accoutumée, les Gallois se jetèrent de nuit sur les bagages de l'ennemi, et, s'emparant de la plus grande partie des provisions de bouche, ils déterminèrent à la retraite l'armée anglaise, qui, à ce qu'il paraît, ne voulait pas engager le combat la première*. Les gens d'armes français, peu habitués à la famine, et à qui le grand attirail d'armes, de chevaux et de valets qu'ils traînaient avec eux, ne rendait ni aisée ni agréable la guerre dans un pays montagneux et pauvre, s'ennuyèrent de cette entreprise, où il y avait beaucoup de dangers obscurs à essuyer, et peu de renom à acquérir par de brillants faits d'armes en plaine ou en champ clos. Laissant donc le peuple cambrien se débattre avec ses ennemis nationaux, ils traversèrent de nouveau le pays de Galles, et allèrent débarquer à Saint-Pol-de-Léon, racontant qu'ils venaient de faire une campagne que, de mémoire d'homme, aucun roi de France n'avait osé entreprendre *, et qu'ils avaient ravagé plus de soixante lieues de pays dans les domaines du roi