‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 181 sur 214 · Froissait, vol. II, chap. Lxxiv à lxxix, p. 133 et suiv · texte numérisé non relu

Froissait, vol. II, chap. Lxxiv à lxxix, p. 133 et suiv

3. Et sic miserunt imusquisque ad amicos et cognatos suos.^ et sic ulterius de villa iu villam et de patria in patriam rogantes et petentes consilium eorum et auxilium. (HenricI Knygbtoii de £i'enf. anrjL, ]\h. V^ apud Hist. anglic. Script., t. ]I. col. 2633^ e;l. Sclden.)

temps nous a conservé quelques-uns, sont composés 126-, dans un anglais plus pur, c'est-à-dire moins mélange tssi de français que ne le sont d'autres pièces de la même époque, destinées à l'amusement des riches bourgeois des villes. Ces pamphlets du quatorzième siècle n'ont d'ailleurs rien de curieux que leur existence même , et le plus significatif de tous , qui est une lettre adressée au peuple des campagnes par un prêtre nommé John Bail, contient les passages suivants : « John Bail vous salue tous, et vous « fait savoir qu'il a sonné votre cloche. Or donc, « à l'ouvrage ! prudence et constance , effort et c( accord ; que Dieu donne hâte aux paresseux ! «Tenez -vous bravement ensemble, et secourez- « vous fidèlement : quand la fin est bonne, tout « est bien * . »

Malgré la distance qui séparait alors la condition isai des paysans de celle des bourgeois , et surtout des bourgeois de Londres, ces derniers entrèrent, à ce qu'il paraît , en relation intime avec les serfs de la province d'Essex, et promirent m.ême de leur ouvrir les portes de la ville et de les laisser entrer sans aucune opposition, s'ils voulaient venir en masse faire leur demande au roi Richard ^. Ce roi entrait dans sa seizième année, et les paysans, dans leur bonne

1. Jon Balle gretyth yow wele aile and doth yow to understande, he hath rungen youre belle. Nowe rigt and mygt, wylle and skylle. God spede every y dele... stonde manlyche toge dyr in trewtlie and helpeg... iftlie ende be wele, than is aile wele. (Henrici Knyghton, de Event angl., lib. V, apud Scriiit. anglic, t. II col. 2637 et 2638, éd. Selden.)

2. Londonienses de eorum ad ventu longe ante tempore intellexerant (Ibid., col. 2634, éd. Selden.)

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1265 foi, et dans la conviction où ils étaient de la justice i^si de leur cause, espéraient qu'il les affranchirait tous d'une manière légale, et sans qu'ils eussent besoin de recourir à la violence. Aussi le mot habituel des serfs, dans leurs conversations et leurs conciliabules politiques, était : «Allons au roi, qui est jeune, c( et remontrons-lui notre servitude ; allons-y en- « semble , et, quand il nous verra, nous en obtien- « drons quelque chose de bonne grâce, ou bien nous « userons d'autre remède *. » L'association formée autour de Londres s'étendait de proche en proche avec rapidité, lorsqu'un accident imprévu, en contraignant les affiliés d'agir avant qu'ils eussent acquis une assez grande force et une organisation assez complète, détruisit les espérances qu'ils avaient conçues, et remit aux progrès de la civilisation européenne l'abolition graduelle de la servitude en Angleterre.

En l'année 1381, les besoins du gouvernement pour la guerre et pour les dépenses de luxe lui firent décréter une taxe de douze sous par personne, de quelque condition qu'elle fût, qui aurait passé l'âge de quinze ans. La levée de cet impôt n'ayant pas rendu tout ce qu'on en avait espéré, des commissaires furent envoyés pour s'enquérir de la régularité du payement -. Dans leurs recherches auprès des nobles et des riches, ils mirent des égards et de la cour-

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