Froissart, yol. II, chap. lxxtv à lxxix, p. 133 et suiv
2. Congregatio-;:C3 et conventicula illicita. (Rymer, Fœdera, conrentiones, litterx, t. III, pars III, p. 123, éd. de La Haye.)
Ï265 « ni vilains, ni gentilshommes, que nous soyons tous «281 « égaux, et que les seigneurs ne soient pas plus « maitres que nous. Comment l'ont-ils mérité, et « pourquoi nous tiennent-ils en servage ? car nous « sommes tous venus des mêmes père et mère, Adam « et Eve. Ils sont vêtus de velours et de cramoisi, « fourrés de vair et de gris ; ils ont les viandes , les « épices et les bons vins , et nous avons la peine et «le travail, la pluie et le vent aux champs ^.. » Là-dessus, toute l'assemblée en tumulte s'écriait : « Il ne faut plus qu'il y ait de serfs ; nous ne voulons « plus être traités comme des bêtes ; et si nous trace vaillons pour les seigneurs, il faut que ce soit avec « salaire ^. »
Ces réunions, formées dans plusieurs lieux des provinces de Kent et d'Essex, se régularisèrent secrètement, et envoyèrent des députés dans les provinces voisines, pour s'entendre avec les gens de la même classe et de la même opinion ^ Ainsi s'organisa une grande association, ayant pour but de contraindre les gentilshommes à renoncer à leurs privilèges. Une chose plus remarquable encore, c'est qu'il circulait dans les villages de petits écrits, sous forme de lettres, où l'on recommandait aux associés la persévérance et la discrétion, en termes mystérieux et proverbiaux. Ces écrits, dont un auteur du