Johan. de Fordun Scotichron., p. 969, éd. Hearne
1306 Edouard P' partit en effet pour l'Ecosse avec toute sa chevalerie d'Angleterre et d'Aquitaine, des archers de race anglaise, tellement habiles qu'ils perdaient rarement une de leurs douze flèches, et disaient, en plaisantant, qu'ils avaient douze Écossais dans leurs trousses ; enfin, des Gallois armés à la légère, qui étaient plus souvent en querelle avec les Anglais qu'avec l'ennemi, pillaient des premiers lorsqu'il y avait quelque chose à prendre, mais le plus souvent restaient neutres durant l'action. Malgré le courage et l'énergie patriotique des Écossais, la guerre fut malheureuse pour eux. Leur roi ne la soutenait point de bonne grâce, et se montrait toujours prêt à faire amende honorable au roi Edouard, pour la résistance qu'il avait entreprise, disait-il, par mauvais et faux 1306 conseil^. De plus, il n'y avait alors en Ecosse ni villes 1308 }^iQi\ fortifiées, ni châteaux forts à la manière de ceux que les Normands avaient bâtis en Angleterre. Les habitations seigneuriales n'étaient point des donjons entourés d'une triple muraille, mais de petites tours carrées, avec un simple fossé, ou situées sur le bord de quelque ravin. Le roi Edouard pénétra donc facilement dans les plaines d'Ecosse, s'empara de toutes les villes, où il mit garnison, et fit transporter à Londres la fameuse pierre sur laquelle on couronnait les rois du pays*. Ceux des Écossais qui ne voulurent point se soumettre à la domination étrangère
1. Cum nous par nostre malvès counsaile et faus, etc. (Texte officiel, Henrici Knygtou de Evenl. Angl.y lib. III, apud Hist. anijlic. Script., t. Il, col. 24B1, éd. SeJ'.eii.)