‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 3)Chapitre 2 sur 155 · AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS. III · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS. III

lions : nous voulons parler do l'origino do Thomas Bokct, dont la lutte contre le roi d'Angleterre Henri II a fourni à l'historien de la conqui-U; de l'Angleterre un de ses récits les plus dramatiques. A l'époque où ce beau livre fut composé, les documents connus permettaient très-légitimement d'inférer que l'ennemi de Henri II appartenait à la race saxonne, et que ce patronage des vaincus, exercé par lui avec tant d'éclat, prenait sa source dans le sentiment patriotique. A cette époque, disons-nous, le doute n'était guère possible; il l'est devenu aujourd'hui.

Des documents nouveaux publiés soit en Angleterre, soit en France, semblent établir que le célèbre archevêque de Canterbury était Normand d'origine, né à Londres d'une famille pauvre, mais honorable. Quelque positifs que ces textes paraissent au premier coup d'œil, ils n'ont point résolu toutes les incertitudes; et il y a un mois à peine, un savant très-autorisé se servait de ces textes mêmes pour soutenir l'origine saxonne de Beket et l'opinion de M. Augustin Thierry. Quant à l'auteur de V Histoire de la conquête, ses amis savent que la découvei'te des documents doHt nous parlons le jeta dans une grande perplexité, et qu'il se mit à étudier de nouveau la (picstion. Il était dans cette disposition d'esprit lorsqu'il fut ravi par un coup à jamais déplorable à ses études et à la science.

Au reste, quelle qu'eût été, en définitive, la conviction de M. Thierry, eût-il admis l'origine normande de Thomas Beket, il pouvait le faire sans détruire la merveilleuse économie de ce neuvième livre de r///sto ire de la conquête, comparable aux plus beaux monuments de l'anli- (juité.

Il nous reste à exposer brièvement la manière dont nous avons rempli notre tâche. M. Augustin Thierry avait un procédé de travail bien connu de ses amis. Il faisait préparer trois copies de tous les manuscrits qu'il destinait à l'impression : une qui ne le quittait point et sur laquelle on inscrivait ses corrections journalières ; les deux autres, cjuil déposait en mains sûres, hors de chez lui, et qui recevaient successivement les rectifications de la première.

Nous avons trouvé les matériaux de cette noiivellc édition ainsi disposés. Les corrections étaient inscrites en triple exemplaire sur des volumes de l'édition précédente, intercalés de cahiers manuscrits pour les additions. Un des exemplaires avait été remis par l'auteur lui-même, dix-huit mois environ avant sa mort, ;\ MM. Fuinc et C", ses libraireséditeurs. Un autre était confié aux soins de M. Gabriel (Jraugnard, son médecin ordinaire. Le troisième enfin se trouvait dans la chanila-e

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