‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 52 sur 214 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

vinces furent réunies à Londres; l'on avait calculé 1193 que le total devait s'élever au montant de la rançon ; mais on trouva un énorme déficit causé par la fraude des employés *. Cette première levée se trouvant insuffisante, les officiers royaux en firent commencer une nouvelle, se servant, disent les historiens, du nom plausible de rançon du roi pour couvrir leurs honteuses rapines *.

Il y avait près de deux ans que Richard était en prison ; il s'ennuyait de sa captivité , et envoyait message sur message à ses officiers et à ses amis d'Angleterre et du continent, pour les presser de le délivrer en payant sa rançon '. Il se plaignait amèrement d'être négligé par les siens, et de ce qu'on ne faisait pas pour lui ce que lui-même eût fait pour tout autre. Il exprima ses plaintes dans une chanson composée en langue romane méridionale, idiome qu'il préférait au dialecte moins poli de la Normandie, de l'Anjou et de la France.

G J'ai assez d'amis, mais ils donnent pauvrement; ({ c'est honte à eux si, faute de rançon, depuis deux « hivers je suis prisonnier*.

1. Quod accidisse creditur per fraudera executorum. (Guilielm. Xeitbrig., de Reb. anglic, p. 479, éd. Gale.)

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