LIVRE XI 3i
disait que le roi d'Angleterre était un traître qui nsi n'avait point observé les conditions de la dernière paix faite avec lui, et que si Tancrède et ses gens voulaient lui faire la guerre ouverte , ou l'attaquer de nuit par surprise, l'armée de France serait toute prête à les aider ^ Richard garda quelque temps le secret sur cette confidence ; mais dans une des disputes fréquentes qu'occasionnait entre lui et son frère d'armes leur séjour prolongé dans le même lieu , il présenta subitement la lettre au roi de France, lui demandant s'il la reconnaissait"^. Sans répondre à cette question, Philippe attaqua de paroles le roi d'Angleterre : « Je vois ce que c'est, lui « dit-il; vous me cherchez malice pour avoir pré- « texte de ne point épouser ma sœur Aliz, que vous « avez juré d'épouser ; mais tenez pour certain que « si vous l'abandonnez et prenez une autre femme, je (( serai toute ma vie ennemi de vous et des vôtres ^. » « — «Votre sœur, reprit tranquillement Richard, je « ne puis l'épouser; car il est certain que mon père « l'a connue, et qu'il a eu d'elle un enfant ; ce que je « puis prouver, si vous l'exigez, par de bons et nom- « breux témoignages '^. »
Ce n'était pas une découverte que Richard venait
1. Quod rex Anglise proditor erat... et si ipse rex Tancredus vellet cum rege Anglise in bello congredi, vel de nocte invadere, ille et gens sua aiixiliarentur ei. (Roger, de Hoved. Annal., pars posterior, Rer. anglic. Script., p. 688^ éd. Savile.)