‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 3)Chapitre 90 sur 155 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

d'en donner la prouve devant tous les prélats d'Anglolerre : « Je dois « confesser, dit-elle, que quelquefois j'ai paru voilée; mais en voici la « raison : dans ma première jeunesse, quand j'étais sous la tutelle de (' Christine, ma tante, pour me garantir, à ce qu'elle disait, contre le li- « berlinagc des Normands, qui en voulaient h l'honneur de toutes les <t femmes, elle avait coutume de placer sur ma tC^le un morceau d'é- (( toffe noire, et quand je refusais de m'en couvrir, elle me traitait fort « durement. En sa présence, je portais ce morceau d'étoffe; mais dés (( qu'elle s'était éloignée, je le jetais ;\ terre, et marchais dessus avec une (( colère d'enfant. »

Anselme ne voulut point prononcer seul sur cette grande difficulté, et convoqua une assemblée d'évOques, d'abbés, de religieux et de seigneurs laïques, dans la ville de Rochester. Des témoins cités devant ce concile confirmèrent la vérité des paroles de la jeune fille. Deux archidiacres normands, Guillaume et Humbault, furent envoyés au monastère où Mathildc avait été élevée, et déposèrent que la voix publique, ainsi que le témoignage des sœurs, était d'accord avec sa déclaration. Au moment où l'assemblée allait délibérer, l'archevêque Anselme se retira pour n'être point suspect d'exercer la moindre influence ; et, quand il revint, celui qui portait la parole au nom de tous énonça en ces termes la décision commune : « Nous pensons que la jeune fdle est libre, et (( peut disposer de son corps, nous autorisant du jugement rendu, dans « une semblable cause, par le vénérable Lanfranc, au temps où les « femmes saxonnes, réfugiées dans les monastères par crainte des sol- « dais du grand Guillaume, réclamèrent leur liberté. »

L'archevêque Anselme répondit qu'il adhérait pleinement à cette décision, et peu de jours après il célébra le mariage du roi normand et de la nièce du dernier roi de race anglaise , mais avant de prononcer la bénédiction nuptiale, voulant dissiper tous les soupçons et désarmer la malveillance, il monta sur une estrade devant la porte de l'église, et exposa au peuple assemblé tout le débat et la décision desévêques. Ces faits sont racontés par un témoin oculaire, par Edmer, Saxon de naissance et moine de Canterbury.

Toutes ces précautions ne purent vaincre ce que l'historien Edmer appelle a malice de cœur de certains hommes, c'csl-à-dire la répugnance de beaucoup de Normands contre la mésalliance de leur roi. Ils s'égayèrent sur le compte des nouveaux époux, les appelant Godrik et Godive, et employant ces noms de la langue saxonne connue des sobriquets de dérision : « Henri le savait et l'entendait, dit un <( ancien chroniqueur, mais il affectait d'en rire aux éclats, cachant « adroitemenl son dépit. » Lorsque le duc Hobert eut débarqué en Normandie, l'irrilalion des mécontents prit un caractère plus grave; beaucoup de seigneurs anglo-normands passèrent la mer pour aller

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soutenir les droits du frère dépossédé, ou lui envoyèrent des messages. Ils l'invitaient à presser son débarquement en Angleterre, et l'assuraient de leur fidélité, selon le pacte conclu autrefois avec Guillaume le Roux. En ctfet, à l'arrivée de Robert, son armée se grossit rapidement d'un grand nombre de barons et de chevaliers ; mais les évêques, les simples hommes darmes et les Anglais de naissance demeurèrent dans le parti du roi. Les derniers surtout, suivant leur vieil instinct de haine nationale, désiraient ardemment que les deux factions en vinssent aux mains. Il n'y eut point de combat au débarquement, parce que Robert aborda sur la côte de Hauts, pendant que son frère l'attendait sur celle de Sussex. Il fallait quelques jours aux deux armées pour arriver à la rencontre l'une de l'autre ; les moins fougueux parmi les Normands des deux partis, profitant de l'intervalle, s'entremirent et apaisèrent cette querelle de parents et de compatriotes. Il fut décidé que Robert renoncerait encore une fois à ses prétentions sur le royaume d'Angleterre, pour une pension annuelle de deux mille livres d'argent, et que les confiscations faites par le roi sur les amis du duc, et par le duc sur les amis du roi, seraient gratuitement restituées.

Ce traité priva les Anglais de l'occasion de satisfaire impunément leur aversion nationale contre leurs vainqueurs, et de tuer des Normands à l'abri d'une bannière nora^ande. Mais, peu de temps après, cette occasion s'offrit de nouveau et fut avidement saisie. Robert de Belesme, l'un des comtes les plus puissants en Normandie et en Angleterre, fut cité à l'assemblée générale tenue dans le palais du roi, pour répondre sur quarante-cinq chefs d'accusation. Robert comparut, et demanda, suivant l'usage, la faculté d'aller librement prendre conseil avec ses amis sur ses moyens de défense ; mais, une fois hors de l'assemblée, il monta vite à cheval et gagna l'un de ses châteaux forts. Le roi et les seigneurs, qui attendirent vainement sa réponse, le déclarèrent ennemi public, à moins qu'il ne revint se présenter à la prochaine cour. Mais Robert de Belesme, se préparant à la guerre, garnit de munitions et d'armes ses châteaux d'Arundel et de Tickehill, ainsi que la citadelle de Shrewsbury qu'il avait en garde. Il fortifia de même Bridgenorth, sur la frontière du pays de Galles; et c'est vers ce dernier point que l'armée royale se mit en marche pour l'atteindre.

Il y avait trois semaines que le roi Henri assiégeait Bridgenorth, quand les comtes et les barons normands entreprirent de faire cesser la guerre, et de réconcilier Robert de Belesme avec ce roi. « Car ils pensaient, « dit un vieil historien, que la victoire du roi sur le comte Robert lui « donnerait le moyen de les contraindre tous à plier sous sa volonté. » Ils vinrent en grand nombre trouver Henri, et lui demandèrent une conférence, ou, comme on s'exprimait alors en langue française, un Ijuilement pour traiter de la paix. L'assemblée se tint dans une plaine

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près du camp royal. Il y avait sur le coteau voisin un corps de trois mille Anglais, qui, sachant ce dont il était question dans la conférence des chefs normands, s'agitaient beaucoup et criaient : « 0 roi Henri, « ne les crois pas, ils veulent te tendre un piège ; nous sommes là, nous '( t'assisterons, et livrerons l'assaut pour toi ; ne fais point de paix avec le « traître, que tu ne letiennes vif ou mort. » Pour cette fois les Normands ne réussirent point dans leur tentative de conciliation ; le siège de Bridgenorth fut poussé vivement, et la forteresse prise; celle de Shrcw'sbury le fut ensuite, et Robert de Belesme, réduit à capituler, fut déshérité et banni.

La vanité des Anglais de race enrôlés sous la bannière royale pouvait être flattée de leurs succès militaires contre les Normands insurgés, mais la nation entière n'en retirait aucun soulagement; et, si elle se vengeait de quelques-uns de ses ennemis, c'était au profit d'un autre ennemi. Quoique le roi eût épousé une femme saxonne, et malgré le sobriquet saxon que lui donnaient les chefs normands, il était Normand dans le cœur. Son ministre favori, le comte de Meulan, se faisait remarquer, entre tous les autres dignitaires étrangers, par sa haine contre les indigènes. Il est vrai que la voixpopulaire surnommait Mathilde/fl bonne reine; elle conseillait, disait-on, au roi d'aimer le peuple ; mais les faits ne révèlent aucune trace de ces conseils ni de son influence. Voici comment la chronique saxonne du monastère de Peterborough prélude au récit des événements qui suivirent le mariage si désiré de Henri et de la nièce d'Edgar : « Ce n'est pas chose facile que de raconter toutes les (1 misères dont le pays fut affligé, cette année, par les tributs injustes « et sans cesse renouvelés. Partout où voyagea le roi, les gens de sa « suite vexèrent le pauvre peuple, et commirent en plusieurs lieux des « meurtres et des incendies...» Chaque année qui succède à l'autre dans la série chronologique est marquée par la répétition des mêmes plaintes, énoncées k peu près dans les mômes termes, et celte monotonie donne une couleur plus sombre au récit... « L'année 1105 fut « grandement malheureuse, à cause de la perte des récoltes, et des tri- « buts dont la levée ne cessa point. L'année 1 110 fut pleine de misères, (( à cause de la mauvaise saison, et des impôts que le roi exigea pour la « dot de sa fille... » Cette fllle, nommée Mathilde, comme sa mère, et qui avait alors cinq ans, fut mariée h Henri, cinquième du nom, empereur d'Allemagne. <( Tout cela, dit la chronique saxonne, coûta « cher à la nation anglaise. »

Ce qui lui coûta cher encore, ce fut une invasion que le roi Henri entreprit contre son frère, le duc de Normandie. Porsonnellemcnt, Henri n'avait aucun motif pour rompre le premier la paix qui existait entre Robert et lui, depuis que ce dernier avait renoncé à toute prétention sur le royaume d'Angleterre. Il y avait peu de temps que le duc était

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venu visiler son frère comme un ami de cœur; et môme, en retour de rhospitalité qu'il reçut alors, il avait fait don à sa belle-sœur Mathildc des deux mille livres de pension que le roi devait lui payer, aux termes de leur traité de paix. Cet acte de courtoisie n'était pas le seul bon office que Henri eût éprouvé de la part de son frère aîné, l'homme le plus généreux et le moins politique de cette famille. Anciennement, lorsque Henri était encore sans terres et mécontent de sa condition, il avait essayé de.s'emparcr du Mont-Saint-Michel en Normandie; Robert et Guillaume le Roux l'y assiégèrent, et, le serrant de près, le réduisirent à manquer d'eau. L'assiégé fit prier ses frères de ne pas lui dénier la libre jouissance de ce qui appartient à tous les hommes, et Robert, sensible à cette plainte, ordonna à ses soldats de laisser ceux de Henri se pourvoir d'eau. Mais alors Guillaume le Roux s'emporta contre Robert : « Vous faites preuve d'habileté en fait de guerre, lui dit-il, vous c( qui fournissez à boire à l'ennemi ; il ne manque plus que de lui « donner aussi des vivres. — Quoi I répliqua vivement le duc, devais-je (( laisser un frère périr de soif? et quel autre frère aurions-nous, si nous n le perdions ? »

Le souvenir de ce service et de cette affection fraternelle s'évanouit du cœur de Henri aussitôt qu'il fut roi. 11 chercha de toute façon à nuire à Robert, et à profiter même contre lui de son caractère insouciant et facile jusqu'à l'imprudence. Cette disposition d'esprit rendait le duc de Normandie malhabile à gouverner ses affaires. Beaucoup d'abus et de désordres s'introduisaient dans son duché ; il y avait une foule de mécontents, et la légèreté naturelle à Robert l'empêchait de les apercevoir, ou sa douceur de les punir. Le roi Henri se prévalut avec art de ces circonstances pour s'entremettre dans les querelles des Normands avec leur duc, (l'abord sous le personnage de conciliateur; puis, quand les discordes recommencèrent, il leva le masque, et se déclara protecteur de la Normandie contre le mauvais gouvernement de son frère. l\ somma Robert de lui céder la province en échange d'une somme d'argent. (( Tu as le titre de seigneur, lui mandait-il dans son message; mais tu « ne l'es plus réellemenf ; car ceux qui doivent t'obéir se moquent de « toi. » Le duc, indigné de cette proposition, refusa d'y accéder; et alors Henri P' se mit à poursuivre à main armée la ruine de son frère .

Près de partir pour la Normandie, il ordonna en Angleterre une grande levée d'argent, pour les frais de cette expédition; et ses collecteurs de taxes usèrent de la plus cruelle violence envers les bourgeois et les paysans saxons. Hs chassaient de leurs pauvres masures ceux qui n'avaient rien à donner ; ils en enlevaient les portes et les fenêtres, et prenaient jusqu'aux derniers meubles. Contre ceux qui paraissaient posséder quelque chose on intentait des accusations imaginaires; ils

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n'osaient se présenter en justice, et l'on confisqunit lenrs biens. « Be.iu- (( coup de personnes, dit un contemporain, ne trouveraient rien de '( nouveau dans ces griefs, sachant qu'ils existèrent durant le règne de {( Guillaume, frère du roi actuel, pour ne pas parler de ce qui se passa (( du temps de leur père. Mais, de nos jours, il y avait un motif pour que a ces vexations, déjà anciennes, fussent encore plus dures et plus in- « supportables : c'est qu'elles s'adressaient à un peuple dépouillé de «tout, entièrement ruiné, et contre lequel on s'irritait de ce qu'il « n'avait plus rien à perdre. » Un autre écrivain de l'époque raconte que des troupes de laboureurs venaient au palais du roi ou sur son passage, et jetaient devant lui leurs socs de charrue, en signe de détresse, et comme pour déclarer qu'ils renonçaient à cultiver leur terre natale.

Le roi partit pour la Normandie, vainquit le duc Robert, et le fit prisonnier, avec ses amis les plus fidèles, dans une bataille livrée près du château de Tinchebray, à trois lieues de Mortain. Un incident remarquable de cette victoire, c'est que le roi saxon Edgar se trouva parmi les prisonniers. Après avoir renoncé à ses anciennes espérances pour son pays et pour lui-même, il était allé s'établir en Normandie, auprès du duc Robert, avec lequel il se lia d'affection, et qu'il accompagna môme à la Terre-Sainte. Il fut ramené en Angleterre, et le roi, qui avait épousé sa nièce, lui accorda une pension modique, de laquelle il vécut, jusqu'à ses derniers jours, au foîid d'une campagne, dans l'isolement et l'obscurité. Le duc Robert éprouva, de la part de son frère, un traitement plus rigoureux; il fut envoyé sous bonne garde au château de Cardiff, bâti sur la côte méridionale du pays de Galles, vis-à-vis de celle de Glocester, dans un lieu récemment conquis sur les Gallois. Robert, séparé de l'Angleterre par le cours de la Savcrne, jouit d'abord d'une sorte &q liberté ; il pouvait se promener dans la campagne et les foi'éts voisines; mais un jour il tenta de s'évader, et saisit un cheval; on le poursuivit, on le ramena en prison, et depuis lors il n'en sortit plus. (Juclques historiens, mais du siècle suivant, assurent qu'il eut les yeux crevés par l'ordre de son frère.

Au moment de sa défaite, Robert avait un fils encore en bas âge, nommé Guillaume, dont le roi Henri tâcha de s'emparer, mais qui fut sauvé et conduit en France par le zèle d'un ami de son père. Louis, roi des Français, adopta le jeune Guillaume et Je fit élever en son hôtel ; il lui donna chevaux et harnais, suivant la coutume du siècle, et, feignant de s'intéresser à ses malheurs, se servit de lui pour causer de l'inquiétude au duc-roi son voisin, dont la puissance lui faisait ombrage. Au nom du fils de Robert, le roi de France forma une ligue dans laquelle entrèrent les Flamands et les Angevins. Le roi Ilcnii fut attaqué sur tous les points de sa frontière de Normandie ; il perdit des villes et des châteaux, et, en même temps, les amis du duc Robert conspirèrent

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contre sa vie. Durant plusieurs années, il ne dormit jamais sans avoir au chevet de son lit une épée et un bouclier. Mais, quelque formidable que fût la confédération de ses ennemis extérieurs et intérieurs, elle ne prévalut point contre la puissance qu'il tirait de la Normandie unie à l'Anglctere.

Le jeune fils de Robert continua de vivre aux gages du roi de France, comme son vassal, et à suivre ce roi dans ses guerres. Ils allèrent ensemble en Flandre, après une sédition où avait péri le duc des Flamands, Karle ou Charles, fils deKnut, roi des Danois, tué aussi dans une sédition. Le roi de France entra en Flandre avec Taveu des gens les plus considérables du pays, pour punir les meurtriers du dernier duc ; mais, sans cet aveu, en vertu de son droit de suzeraineté féodale (droit fort sujet à litige), il mita la place du duc mort le jeune Guillaume, qu'il avaità cœur de rendre puissant pour l'opposer au roi Henri. Il y eut peu de résistance contre ce duc impopulaire, tant que le roi de France et ses soldats demeurèrent en Flandre; mais, après leur départ, une révolte universelle éclata contre le nouveau seigneur imposé par les étrangers. La guerre commença avec des chances diverses entre les barons de Flandre et le fils de Robert. Les insurgés mirent à leur tête le comte d'Alsace, Thiedrik, de la même race qu'eux, et parent de leurs anciens ducs. Ce candidat populaire attaqua l'élu du roi de France, qui, blessé au siège d'une ville, mourut peu ^e temps après. Thiedrik d'Alsace lui succéda, et le roi Louis se vit obligé, malgré ses prétentions hautaines, de reconnaître comme légitime duc des Flamands celui qu'ils avaient eux-mêmes choisi.

Au moment d'aller sur le continent soutenir la longue guerre que son neveu et le roi de France lui suscitèrent, Henri avait fait en Angleterre, du conseil de ses évêques et de ses barons, une grande promotion d'abbés et de prélats. Selon la chronique saxonne, il n'y eut jamais autant d'abbayes données en une seule fois que dans la quarante-unième année du règne des Français en Angleterre. Dans ce siècle, où les communications journalières avec les gens d'Église tenaient une si grande place dans la vie, un pareil événement, quoique à nos yeux peu mémorable, n'était point indifférent à la destinée de la population anglaise, hors des cloîtres comme dans les cloîtres. « Parmi tous ces nou- « veaux pasteurs, dit le contemporain Edmer, la plupart furent plutôt « loups que pasteurs. Que telle n'ait pas été l'intention du roi, il faut le « croire; et pourtant cela serait plus croyable, s'il en eût pris au moins <î quelques-uns parmi les indigènes du pays. Mais si vous étiez Anglais, (( aucun degré de vertu ou de mérite ne pouvait vous mener au moindre «emploi; tandis que l'étranger de naissance était jugé digne de tout. « Nous vivons dans de mauvais jours. »

Parmi les nouveaux ablés qu'institua le roi Henri, en l'année 1107,

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