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les règles de leurs monastères avaient cela de particulier qu'un trèspetit nombre de religieux prenaient l'ordre de prêtrise ou de cléricature, et que les autres, comme de simples laïques, travaillaient de leurs mains tout le jour, exerçant un art ou un métier pour leur piopre subsistance et pour le profit commun. Dans le calcul à faire pour la détermination de la fô te de r;\(iues, ils se réglaient sur un cycle adopté autrefois à Rome et ensuite remplacé par un autre plus exact. Enfin, ils différaient des usages de l'Église romaine dans les cérémonies accessoires du baptême. Tel était le champ de controverses où les Bretons restés libres se trouvaient appelés subitement, et où, s'ils acceptaient la discussion proposée, ils allaient avoir pour antagoniste et pour censeur le ministre d'une Église dont l'autorité leur était devenue étrangère, un pi'imat siégeant dans une méiropole saxonne, parmi ceux qu'ils nommaient leurs ennemis, leurs spoliateurs et les intrus de la Bretagne.
Le message de convocation à une assemblée synodale fut porté au clergé de la province bretonne la plus voisine du territoire anglo-saxon et reçu par lui avec une déférence pleine d'égards. Des évoques, des prêtres et des docteurs de cette province se rendirent fila conférence assignée sur la frontière des deux peuples, au bord de la Saverne, dans un lieu où se trouvait un grand chêne qui depuis fut nommé le chêne d'Augustin. L'archevêque de Canlerbury, après un long trajet fait sous escorte parmi des populations encore païennes, se trouva au rendezvous, entouré de ses compagnons d'apostolat et des clercs de son Église. Par une réserve qui était de l'habileté, il ne parla point d'abord de ses droits à la primatie, et, dans son discours aux Bretons, il ne leur demanda rien que d'écouter ses avertissements fraternels, d'avoir avec lui la paix catholique et de prendre part au travail commun d'évangéliser les gentils.
On ne peut dire si l'emploi de ce mot, (lui désignait les Saxons sans les nommer, fut une précaution oratoire, mais l'absence d'un nom odieux pour les Cambriens ne changeait point la réalité des choses; l'idée de conquête et d'asservissement politique devait peser de tout son poids sur la discussion soulevée entre l'envoyé de l'Église romaine et les représentants ecclésiastiques des vaincus de l'île de Bretagne. D'ailleurs, Augustin n'eùt-il point trouvé en face de lui ces douloureuses préoccupations (ju'il aurait eu encore à lutter contre un élément de résistance intime et secrète, contre la fierté morale des races celtiques, leur confiance en elles-mêmes, leur attachement à ce qui s'était une fois pensé et pratiqué chez elles, leur extrême susceptibilité ;\ l'égard de tout étranger s'immisçant, par action ou par conseil, dans leurs affaires domestiques. Toutes ces causes réunies contribuèrent à rendre les évêques et les prêtres bretons impertoibablement sourds aux demandes et aux censures du légat; ni ses prières, ni ses exhortations, ni ses in-
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\ ectivcs ivcLii'CiU aucun pouvoir sur eux. Ils ne voulurent pas se détacher d'une seule de leurs pratiques nationales, et quand l'archevêque et ses compagnons leur opposaient l'accord unanime de toutes les Églises orthodoxes : « Cela peut être bon pour d'autres, répondaient-ils, mais (1 nous aimons mieux et nous voulons garder la tradition de nos anci cotres. »
A ce long et laborieux combat, dit un historien qui est l'un des pères de l'Église anglo-saxonne, Augustin mil fin en disant : « Prions le Dieu « qui fait habiter dans la maison de son père ceux qui ont un même (( cœur, pour qu'il daigne nous montrer par des signes célestes quelle « tradition l'on doit suivre et -dans quelle voie il faut marcher pour (( parvenir à son royaume. Qu'on amène ici quelque malade, et que la (( foi de celui d'entre nous par les prières duquel ce malade aura été « guéri soit crue la plus agréable àDieu et celle que tous ont à suivre. « Etonnés, à ce qu'il semble, d'un pareil défi, les Bretons refusèrent l'épreuve; mais, pour ne pas se déclarer du même coup inférieurs en foi et en œuvres, ils consentirent à la fin, et l'on amena dans l'assemblée un aveugle saxon de naissance.
Cet homme fut présenté d'abord aux prêtres cambricns et il n'éprouva de leur ministère ni guérison ni soulagement. Alors Augustin, ferme et calme devant la nécessité où il s'était placé lui-même, se mita genoux et fît cette prière : «0 Dieu, père de Jésus-Christ Notre-Seigneur, je te « supplie de rendre la vue à cet aveugle et de faire que la lumière (( corporelle, revenue à un seul homme, allume le flambeau de la grâce (( dans le cœur de beaucoup de fidèles. » Au même instant, si l'on en croit le récit du vieil historien, Taveugle vit le jour, et l'assemblée, saluant Augustin d'un cri unanime, le proclama prédicateur de la souveraine vérité. Les Bretons, selon le même récit, confessèrent que la voie qu'il enseignait était le vrai chemin de la justice, mais ils dirent qu'ils ne pouvaient renoncer à leurs anciens usages sans le consentement de leur nation, et demandèrent qu'un second synode fût tenu oii ils viendraient en plus grand nombre.
La chose fut ainsi résolue et à cette nouvelle conférence vinrent les sept évêques de la nation bretonne avec beaucoup de prêtres et d'autres hommes considérés pour leur piété et leur savoir. La plupart appartenaient au grand monastère de Bangor, espèce de cité religieuse divisée en sept quartiers dont chacun renfermait une église et des logements pour trois cents moines. Il parait que ces hommes graves et d'une bonne foi parfaite n'avaient pas de parti pris irrévocablement sur ce qui allait se débattre pour la seconde fois. Chrétiens orthodoxes en même temps que Bretons dans le cœur et voulant rester l'un et l'autre, ils étaient agités par des sentiments contraires. D'une part, les vieilles coutumes de la nation leur semblaient un patrimoine moral à défendre contre
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rétiani,'cr, cl leur conviclion du droit do propriété de la race indigène hur le pays se liait à l'idée que l'archevêque des Bretons était, de droit exclusif, primat de toute la Bretagne ; d'une autre part, le titre de légat du siège apostoli(|uc leur inspirait du respect, et la pensée d'un schisme avec celui qui portait ce titre et avec le corps entier de l'Église leur répugnait vive.T.ent.
Dans leur perplexité, avant de se rendre à rassemblée, ils allèrent trouver un saint personnage, qui menait auprès de Bangoi- la vie d'anachorète, pour le consulter sur ce qu'ils avaient h faire. « Dcvons- « nous, lui demandèrent-ils, abandonner nos traditions nationales et « nous conformer i\ la prédication d'Augustin ? » — « Si c'est un homme « de Dieu, répondit l'anachorète, vous ferez bien de le suivre. » Ils reprirent : (( Et quel sera pour nous le moyen d'en avoir la preuve?)) L'anachorète répliqua: «Le Seigneur a dit : Portez mon joug et appre- « nez de moi que je suis doux et humble de cœur. Si donc cet Augustin (( est doux et humble de cœur, il faut croire qu'il porte bji-même le « joug du Christ et qu'il vous l'offre à porter. Si au contraire il est rude <i et orgueilleux, il sera certain qu'il n'est pas homme de Dieu et que (( nous n'avons à tenir aucun compte de sa parole. »
Quand les Bretons arrivèrent au lieu de la conférence, les Romains s'y trouvaient déjà, et h leur entrée Augustin, sinon par une intention de mépris, du moins par une dignité intempestive, resta immobile sur son siège. Ils ne se demandèrent point s'il n'y avait pas là quelque usage de l'étiquette romaine, ils ne virent qu'une chose : c'est qu'ils venaient en nombre se présenter à un homme et que cet homme ne se levait pas devant eux. Un sentiment de Oerté blessée, pour leur nation autant que pour eu.x-mômes, leur fît croire que l'apôtre des Saxons voulait flatter, on les humiliant, l'orgueil de ses néophytes, et à cette idée qui soulevait on eux Tindignation patriotique, leurs doutes et leurs scrupules s'évanouirent; ils ne furent plus rien que Bretons. Dès que la discussion eut été ouverte par un discours du légat, ils témoignèrent leur impatience en murmurant contre lui et s'étudièrent à le contredire sur tous les points.
Contraintpar la vivacité de ses adversaires à resserrer le champ du débat, Augustin le fit en ces termes : «Vous agissez en beaucoup de « choses d'une façon contraire à notre coutume et à celle do l'Église (( universelle; pourtant si vous voulez obtempérer à ces trois demandes : " célébrer la pâque en son vrai temps, accomplir les rites du baptême (' selon l'usage de la sainte Eglise romaine et apostolique, enfin prêcher <i avec nous la parole de Dieu à la nation anglo-saxonne, tout le reste de « vos prati(iues, bien qu'opposées aux nôtres, sera toléré par nous avec « indulgence. » Mais cet ultimatum du légat pontilical fut absolument rejeté; les Bretons lui répondirent (ju'ils n'en feraient rien et qu'ils no le reconnaîtraient pas pour archevêque, qu'ils ne devaient obéissance
qu'à leur chef légitime, l'évêque de Caerleon, seul primat de Tîle de Bretagne, et qu'ils tenaient pour chose indigne de communiquer leur foi à ceux qui leur avaient enlevé la terre de leurs pères, k Eh bien « donc ! s'écria Augustin d'un ton de menace, puisque vous ne voulez <( pas accepter la paix avec des frères, vous aurez la guerre avec des cn- <( nemis; et puisque vous ne voulez pas enseigner aux Saxons le chemin (' de la vie, c'est par leurs mains que vous sera inlligé le châtiment de « mort. ))
Une pareille prédiction n'était pas difficile à faire dans l'état de guerre incessante où se trouvaient les deux races cruellement ennemies l'une de l'autre ; mais la prophétie d'Augustin eut cela d'étrange qu'elle s'accomplit avec une effrayante exactitude sur ceux-là mômes qui avaient pu l'entendre de sa bouche. Quatre ans après cette inutile conférence entre l'archevêque des Anglo-Saxons et les chefs de l'Eglise bretonne, le petit-fils du conquérant de la Bretagne septentrionale, Elhelfrith, roi des Angles, qui, maître du pays au nord de l'Humber, harcelait sans cesse les Bretons sur sa Irontière de l'ouest et du sud-ouest, fit de ce côté une de ses invasions les plus formidables. La province qu'il attaqua fut celle de Gwined qui avait le titre de royaume et dont la capitale était la ville romaine qu'on nomme aujourd'hui Chester. L'alarme de cette irruption fut portée dans toute la Cambrie, et, de tous les cantons, des troupes armées, sous la conduite des chefs de clans, se mirent en marche vers le territoire envahi. On sentait qu'il y avait là un grand péril national, contre lequel on devait réunir non-seulement toutes les forces militaires, mais encore toutes les forces morales de la race bretonne. Aussi, pendant que se faisait la levée en masse des hommes capables de porter les armes, des hommes de religion, prêtres et moines, se levaient de toutes parts et se rendaient à Chester, la ville menacée par l'invasion, afin de prier, disent les chroniques bretonnes, pour leur nation et leur race.
Des deux mille cénobites qui peuplaient le grand monastère de Bangor, la moitié se trouvèrent à ce rendez-vous patriotique où, par une malheureuse fatalité, l'arrivée des gens de religion précéda celle des gens de guerre. Lorsque le roi Ethelfrith parut aux environs de Chester avec une puissante armée, il n'y avait, pour couvrir la capitale du royaume du nord, que les troupes de la province orientale de Powis venues les premières à cause de la proximité des lieux. Le chef de cette province, nommé Brocmail, s'établit, à ce qu'il semble, dans un camp formé près des murs de Chester, et pour encourager ses hommes durant le combat, il réunit les prêtres et les religieux en vue du camp, sur une hauteur fortifiée qui faisait partie des défenses de la ville. L'attaque des païens fut terrible, et le premier choc vaillamment soutenu par les Bretons; ils firent éprou.ver de grandes pertes aux assaillants; mais ceux-ci,
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égaux en courage et de beaucoup supciieurs en nombre, eurent bientôt le dessus; Brncmail, dont les troupes lâchaient pied, fut contraint d'abandonner le camp et de faire sa retraite en desordre. Un petit nombre -eulemcnt des clercs et des moines réunis sous sa garde, cinquante, à ce qu'on raconte, purent le suivre; tous les autres restèrent glacés de lerreur et implorant le ciel sur le monticule où ils se trouvaient [)arqués.
Prôt à forcer l'entrée de la ville de Chcsler, le roi Elliclfrith aperçut avec surprise ces hommes singulièrement vêtus ef sans armes, les uns debout, les autres agenouillés ; il demanda qui ils étaient et ce qu'ils faisaient là. On lui dit que c'étaient des gens du grand monastère et qu'ils priaient pour le salut des leurs. « S'ils crient à leur Dieu contre moi, ré- (( pliqua le roi païen, ils combattent contre moi quoique sans armes, n Et, par une plaisanterie barbare, il fit donner de ce côté le premier assaut avec ordre de tout massacrer. Douze cents prêtres et moines, dont la plupart étaient venus de Bangor, furent passés au fil de l'épée; mais ni cet horrible exploit, ni la prise de la ville ne profitèrent au roi des Angles. En s'avançant vers l'ouest, il rencontra l'armée bretonne tout entière sous la conduite des deux rois de la Cambrie et du chef indépendant de Cornouailles. Vaincu cette fois dans une bataille où dix mille des siens périrent et où lui-même fut blessé, il s'enfuit devant les Bretons, qui le poursuivirent jusqu'à la frontière de son royaume.
La mort de tant d'hommes d'église massacrés ensemble frappa vivement et d'une façon bien opposée les nouveaux convertis et les vieux chrétiens de la Bretagne. Les premiers y virent un signe manifeste de la sainteté de leur évoque et de la vengeance divine sur les faux docteurs (jui aviiient rejeté ses conseils; les seconds, rattachant comme l'eirel à sa cause, le massacre des prêtres et des moines au synode où ils avaient paru, firent des deux événements un seul drame. « Dès « qu'Ethelbert, roi du pays de Kent, dit le célèbre compilateur des tra- (I ditions cambriennes, vit que les Bretons dédaignaient de se soumettre f( à Augustin et méprisaient sa prédication, il en fut extrêmement cour- (t roucé. Dans son dépit, il provoqua Ethelfrith, roi du Northumberland, « à lever une grande armée pour marcher contre la ville de Bangor et y <i faire périr Dinot, abbé du monastère, et les clercs qui s'étaient mo- (( quésde la puissance des Saxons. » D'autres chroniques de même origine imputent à Augustin un ressentiment personnel et le désir d'être vengé. Quoique faux évidemment, ce soupçon d'une nation malheureuse et indignée semble avoir pesé comme un embarras sur l'historien de l'Église anglo-saxonne, à qui le moyen âge a décerné le titre de Yénérable. Bède termine son récit du ma.ssacre des clercs bretons par celle phrase qui serait vide de sens si elle n'était pas une sorte de précaution oratoire : « .\insi s'accomplit la prédiction du saint pontife Augustin,
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" quoique lui-même, déjà depuis longtemps, eût passé de ce monde au « royaume céleste. » Augustin vivait encore en 603, deux années seulement avant la bataille do Chcster, et rien ne prouve qu'il eût cessé de vivre au temps delexécution militaire qu'il avait si exactement prédite.
A sa mort, Laurenlius, qu'il avait désigné d'avance pour son successeur, prit le titre d'archevêque; Mellitus et Justus étaient encore évêques, l'un à Londres et l'autre à Rochester. Le premier avait, comme on l'a vu, gagné au christianisme Sighebcrt, roi des Saxons orientaux, qui^ plein de zèle, entourait son clergé naissant d'honneurs et d'autorité. Mais cela ne fut pas de longue durée : à ce roi fervent succédèrent des princes tièdes ou malveillants pour le nouveau culte ; et quand les trois fils de Sighebert, qu'on nommait familièrement Seb, eurent mis leur père dans la tombe, ils retournèrent au paganisme, et levèrent toutes les défenses publiées contre la vieille religion nationale. Comme ils étaient d"un caractère doux, ils ne persécutèrent d'abord ni l'évêquc Mellitus, ni le petit nombre de ceux qui persistaient à l'écouter : ils se rendirent même à l'église chrétienne par passe-temps, et peut-être par une sorte d'incertitude secrète.
Un jour que Mellitus donnait h ses fidèles la communion de l'Eucharistie : <i Pourquoi, lui dirent les jeunes rois, ne nous offres-tu pas, « comme a.ix autres, de ce pain si blanc que tu donnais à notre père « Seb ? — Si vous vouliez, répondit l'évêque, vous laver dans la fontaine « de salut où votre père a été lavé, vous auriez, comme lui, votre part « de ce pain salutaire. — Nous ne voulons pas entrer dans la fontaine ; !( nous n'en avons nul besoin; et cependant nous avons envie de nous « restaurer avec ce pain. » Ils renouvelèrent plusieurs fois cette bizarre demande : toujours l'évêque leur répéta qu'il ne pouvait y accéder; et eux, imputant ses refus à une obstination de mauvaise grâce, s'en irritèrent. « Puisque tu ne veux pas, dirent-ils, nous complaire dans une « chose si aisée, tu sortiras de notre pays. »
Ils le chassèrent en effet de Londres, lui et tous ses clercs d'origine romaine. Les bannis vinrent dans le pays de Kent, auprès de Laurentius et de Justus, qu'ils trouvèrent aussi découragés par la mort du roi Ethelbert et parles mauvaises dispositions d'Edbald, son successeur. Ce prince n'avait pas reçu le baptême, et, sans persécuter les chrétiens, il autorisait, par son exemple et par les désordres de sa vie, la répudiation des principes et des mœurs du christianisme. Les trois évêques, d'un commun accord, résolurent, dit l'ancien historien, de retourner dans leur pays pour y servir Dieu d'un esprit libre de soins, plutôt que de résider sans aucun fruit parmi des barbares en révolte contre la foi. Mellitus et Justus partirent ensemble et se rendirent en Gaule, afin d'y attendre quelque temps ce qui pourrait arriver de mieux. Laurentius, sur le point de les suivre et de quitter pour jamais la Bretagne, voulut