‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 3)Chapitre 126 sur 155 · LIVRE X · texte numérisé non relu

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l'ûitoii; et Robert de Beaumont, qui avait mis la main à l'épée contre le roi, alla en Angleterre se joindre à Iliifiues Bigot, l'un des plus riches barons du pays, et zélé partisan de la rébellion.

Avant que le comte Robert eût pu arriver dans sa ville de Leicesler, elle fut attaquée par Richard de Lucy, grand justicier du roi. Les hommes d'armes du comte se défendirent vigoureusement et obligèrent les bourgeois saxons de combattre avec eux; mais une partie du rempart ayant été ruinée, les soldats normands firent leur retraite dans le château deLeicester, abandonnant la ville à elle-môme. Les bourgeois continuèrent de résister, ne voulant point se rendre à discrétion h ceux pour lesquels ce n'était que péché véniel de tuer un Anglais en révolte. Obliges enfin de capituler, ils achetèrent pour trois cents livres d'argent la permission de quitter leurs maisons et de se disperser où ils voudraient. Ils cherchèrent un refuge sur les terres des églises : quelquesuns se rendirent au bourg de Saint-Alban, et un grand nombre à celui de Saint-Edmund, martyr de race anglaise, toujours prêt, selon l'opinion populaire, à protéger les hommes de sa nation contre la tyrannie des étrangers. A leur départ, la ville fut démantelée par les troupes royales, qui enlevèrent les portes et abattirent les murailles. Pendant que les Anglais de Leicester étaient ainsi châtiés de ce que le gouverneur normand avait pris part â la révolte, l'un des lieutenants de ce gouverneur, appelé Anquetil Malory, ayant réuni un assez grand nombre de vassaux et de partisans du comte Robert, attaqua la ville de Northamplon, dont le vicomte tenait pour le roi. Ce vicomte força les bourgeois de prendre les armes pour son parti, comme ceux de Leicester avaient été armés de force pour l'autre cause. Un grand nombre furent tués et blessés, et deux cents emmenés prisonniers. Tel est le triste rôle que jouait la population de race anglaise dans la guerre civile des fils de ses vainqueurs.

Les fils naturels du roi Henri étaient restés fidèles â leur père, et l'un d'entre eux, Geoffroy, évéque de Lincoln, poussait vivement la guerre, assiégeant les châteaux et les forteresses des barons de l'autre parti. Pendant ce temps, Richard fortifiait pour sa cause les villes et les châteaux du Poitou et de l'Angoumois, et ce fut contre lui que le roi marcha d'abord avec ses fidèles Brabançons, laissant la Normandie, où il avait le plus d'amis, se débattre contre le roi de France. Il mit le siège devant la ville de Saintes, défendue alors par deux châteaux, dont l'un portait le nom de capitule, reste des souvenirs de l'ancienne Rome, conservés dans plusieurs cités de la Gaule méridionale. Après la prise des forts de Saintes, Henri H attaqua avec ses machines de guerre les deux grosses tours de l'église épiscopa'e, où les partisans de Richard s'étaient cantonnés. Il s'en empara, ainsi qu? du fort de Taillcboiu-g cl de plusieurs autres châteaux, et dans son retour vers l'Anjou il dévasta

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toute la frontière du pays des Poitevins, brûlant les maisons et déracinant les vignes et les arbres à fruits. A peine arrivé en Normandie, il apprit que son fils aîné et le comte de Flandre, ayant rassemblé une grande armée navale, se préparaient à descendre en Angleterre. Cette nouvelle le décida à s'embarquer lui-même pour ce pays ; il emmena prisonnières sa femme Élconore et sa bru Marguerite^, fille du roi de France.

De Southampton, lieu de son débarqiftment, le roi se dirigea vers Canterbury, et du plus loin qu'il aperçut l'église métropolitaine, c'està-dire à trois milles de distance, il descendit de cheval, quitta ses habits de soie, dénoua sa chaussure, et se mit à marcher nu-pieds sur le pavé rocailleux et couvert de boue. Arrivé dans l'église qui renfermait le tombeau de 'Ihomas Beket, il s'y prosterna la face contre terre, pleurant et sanglotant en présence de tout le peuple de la ville, attiré par le son des cloches. L'évèque de Londres, ce même Gilbert Foliot qui avait été le plus grand ennemi de Thomas durant sa vie, et qui, après sa mort, avait voulu le faire jeter dans un bourbier, monta en chaire, et s'adressant à l'assistance : « Tous tous ici présents, dit-il, sachez que Henri. (( roi d'Angleterre, invoquant, pour le salut de son âme, Dieu et le saint (( martyr, proteste devant vous n'avoir ni ordonné, ni voulu, ni causé u sciemment, ni souhaité dans son cœur la mort du martyr. Mais, « comme il serait possible que les meurtriers se fussent prévalus de '< quelques paroles prononcées par lui imprudemment, il déclare im- (( plorer sa pénitence des évêques ici rassemblés, et consentir à sou- « mettre sa chair nue à la discipline des verges. »

En effet, le roi, accompagné d'un grand nombre d'évêques et d'abbés normands, et de tous les clercs normands et saxons du chapitre de Canterbury, se rendit à l'église souterraine, où deux ans auparavant on avait été obligé d'enfermer, comme dans un fort, le cadavre de l'archevêque, pour le soustraire aux insultes des officiers royaux. Là, s'agenouillant sur la pierre de la tombe et se dépouillant de ses vêtements, il se plaça, le dos nu, dans la posture où naguère ses justiciers avaient fait placer les Anglais publiquement Qagellés pour avoir accueilli Thomas à son retour de l'exil, ou l'avoir honoré comme un saint. Chacun des évêques, dont le rôle était arrangé d'avance, prit un de ces fouets à plusieurs courroies, qui servaient dans les monastères à infliger les corrections ecclésiastiques, et que pour cela on nommait disciplines. Ils en déchargèrent chacun trois ou quatre coups sur les épaules du roi, en disant : « De même que le Rédempteur a été flagellé pour les péchés des « hommes, de même sois-le pour ton propre péché, d De la main des évêques la discipline passa dans celle des simples clercs, qui étaient en grand nombre, et la plupart Anglais de race. Ces fils des serfs de la conquête imprimèrent les marques du fouet sur la chair du petit-fils du

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Conquérant, non sans éprouver une secrète joie, que semblent tiahir (|uel(jues plaisanteries atnères consignées dans les récits du temps.

Mais ni cette joie ni ce triomphe d'un moment ne pouvaient être d'aucun fruit pour la population anglaise ; au contraire, cette populati(jn était prise pour dupe dans la scène d'hypocrisie que jouait devant elle le roi de race angevine. Henri II, \oyant se tourner contre lui la plus grande partie de ses sujets du continent, avait reconnu la nécessité de se rendre populaire auprès des Saxons, afin de gagner leur appui. Il pensa que quelques coups de discipline seraient peu de chose, s"il pouvait obtenir à ce prix les loyaux services que le bas peuple d'Angleterre avait autrelois rendus à son aïeul Henri I". En effet, depuis le meurtre de Thomas Leket, l'amour de ce nouveau martyr était devenu la passion, ou, pour mieux dire, la folie du peuple anglais. Le culte religieux dont on entourait la mémoire de l'archevôque avait affaibli et lemplacé presque tous les souvenirs patriotiques. Aucune tradition d indépendance nationale ne l'emportait sur la vive impression produite par ces neuf années pendant lesquelles un primat de race saxonne avait été l'objet des espérances, des vœux et des entretiens de tout Saxon. Un témoignage éclatant de sympathie avec ce sentiment populaire était donc le meilleur appât que le roi pût offrir alors aux Anglais d'origine pour les attirer h lui, et les rendre, selon les paroles d'un vieil historien, maniables sous le frein et le harnais : voiU\ la véritable cause du pèlerinage de Henri II à la tombe de celui qu'il avait aimé d'abord comme son compagnon de plaisirs, et qu'ensuite il avait ha'i mortellement comme son ennemi politique.

« Après avoir ainsi été fustigé de son plein gré, dit la narration con- « temporaine, il persévéra dans ses oraisons auprès du saint martyr tout « le jour et toutelanuit, ne prit point de nourriture, ne sortit pour auc( cun besoin ; mais tel il était venu, tel il resta, et ne laissa mettre sous « ses genoux aucun tapis ni rien de semblable. Après matines, il fit le « lour de l'église supérieure, pria devant tous les autels et toutes les (( reliques, puis revint au caveau du saint. Le samedi, quand le soleil « lut levé, il demanda et entendit la messe ; puis, ayant bu de l'eau bé- « nite du martyr et en ayant rempli un flacon, il s'éloigna, joyeux, de <i l^anterbury. »

Cet appareil de contrition eut un plein succès ; et ce fut avec enthousiasme que les bourgeois des villes et les serfs des campagnes entendirent prêcher dans les églises que le roi s'était réconcilié avec le bienheureux martyr par la pénitence et par les larmes. Il arriva, par hasard, dans le môme temps, que Guillaume, roi d'Ecosse, qui avait fait une incursion hostile sur le territoire anglais, fut vaincu et fait prisonnier près d'Alnwick, dans le Northumberland. La population saxonne, passionnée pour l'honneur de saint Thomas, crut voir dans cette vie-

toire un sis^ne évident de la bienveillance et de la protection du martyr, et dès ce jour elle inclina vers le parti du vieux roi, que le saint paraissait favoriser. Par suite de cette impulsion superstitieuse, les Anglais indigènes s'enrôlèrent en foule sous la bannière royale, et combattirent avec ardeur contre les complices de la révolte. Tout pauvres et méprisés qu'ils étaient, ils formaient la grande massue des habitants, et rien ne résiste à une pareille force, lorsqu'elle se trouve organisée. Les opposants furent défaits dans toutes les provinces, leurs châteaux pris d'assaut, et un grand nombre de comtes et de barons emmenés prisonniers. « On en prit tant, dit un contemporain, qu'on avait peine à trouver (( assez de cordes pour les lier, et assez de prisons pour les enfermer. » Cette suite rapide de victoires arrêta le projet de descente en Angleterre formé par Henri le Jeune et par le comte de Flandre.

Mais sur le continent, où les populations soumises au roi d'Angleterre n'avaient point pour l'Anglais Beket d'affection nationale, les affaires de Henri II ne prospérèrent pas davantage après sa visite et sa flagellation au tombeau du martyr. Au contraire, les Poitevins et les Bretons se relevèrent alors de leur première défaite et renouèrent plus étroitement leurs associations patriotiques. Eudes de Porrhoët, dont le roi d'Angleterre avait autrefois déshonoré la fille, et qu'ensuite il avait banni, revint d'exil, et rallia de nouveau en Bretagne ceux que fatiguait la domination normande. Les mécontents firent plusieurs coups de main audacieux qui rendirent célèbre dans ce temps la témérité bretonne. En Aquitaine, le parti de Richard reprenait aussi courage, et de nouvelles troupes d'insurgés se rassemblaient dans la partie montueuse du Poitou et du Périgord, sous les mêmes chefs qui, peu d'années auparavant, s'étaient soulevés à l'instigation du roi de France. La haine du pouvoir étranger réunissait autour des seigneurs des châteaux les habitants des villes et des bourgs, hommes libres de corps et de biens ; car la servitude n'existait point au midi de la Loire comme au nord de ce fleuve^. Des barons, des châtelains, des fils de châtelains sans patrimoine, suivirent aussi le même parti par un motif moins pur, dans l'espoir de faire fortune à la guerre. Ils commencèrent la campagne en s'attaquant aux riches abbés et aux évoques du pays, dont ia plupart, suivant l'esprit de leur ordre, soutenaient la cause du pouvoir établi. Ils pillaient leurs domaines, ou, les arrêtant sur les routes, ils les enfermaient dans quelque château pour les forcer à payer rançon. Parmi ces prisonniers se trouva l'archevêque de Bordeaux, qui, d'après les instructions papales, avait excommunié les ennemis de Henri le père en Aquitaine, comme l'archevêque de Rouen les excommuniait dans la Normandie, l'Anjou et la Bretagne.

A la tête des révoltés de la Guyenne figurait, moins par sa fortune et son rang que par son ardeur infatigable, Bertrand de Born, seigneur de

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Haute-Fort, près do Périgiicux, homme qui léunissait au plus haut degré toutes les qualités nécessaires pour jouer un grand rôle au moyen âge. 11 était guerrier et poë(e, avait un besoin excessif de mouvement et d'émotions ; et tout ce qu'il sentait en lui d'activité, de talent et desprit, il l'employait aux affaires politiques. Mais cette agitation, en apparence vaine et turbulente, n'était pas sans objet réel, sans liaison avec le bien du pays où Bertrand de Born était né. Cet homme extraordinaire semble avoir eu la conviction profonde que sa patrie, voisine des États des rois de France et d'Angleterre, ne pouvait échapper aux dangers qui la menaçaient toujours d'un côté ou de l'autre, que par la guerre entre ses deux ennemis. Telle, en effet, parait avoir été la pensée qui présida, durant toute la vie de Bertrand, à ses actions et à sa conduite. « En tout temps, dit son biographe provençal, il voulait que '( le roi de France et le roi d'Angleterre eussent guerre ensemble, et si « les rois avaient paix ou trêve, alors il se peinait et se travaillait pour « défaire cette paix. » Par le même motif, Bertrand mit en usage teutce qu'il avait d'adresse pour faire éclorc et envenimer la querelle entre le roi d'Angleterre et ses fils ; il fut l'un de ceux qui, s'emparant de l'esprit du jeune Henri, éveillèrent son ambition et le poussèrent à la révolte. Il prit ensuite un égal ascendant sur les autres fils et même sur le père, toujours à leur détriment et au profit de l'Aquitaine. C'est le témoignage que rend de lui son vieux biographe, avec l'orgueil d'un homme du Midi, étalant la supériorité morale d'un de ses compatriotes sur les rois et les princes du Nord : « Il était maître, toutes fois qu'il (( voulait, du roi Henri d'Angleterre et de ses fils, et toujours voulait-il '( qu'ils eussent guerre ensemble, le père, et les fils, et les frères, l'un « avec l'autre. »

Ses efforts, couronnés d'un plein succès, lui acquirent une célébrité funeste auprès de ceux qui ne voyaient en lui qu'un conseiller de discordes domestiques, qu'un homme cherchant malicieusement, pour parler le langage mystique du siècle, à soulever le sang contre la chair, à diviser le chef et les membres. C'est pour cette raison que le poëte italien, Dante Alighieri, lui fait subir, dans son Enfer, un châtiment analogue à l'expression figurée par laquelle on désignait sa faute. « Je « vis, et il me semble encore le voir, un tronc sans tête marcher vers « nous, et sa tête coupée il la tenait d'une main par les cheveux, en ((guise de lanterne... Sache que je suis Bertrand de Born, celui qui (( donna au jeune roi de si mauvais conseils. » Mais Bertrand fit plus encore : il ne se contenta pas de donner au jeune Henri contre son père ces conseils que le poëte appelle mauvais, il lui en donna de semblables contre son frère Richard ; et (piand le jeune roi fut mort, il Richard contre le vieux roi ; puis enfin, (|uand ce dernier fut mort, à Richard contre le roi de France, et au roi de France contre Richard. Il ne soûl-

frait pas qu'il y eût entre eux un instant de bon accord, et les animait l'un contre l'autre par des sirventès ou chants satiriques fort à la mode dans ce temps.

La poésie jouait alors un grand rôle dans les événements politiques des contrées situées au sud de la Loire. Il n'y avait pas une paix, une guerre, une révolte, une transaction diplomatique, qui ne fût annoncée, proclamée, louée ou blâmée en vers. Ces pièces de vers, souvent composées par les hommes mêmes qui avaient pris une part active aux affaires, étaient d'une énergie qu'on a peine à concevoir dans l'état de mollesse où est tombé l'ancien idiome de la Gaule méridionale, depuis que le dialecte français l'a remplacé comme langue littéraire. Les chants des trobadores, ou poètes provençaux, toulousains, dauphinois, aquitains, poitevins et limousins, circulant rapidement de château en château et de ville en ville, faisaient à peu près, au xii' siècle, l'office de papiers publics dans le pays compris entre la Vienne, l'Isère, les montagnes d'Auvergne et les deux mers. Il n'y avait point encore dans ce pays d"inquisition religieuse; on y jugeait librement et ouvertement ce que, dans le reste de la Gaule, on osait à peine examiner. L'influence de l'opinion publique et des passions populaires se faisait sentir partout, dans les cloîtres des moines comme dans les châteaux des barons ; et, pour en revenir au sujet de cette histoire, la dispute de Henri II et de ses fils remua d'une manière si vive les hommes de l'Aquitaine, qu'on retrouve l'empreinte de ces émotions dans les écrits, ordinairement peu animés, des chroniqueurs en langue latine. L'un d'eux, habitant ignoré d'un monastère obscur, ne peut s'empêcher d'interrompre son récit pour entonner en prose poétique le chant de guerre des partisans de Richard.

(( Réjouis-toi, pays d'Aquitaine, réjouis-toi, terre de Poitou; car le (( sceptre du roi du Nord s'éloigne. Grâce à l'orgueil de ce roi, la trêve « est enfin rompue entre les royaumes de France et d'Angleterre ; l'Ane gleterre est désolée et la Normandie est en deuil. Nous verrons venir « à nous le roi du Sud avec sa grande armée, avec ses arcs et ses flè- « ches. Malheur au roi du Nord, qui a osé lever la lance contre le roi du <( Sud, son seigneur ; car sa ruine approche, et les étrangers vont dévo- 0 rer sa terre. »

Après cette efTusion de joie et de haine patriotique, l'auteur s'adresse à Éléonore, la seule personne de la famille de Henri II qui fût vraiment chère aux Aquitains, parce qu'elle était née parmi eux.

« Tu as été enlevée de ton pays et emmenée dans la terre étrangère. (1 Élevée dans l'abondance et la délicatesse, tu jouissais d'une liberté (( royale, tu vivais au sein des richesses, tu te plaisais aux jeux de tes « femmes, à leurs chants, au son de la guitare et du tambour ; et main- (t nant tu te lamentes, tu pleures et te consumes de chagrin. Reviens à a tes villes, pauvre prisonnière

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