Robin Hoodes Garland
1189 héros de Sherwood, dépouillée de ses ornements 1194 poétiques, ne se lit plus que parmi les contes à l'usage des enfants.
Aucune des ballades qui nous ont été conservées ne raconte la mort de Robin Hood ; la tradition vulgaire est qu'il périt dans un couvent de femmes, où un jour, se sentant malade, il était allé demander des secours. On devait lui tirer du sang, et la nonne ' qui savait faire cette opération, ayant reconnu Robin Hood, la pratiqua sur lui de manière à le tuer ^ Ce récit, qu'on ne peut ni affirmer ni contester, est assez conforme aux mœurs du douzième siècle ; beaucoup de femmes, dans les riches monastères, s'occupaient alors à étudier la médecine , et à composer des remèdes qu'elles offraient gratuitement aux pauvres. De plus, en Angleterre, depuis la conquête, les supérieures des abbayes et la plus grande partie des religieuses étaient d'extraction normande, ainsi que le prouvent leurs statuts, rédigés en vieux français^: cette circonstance explique peut-être comment le chef de bandits saxons, que les ordonnances royales avaient mis hors la loi, trouva des ennemies dans le couvent où il était allé chercher assistance. Après sa mort , la troupe dont il était le chef et l'âme se dispersa ; et Petit-Jean, son fidèle compagnon, désespérant de se maintenir en Angleterre, et poussé par l'envie de continuer la guerre contre les Normands, se rendit en Irlande, où il prit part aux révoltes des
1. Percy's Reliques of ancient English poetry, vol, I, p. 198, 6« éd
2, Régulai monialium Beatœ Mariœ de Sopwell, in auctuario adclitamentor., ad Matth. Paris^ t. I, p. 261.