‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 4)Chapitre 208 sur 269 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

les forêts de l'Angleterre, établi par Guillaume le Bâ- 1094 tard et maintenu rigoureusement par son fils^ A la tête des mécontents se trouvait Robert, fils de Roger de Molbraj, comte de Northumberland, qui possédait deux cent quatre-vingts manoirs en Angleterre^. Robert manqua de se rendre à la cour du roi, dans l'un des jours fixés pour les conférences politiques des barons et chevaliers anglo-normands. Son absence donna des soupçons, et le roi fit publier que tout grand possesseur de terres qui ne se rendrait point à sa cour, aux fêtes prochaines de la Pentecôte, serait mis hors de la paix publique ^ Robert de Molbraj n'y vint pas, de crainte d'être saisi et emprisonné, et alors Guillaume fit marcher l'armée royale vers la province de Northumberland. Il assiégea et prit plusieurs châteaux; il bloqua celui de Bamborough, où le comte Robert s'était retiré, mais il ne 1095 put s'en rendre maître. Après des efforts inutiles, le roi fit construire vis-à-vis de Bamborough un fort de bois qu'il appela dans son langage normand Malveisin, ou mauvais voisin, y laissa une garnison, et reprit sa route vers le sud *. Les gardiens de la nouvelle forteresse surprirent Robert dans une sortie, le blessèrent et le firent prisonnier. Il fut condamné à une prison perpétuelle, et ses complices furent bannis d'Angleterre.

1. Wiilelm. Malmesbv de Gest. reg. angl., lib. IV, apud Rer. anglic. Script., p. 124, eJ. Savile.

2. Orderic. Vital. Hist. ecclesiast., lib. YIII, apud Script, rer. normann., p. 703.

3. Jussit omnes qui a rege terras tenebant, modo pace dignos haberi se vellent, adesse su^e curiîe, (Chron. saxon., éd. Gibsou, p. 203.)

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