‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 11 sur 269 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

sacrer le nouveau roi, avait refusé son ministère, déclarant qu'il ne voulait pas imposer les mains à un homme couvert du sang des hommes et envahisseur des droits d'autrui K

Le lieu désigné pour la cérémonie du couronnement fut l'église royale de Saint-Pierre, qu'on appelait alors et qu'on appelle encore aujourd'hui le monastère de l'Ouest ^ L'église fut préparée et ornée comme aux anciens jours où, après le vote libre des meilleurs hommes de l'Angleterre *, le roi de leur choix venait s'y présenter pour recevoir l'investiture du pouvoir qu'ils lui avaient déféré. Mais cette élection nationale n'avait point eu lieu pour Guillaume ; son titre était le droit du plus fort. Il sortit de son camp près de Londres, et marcha, entre deux haies de soldats étrangers, au monastère, où l'attendaient les chefs et les prélats saxons, tristes et confus de ce qu'ils allaient faire, ou s'étourdissant eux-mêmes par la pompe et le bruit du jour, et affectant un air de liberté dans leur lâche et servile office. Toutes les avenues de l'église, les places et les rues du faubourg étaient remplies de cavaliers en armes, qui avaient ordre d'agir hostilement au moindre signe d'émeute ou de trahison ^ Les feudataires normands,

1. ... nie viro, ut aiebat, cruento et alieni juris invasori manus imponere nullatenus, adquievit. (Gulielm. Neubrig., de Beb. anglic., p. 15^ éd. Hearne.) — Chron. Joliaii. Bromton, apud Hist. anglic. Script., col. 962, éd. Selden. — Chron. Walteri Hemingford, apud Hist. anglic. Scrii)t., t. II, p. 457^ éd. Gale.

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