‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 41 sur 214 · Guilielm. Neiibrig., De reb. anglic, p. 428, éd. Hearne · texte numérisé non relu

Guilielm. Neiibrig., De reb. anglic, p. 428, éd. Hearne

3. Vel frustra timebat, vel potins se ad augendara invidiam timere fingebat. (Ibid.^ p. 437.)

4. Quod ad suggestionem et mandatum régis Aiigliœ Richard! mittebantur Ai'sacidse. (Rigordus, apud Script, rer. gaUic. et francic, t. XVII, p. 37.) — Roger, de Hoved. inHo/.^ pars posterior, apud Rer. anglic. Script., p. 716, éd. Savile.

par surprise les ennemis de leur foi. On croyait i'^généralement qu'il existait dans les défilés du mont Liban une tribu entière de ces enthousiastes, soumise à un chef appelé le Vieux de la Montagne, et que les vassaux de ce personnage mystérieux, à son premier signal, couraient joyeusement à la mort^ Le nom de Haschischi, par lequel on les désignait en langue arabe, provenait de celui d'une plante enivrante dont ils faisaient un fréquent usage pour s'exalter ou s'étourdir-.

On conçoit que le nom de ces hommes qui poignardaient à l'improviste, frappaient les généraux d'armée au milieu de leurs soldats, et mouraient en riant, pourvu qu'ils n'eussent pas manqué leur coup, devait inspirer une grande terreur aux croisés et aux pèlerins de l'Occident. Ils rapportaient un souvenir si vif de l'effroi qu'ils avaient ressenti au seul mot à'assassin, que ce mot passa bientôt dans toutes les bouches, et que les contes d'assassinat les plus absurdes purent trouver aisément en Europe des gens disposés à y croire. Cette disposition existait, à ce qu'il paraît, en France, lorsque le roi Philippe assembla ses barons en parlement à Paris. Nul d'entre eux n'exprima de doute sur le péril du roi; et Philippe, soit pour mieux exciter parmi ses vas-

1. Fertur esse in Oriente, agens suh ditione cujusdam potentis Sarraceni . quem Senem agnominant, quoddam hominum genus... (Guilielm. Neubrig,, De reb. anylic, p. 435, éd. Heanie.) — Le mot de Vieux donné par les croisés au chef delà tribu des Assassins, est la traduction du mol scheik^ qui, en arabe, signifie un homme âgé et un chef de tribu.

2. Cette plante est une espèce de chanvre, appelé en arabe hascliische. (Voyez la Chrestomathie arabe de M. Sylvestre de Sacy.)

1192 saux la haine contre le roi d'Angleterre, soit pour se donner de nouvelles sûretés contre ses autres ennemis et contre ses sujets eux-mêmes, entoura sa personne de précautions extraordinaires*. « Contre la « coutume de ses aïeux, disent les contemporains, il (( ne marcha plus qu'escorté de gens en armes, et « institua, pour plus grande sécurité, des gardes de « son corps, choisis parmi les gens qui lui étaient le « plus dévoués, et portant des massues de cuivre^. » On dit que certaines personnes qui, usant de la familiarité accoutumée, s'approchèrent de lui par mégarde , coururent le danger de la vie *. « Cette nou- « veauté royale étonna beaucoup de gens, et leur « déplut singulièrement \ »

Le mauvais effet produit par l'institution de ces gardes du corps, alors appelés sergents à masses^ obligea le roi Philippe à convoquer de nouveau l'assemblée des barons et des évêques de France ^ Il renouvela devant elle ses premières imputations cqntre le roi d'Angleterre, assurant que c'était lui qui avait fait tuer à Tjr, en plein jour, le marquis de Mont-

1. Ad majorem cautelain corporis sui. (Rigordas, apud Script, rer. galHc, et francic, t. XVII^ p. 37.)

2. Prœter morem niajoruni suorum, nonnisi armata vallatus custoclia, procedebat. (Guilieliu. Neubrig. de Reb. mtiglic., p. 437, éd. Hearne.) — Instituit... custodes corporis sui, clavas œreas semper in manibus portantes. (Rigordus, apud Script, rer. gallic. et fraiicic, t. XVII, p. 37.)

3. Quidam familiari ausu propius accedentes, non sine periculo... (Guilielm. Neubrig., loc. sup. cit.)

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