‹ Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands (volume 5)Chapitre 145 sur 268 · LIVRE VI 2U · texte numérisé non relu

LIVRE VI 2U

contre l'évêque lorrain et ses agents. L'ancien esprit 1079 du Northumberland se réveilla, et les habitants de cette terre fatale aux étrangers se réunirent, comme au temps de Robert Comine '.

Ils tinrent de nuit des conférences, et délibérèrent unanimement de venir avec des armes cachées à l'assemblée de justice que tenait de temps en temps révêque, à la cour du comté, comme on disait en langue normande^. Cette cour se tenait sur les bords de la Tyne, près du château neuf, bâti par les conquérants sur la grande route d'Ecosse, dans un lieu appelé en saxon Gotes-Heavd, ou ïête-de- Chèvre'. Les Northumbriens s'y rendirent en grand nombre, comme pour adresser à leur seigneur d'humbles et pacifiques requêtes. Ils demandèrent réparation des torts qui leur avaient été faits* : «Je ne « ferai droit, répondit l'évêque, à aucune de ces « plaintes , à moins qu'auparavant vous ne me « comptiez quatre cents livres d'argent en bonne « monnaie ^ » Celui des Saxons qui, sachant le français, parlait au nom de tous les autres, demanda permission de s'entendre avec eux ^ et tous s'éloignè-

1. Odia et furorem... {Hist. episcop. dvnelm.; Anglia sacra, t. I, p. 703.) — Northaiiimbri, populus semper rebellioni deditus. (Willelm. Malmesb., de Gest. reg. angl., lib. III, apud Rer. anglic. Script., p. 110, ed, Savile.)

2. Decrevevunt unanimiter... ut occulte armati venirent ad placita comitatus... (Matth. Paris., t. I, p. 10.) — In quodam conventu (Gemote). {Chron. saxon., ed. Gibson, p. 184.)

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