LIVRE IV
soit au nord soit au midi d'Oxford. Il est également loss difficile de le nier ou de l'affirmer, et de fixer à un mi instant précis la limite d'un envahissement toujours en progrès.
L'espace de terre possédé par Guillaume effectivement, et non d'une manière nominale, en vertu de son titre de roi, fut en peu de temps hérissé de citadelles et de châteaux forts, cantonnements des troupes étrangères ^ Tous les indigènes y furent désarmés et contraints de jurer obéissance et fidélité au nouveau chef suprême imposé par la lance et répée. Ils jurèrent; mais au fond de leur cœur, ils ne croyaient pas que le conquérant fût roi légitime ; et , à leurs yeux, le véritable roi d'Angleterre, c'était encore le jeune Edgar, tout déchu et captif qu'il était. Les moines du couvent de Peterborough, dans la province de Northampton, en donnèrent la preuve. Ayant perdu leur abbé Leofrik, revenu mortellement blessé de la bataille de Hastings, ils choisirent pour lui succéder leur prévôt, nommé Brand ; et, comme la règle voulait que l'élection fût approuvée par le chef du pays , ils envoyèrent Brand vers Edgar. Selon la chronique du monastère, ils firent cette démarche, parce que les habitants de la contrée pensaient qu'Edgar deviendrait roi^. Dès que le bruit
1. iEdificaverunt castella passim per hanc regionem, et miser populus vexatus est, et semper deinceps détenus factum est valde . {Chron. saxon., Fragm. sub anno mlxvi, apud Gloss., éd. Lye, t. 11^ ad linem.) — Custodes in castellis strenuos viros collocavit ex Galliis traductos, quorum fidei pariter ac virtuti credebat, cum multitudine l)editum et equitum. (Guill. Pictav., de Gest. Guillelmi ducis, apud Hist. normann. Script. ^ p. 208.)