‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 95 sur 214 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

d'armes apostés près de là*. William n'avait pour i»96 toute défense qu'un de ces longs couteaux que, selon la mode du temps, on portait à la. ceinture ; il le tira, et d'un seul coup fît tomber Geoffroy mort à ses pieds. Au même instant arrivèrent les soldats, vêtus, de la tête aux pieds, de mailles à l'épreuve du poignard; mais William et ses neuf compagnons, à force de courage et d'adresse, firent si bien, qu'ils leur échappèrent, et entrèrent en fuyant dans l'église la plus voisine, dédiée à la Vierge, et que les Normands appelaient Sainte-Marie de l'Arche-. Ils en fermèrent les portes et s'y barricadèrent. Les gens armés qui les poursuivaient essayèrent de forcer l'entrée, mais ne purent y parvenir; et le grand justicier, apprenant cette nouvelle, envoya des courriers vers les châteaux voisins pour faire arriver, en grande hâte, de nouvelles troupes, ne se fiant pas, dans ce moment critique, à la seule garnison de la Tour de Londres ^

1. Cum eisdem civibus ad capiendum eum armatam manum emisit. Quorum unus... (Guilielm. Xeubrig. de Reb. anglic, p. 563, ed Hearne.) — Ad quem capieudum cum... Gaufridus veniret... (Eoger. de Hoved. A7mal., pars posterior, apud Ber. anglic. Script., p. 765, ed. Savile.)

2. Loricatœ multitudinis. (Guilielm. Neubrig. de Beb. anglic, p. 563, ed. Hearne.) — Sola sica se defendens. (Matth. Paris, t. I, p. 181.

— Incluserunt se iu ecclesia... Sanctœ Marise de l'Arche. (Roger, de Hoved. Annal., pars posterior, apud Ber. anglic. Script,, p. 765, ed. Savile.)

3. Convocata non modiea armata militia, vicos eivitatis et plateas observare prœcepit, ne fœdus initum cives rumperent. {Chron. Gervas. Cantuar., apud Hist. anglic. Script., t. U, col. 1591, ed. Selden.)

— Militares copias ex vicinis... provinciis accersitas. (Guilielm. Neubrig. de Reb anglic, p. 563, ed. Hearne.)

i06 CONQUÊTE DE L'ANGLETERRE

t»96 Le bruit de ces événements causa dans la ville une grande fermentation : le peuple était sensible au péril de l'homme qui avait si généreusement pris sa défense * ; mais il montrait en général plus de tristesse que de colère. La vue des soldats qui entraient en bon ordre pour occuper les rues et les places , et surtout la conviction qu'au premier soulèvement les otages seraient mis à mort, retinrent les bourgeois dans leurs ateliers et leurs boutiques ~. Ce fut vainement que les réfugiés attendirent du secours, et que quelques hommes déterminés exhortèrent leurs concitoyens à marcher en armes vers l'église de Sainte-Marie ; la masse resta inerte et comme frappée de stupeur ^

Pendant ce temps, William et ses amis se préparaient de leur mieux à soutenir un siège dans le clocher, où ils s'étaient retirés; sommés plusieurs fois de sortir, ils refusèrent toujours; et l'archevêque de Canterbury, pour les chasser plus promptement de leur poste, fit amasser une grande quantité de bois et mettre le feu à l'église ^ La chaleur et la fumée,

1. Zelans pro pauperculo... populo, (Henrici Knygton de Event. AngL, apud Hist. anglic. Script., col. 2410, ed Selden.)

2. Sperans populum mature aflfuturum qui nimirnin^ etsi de ipsius periculo doluit^ tameu vel respecta obsidum vel metu... ad ereptionem ejus non accurrit. (Guilielm. Neubrig. de Reb. angîic, p. 563, ed. Hearne.)

3. Sed per pusillanimes et dégénères, dissipatum est consilium civium "NVillelmo confœderatorum ad resistendum ipsorum injuriœ. (Matth. Paris, t. I, p. 181.)

4. Et cum nec sic reddere se vellent, ex prœcepto archiepiscopi Cantuariae... appositus est ignis. (Roger, de Hoved. Annal., pars posterior, apud Rer. anglic. Script., p. 765, ed. Savile.) — Supposito

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