‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 158 sur 214 · Ibid., V. 79 à · texte numérisé non relu

Ibid., V. 79 à

ii'3 berté au parlement d'Irlande : il ne pouvait se réunir *3i6 sans que le roi eût approuvé les motifs de sa convocation, et même alors il ne votait que sur les articles rédigés d'avance en Angleterre. D'un autre côté, le gouvernement anglais déployait tous ses moyens d'action sur les Irlandais d'origine pour les faire renoncer à leurs usages nationaux et à leur ancien ordre social. Il faisait déclarer par les archevêques, presque tous venus d'Angleterre, que les vieilles lois du pays, celles qui avaient régi l'Irlande dans le temps où on la nommait l'Ile des Saints, étaient abominables à Dieu ^. Tout Irlandais convaincu d'avoir soumis quelque procès à des juges de sa nation était excommunié, et rangé au nombre de ceux que les actes publics d'Angleterre, encore écrits en langue française , nommaient : les Irreys anemis nostre seigneur le rey ^.

Afin de réagir contre les efforts que faisait le gouvernement anglais pour détruire leurs anciennes mœurs, les Irlandais mirent toute leur opiniâtreté à les maintenir ^. Ils montraient une aversion violente contre la politesse et la recherche des manières anglo-normandes : « Ne faisant compte , dit l'his- « torien Froissart, de nulle joliveté, et ne voulant « avoir aucune connoissance de gentillesse , mais « demeurer en leur rudesse première '*. » Cette ru-

1. Pro eo quod leges quibus utuntur Hibernici Deo abominabiles existunt. (Statuts d'Edouard 1er.)

2. Rôles du parlement d'Angleterre, vingtième année de Henri VI. — Irreys pour Irrois, comme rey pour roi^ est du dialecte anglo-normand. En langue anglaise, on disait Irish.

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