LIVRE V
il avait fait des visites pastorales et proclamé les ,075 amnisties du roi dans les provinces encore mal paci- .076 fiées * : il avait marché en personne contre Roger de Hereford, au passage de la Saverne; mais il était de race anglaise : son jour vint comme était venu celui des autres.
Dans l'année 1076, "Wulfstan fut cité devant un iots concile d'évêques et de seigneurs normands , réunis dans l'église de "Westminster, et présidés par le roi Guillaume et par l'archevêque Lanfranc. L'assemblée déclara unanimement que le prélat saxon était incapable d'exercer en Angleterre les fonctions épiscopales, attendu qu'il ne savait pas parler français '^. En vertu de cet arrêt bizarre, le roi et l'archevêque ordonnèrent au condamné de rendre le bâton et l'anneau', insignes de sa dignité. L'étonnement et 1 indignation d'être si mal récompensé inspirèrent à Wulfstan une énergie toute nouvelle pour lui; il se leva, et, tenant à la main son bâton pastoral, marcha droit au tombeau du roi Edward, enterré dans l'église ; là, s'arrètant et s'adressant au mort en langue anglaise : « Edward, dit-il, c'est toi qui m'as « donné ce bâton ; c'est à toi que je le rends et le confie*.» Puis, se tournant vers les Normands: