‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 51 sur 214 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. Déposait se de regno Angliœ, et tradidit illud imperatori sicut universorum domino et investivit eum inde per pileum suum. (Ibid., p. 724.)

LIYRL XI 57

« une double croix d'or*. » Après cette cérémonie, ^-^■ l'Empereur, les évèques et les seigneurs d'Allemagne promirent par serment, sur leur âme, que le roi d'Angleterre serait mis en liberté aussitôt qu'il aurait payé cent mille marcs d'argent; et dès ce jour, la captivité de Richard devint moins étroite ^.

Pendant ce temps, le comte de Mortain, poursuivant ses intrigues et ses manœuvres , sollicitait les justiciers d'Angleterre, l'archevêque de Rouen et les barons de Normandie, de lui jurer fidélité et de le reconnaître pour roi. La plupart refusèrent; et le comte, se sentant trop faible pour les contraindre à faire ce qu'il souhaitait, passa en France, et conclut un traité formel avec le roi Philippe ^ Il s'avoua vassal et homme lige de ce roi pour l'Angleterre et tous les autres États de son frère, jura d'épouser sa sœur, et de lui abandonner une partie considérable de la Normandie, Tours, Loches, Amboise etMontrichard, aussitôt que, par son secours, il serait devenu roi d'Angleterre '*. Enfin il souscrivit à la clause suivante : « Et si mon frère Richard m'offrait « la paix, je ne l'accepterais point sans l'aveu de mon

1. Sed iraperator .. statim reddidit ei... resjniim ^ngli* teuendum de ipso, pro quinque millibus lib. sterlogoruni... de tributo solvendis et investivit eum inde... per duplicem crncem de auro. (Roger, de Hoved. Aimai., pars posterior^ aj^ud Rer. anglic. Script., p. 724, éd. Savile.)

2. Episcopi et duces cura universa nobilitate qnse aderat juraverunt in animam imperatoris... (Guilielm. Neubi-ig. deReb. anglic.^ p. 477, ed, Hearne.)

3. Rigordus, De rjest. Phil. Aug., apud Script, rer. gallic. et fraude.^ t. XVII, p. 40. — (Roger, de Hoved., loc. sup. cit.")

4. Homo suus devenit de Normannia et cceteris terris fiTctris sui (Ibid.)

1193 « allié de France, même dans le cas où mon allié la « ferait pour son propre compte avec mon dit frère « Richard * . »

Après la conclusion de ce traité, le roi Philippe passa la frontière de Normandie avec une armée nombreuse , et le comte Jean fit semer de l'argent parmi les tribus galloises encore libres pour les engager à seconder par une invasion les manœuvres de ses partisans en Angleterre ^ Ce peuple , opprimé par les Normands, mit avec joie sa haine nationale au service de l'une des deux factions qui déchiraient ses ennemis ; mais, incapable de grands efforts hors du petit pays où il défendait si opiniâtrement son indépendance , il fut peu utile aux adversaires du roi Richard. Ces derniers obtinrent d'ailleurs peu de succès en Angleterre; et cette circonstance détermina le comte Jean à demeurer près du roi de France, et à tourner toutes ses vues du côté de la Normandie ^ Ainsi exemptée du fléau de la guerre, l'Angleterre n'en fut pas plus heureuse, car elle avait à subir d'énormes tributs levés pour la rançon du roi. Les collecteurs royaux parcouraient le pays dans tous les sens, et faisaient contribuer toutes les classes d'hommes, clercs ou laïques. Saxons ou Normands *. Toutes les sommes levées partiellement dans les pro-

1. Si autem Ricardiis frater raeuS rex Angliœ cum rege Franciae faceret pacem, et per ipsum ofFerret mihi pacem, ego, sine voluntate régis FranciîB; cura rege Angliœ pacem facere non possem. (Rigordns, De gest. Phil. Âug., apud Script, rer. gallic. et francic, t. XVII, p. 40.)

2. Annales waverleienses, apud Rer. anglic. Script., t. II, p. 164, éd. Gale.

3. Guilielm. Neubrig. De reb. anglic, p. 467 et 468, éd. Hearne.

4. Nulli parcentes, nec ulla erat distinctio, (Tbid., p. 478.)

Page 1