Froissart, vol. II. ebap. lxxiv, p
d'anciens noms saxons, appelaient bondes, cotiers 1205 ou cotagers S leurs souffrances individuelles étaient i^si bien plus grandes que celles des bourgeois , et sans aucune compensation ; car ils n'avaient point de magistrats de leur choix, et parmi eux il ne se trouvait personne à qui on donnât le titre de sire ou de lord ^. A la différence des habitants des villes , leur servitude s'était aggravée par la régularisation de leurs rapports avec les seigneurs des manoirs auxquels ils étaient attachés ; l'ancien droit de conquête s'était subdivisé en une foule de droits moins violents en apparence, mais qui entouraient d'entraves sans nombre la classe d'hommes qui s'y trouvait soumise. Les voyageurs du quatorzième siècle s'étonnaient du grand nombre de serfs qu'ils voyaient en Angleterre, et de l'excessive dureté de leur condition dans ce pays ^ , comparativement à ce qu'elle était sur le continent et même en France. Le mot bondage exprimait alors ]^ dernier degré de la misère sociale ; pourtant ce mot, auquel la conquête avait donné une pareille signification, n'était qu'un simple dérivé de l'angio-danois bond, qui, avant l'invasion des Normands, désignait un cultivateur libre et un père de famille vivant à la campagne, et c'est dans ce sens qu'on le joignait au mot saxon hus^ pour désigner un chef de maison, kusbond, ou husband, selon l'orthographe de l'anglais moderne *.